La ligne rouge de Maingain

DELVAUX,BEATRICE

jeudi 01 avril 2010, 06:30

Face aux provocations d'un parti aux visées séparatistes, tous les partis francophones ont fait preuve de retenue, à l'exception d'Olivier Maingain. Par Béatrice Delvaux

 La ligne rouge de Maingain

Le Soir (Dominique Duchesnes)

La non-nomination des trois bourgmestres de la périphérie par le ministre flamand Geert Bourgeois (N-VA) est un déni de justice. Les propos du président de la N-VA affirmant qu'il trouverait un moyen d'empêcher le trio de se représenter au poste convoité, sont du même acabit.

Mais – nous l'écrivions déjà hier – face aux provocations d'un parti aux visées séparatistes, il fallait garder son sang-froid et ne pas perdre de vue le cap du moment : résoudre de façon équilibrée, entre Flamands et francophones, la problématique BHV et permettre à Dehaene de terminer sa mission.

Tous les partis francophones s'y sont tenus, à l'exception d'Olivier Maingain, président du FDF. Qui a volontairement franchi une ligne rouge, et a dérapé. En qualifiant les pratiques de la N-VA de « dignes de l'Occupation allemande (…) où l'on désignait les bourgmestres parce qu'ils étaient les alliés de l'occupant », il a violemment et inutilement provoqué et insulté. L'image utilisée qui se veut selon Maingain être une comparaison pertinente de faits historiques, est tellement lourdement chargée, conduit à un tel amalgame, qu'elle était à proscrire.

Olivier Maingain est un homme politique, qui s'exprime au nom d'un parti dont il est le président, mais aussi par « dégât collatéral » pour son parti frère, le MR. Le sens des responsabilités commande à ce niveau de pouvoir, à ce moment précis d'une négociation périlleuse, de peser chaque mot. Notre journal sait se montrer critique envers la N-VA ou de certaines politiques au nord du pays. Une chronique récente et la photo qui l'accompagnait ont ainsi suscité une vive réprobation au nord du pays, à l'étonnement de l'auteur qui n'est pas un mandataire politique et n'a jamais eu aucune intention de choquer ou provoquer. Les propos d'Olivier Maingain sont, eux, politiques et délibérés.

Ne nous méprenons pas : les intérêts des francophones doivent être défendus. Mais les partis boutefeux ont rarement été ceux qui aident à trouver des solutions aux problèmes qu'ils dénoncent. Ils ont plutôt pour résultat d'opposer in fine les populations entre elles. Il faut donc que les hommes de bonne volonté pour ce pays se bouchent provisoirement les oreilles, se taisent et soient courageux : c'est la seule voie vers un compromis.

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