Le 11h02 : « L’indexation n’est pas un tabou mais un enjeu véritable »
Rédaction en ligne
vendredi 17 février 2012, 14:03
Alors que certains refusent d’y toucher, les libéraux flamands réaffirment leur volonté de relancer le débat sur l’indexation des salaires. David Coppi a répondu à vos questions
« On ne touchera pas à l’index », vous confirmez ?
« Dans une quinzaine de jours se conclura un contrôle budgétaire. Il faudra alors trouver 2 milliards d’euros. La croissance, pour les plus optimistes, sera de 0,1. L’index est un point de rupture avec les différents partis mais elle ne fait pas partie des négociations sur le contrôle budgétaire. Le contrôle budgétaire porte sur le budget 2012, il faut trouver de l’argent immédiatement pour combler le trou, le trou prévisionnel. Car si le taux de croissance est de – 0,2, il va falloir de nouveaux ajustements. De plus, nous aurons bientôt les élections sociales et mettre à mal les partenaires sociaux et syndicaux avec une problématique pareille avant cette période paraît un peu impossible. En revanche, certains pourraient mettre la pression pour réformer l’index, ce que le PS refuse absolument. »
Sur l’indexation, où se situe la Belgique face à ses voisins européens ?
« L’argument central en rapport avec cette indexation est le rapport à la compétitivité des entreprises. Les entreprises belges souffriraient d’un handicap de compétitivité, en particulier par rapport avec leurs voisins. Cet handicap serait du en grande partie aux charges sociales et salariales, qui elles-mêmes seraient boostées par l’indexation. L’indexation est un mécanisme qui fait en sorte que les salaires suivent l’augmentation des prix. Du côté patronal, ça crée un handicap de compétitivité, un argument contestable. La différence de compétitivité par rapport à l’Allemagne existe, par exemple. Mais l’Allemagne a forcé chez elle une politique de modification salariale très importante. Une grosse partie de la population salariale est aujourd’hui précarisée. En Belgique, l’index soutient le pouvoir d’achat, donc le peu de croissance économique qui nous reste. Les statistiques nous montrent aussi les difficultés de la couche moyenne. Les mécanismes de l’indexation permettent à cette couche de vivre à flots. »
Qu’est-ce que l’impôt minimum pour les sociétés ?
« Laurette Onkelinx est venue avec une idée nouvelle, c’est l’impôt minimum pour les sociétés. Certaines sociétés paient des impôts mais certaines y échappent pour des raisons d’ingénierie fiscale. Elle cite Solvay ou Inbev pour exemple. Il faudrait pouvoir leur imposer une contribution minimum à la crise. »
N’est-ce pas dangereux pour les entreprises ?
« C’est en effet le point de vue de certaines sociétés, telles que la FEB. Mais les petites entreprises ne sont pas concernées. Ceci concerne les petites entreprises qui échappent à l’impôt. Ce qui est normal, c’est presque une mesure de salubrité publique. »
Propos résumés par Gauvain Dos Santos (St.)
