Le méchant, les responsables et l’optimiste
ERIC DEFFET
vendredi 02 avril 2010, 06:26
Comparaison politique n’est pas toujours raison. Mais il est tentant de tisser ici le lien entre trois événements qui ont marqué l’actualité de ce jeudi.
En périphérie bruxelloise, trois bourgmestres victimes d’un scandaleux déni de démocratie ont reçu du ministre flamand de l’Intérieur un courrier outrageant. Les motifs de leur nonnomination à un poste obtenu démocratiquement leur sont crûment notifiés. Pire : Geert Bourgeois dresse le portrait « idéal » d’un futur candidat bourgmestre, dont il validerait le mandat, sans renâcler cette fois. Comme s’il appartenait à une autre autorité que le législateur de définir les contours de la fonction.
Cette politique-là, qui exclut, qui pratique l’ostracisme, provoque la rage et l’incompréhension.
A Bruxelles ensuite, deux mandataires aux antipodes l’un de l’autre – le libéral flamand Vanraes et l’écolo francophone Doulkeridis, fameux grand écart ! – ont décidé de faire cause commune au-delà de leurs divergences : dans Le Soir, ils sonnent ensemble la mobilisation au profit des écoles de la Région-Capitale.
Cette politique-là, qui unit et passe à l’action, montre qu’elle a le sens des responsabilités.
A Namur enfin, le ministre-président Rudy Demotte et son gouvernement ont décidé qu’à l’avenir, il faudra parler de « Wallonie, terre d’accueil ». Il y aura aussi un drapeau et une capitale, une vraie. Tout cela relève du symbole. L’Olivier namurois doit encore prouver qu’il peut concrétiser un projet derrière des concepts sympathiques. Demotte joue l’image. Ce n’est que ça. Mais c’est déjà ça, au fond.
Cette politique-là, qui mobilise avec des idées et motive les troupes pour un avenir meilleur, respire au moins l’optimisme.
Un méchant, des responsables et un optimiste : n’en tirons pas de conclusions hâtives. Sauf pour dire que la politique, c’est aussi un état d’esprit. Et qu’en la matière, Geert Bourgeois a des leçons à prendre, à Bruxelles comme en Wallonie.


