11h02 : « Le second plan d’aide à la Grèce échouera »

Rédaction en ligne

mardi 21 février 2012, 12:27

Les ministres des Finances de la zone euro l’ont décidé cette nuit : la Grèce reçoit 237 milliards d’euros pour éviter la faillite. Ce plan d’aide suffira-t-il pour sauver le pays ? Dominique Berns a répondu à vos questions

Que contient ce deuxième plan ?

« D’une part, de nouveaux prêts à hauteur de 130 milliards d’euros et une transformation de la dette en nouveau titres. La valeur nominale de ces titres sera de 50 % des précédents. Mais ces titres vont rapporter sur une durée plus longue. Si second plan d’aide il y a, c’est parce que le premier accordé en 2010 a échoué. Il portait sur un montant de 110 milliards d’euros. »

Pourquoi a-t-il échoué ?

« C’est la question qui divise l’Europe. Certains estiment que la faute est à la Grèce qui fût incapable de bien appliquer l’austérité. La réalité est différente. L’austérité imposée à la Grèce a plongé le pays dans la dépression. Le PIB a plongé de 15 % depuis 2008, le meilleur espoir que l’on ait est qu’il soit stabilisé en 2013. Si l’économie s’effondre, les recettes fiscales aussi. C’est un cercle vicieux où le déficit public ne se réduit pas et la dette publique augmente. »

La Grèce ne risque-t-elle pas de sortir de la zone euro ?

« Il faut bien se rappeler ce qui s’est passé il y a plusieurs mois. Il n’avait jamais été question que la Grèce sorte de l’euro. Mais depuis quelque temps, certains politiques se demandent s’il ne serait pas mieux d’amputer ce membre malade. Les humiliations qu’on lui impose ne seraient-elles pas une façon de la pousser à quitter elle-même la zone euro ? »

Est-ce que cette stratégie va permettre à l’Europe de sortir de la crise ?

« Que ce soit les fonctionnaires de la Commission ou de la Banque Centrale, ils ne font que mettre en œuvre les accords politiques. La réponse est alors non. L’austérité va appauvrir l’Europe et entraîner une croissance faible. Une croissance faible implique une absence d’investissement et du chômage élevé. Contrairement à ce que beaucoup d’économistes pensent, une période de croissance faible a une influence sur la croissance à long terme. Une économie qui n’investit plus n’intègre plus le progrès technique dans son appareil de production. Ces travailleurs au chômage perdent progressivement leurs qualifications. »

Quelle serait la solution ?

« Il faut se rendre compte que la Grèce ne peut s’en sortir de cette façon. On ne peut pas continuer à lui imposer une austérité qui la plombe tout en lui ajoutant des prêts supplémentaires. Ce n’est pas une solution pour la Grèce. Pour cela, il faut favoriser la croissance par des investissements productifs. Et pour cela, il faut que l’Europe retrouve les bases d’une croissance solide. Pour relancer la croissance, il faut des investissements et une politique de croissance. »

Propos résumés par Gauvain Dos Santos (St.)