La résurrection attendue de l’Église catholique

MARC METDEPENNINGEN

samedi 03 avril 2010, 10:36

Le président de la conférence des évêques allemands, Mgr Robert Zollitsch, confronté comme ses collègues irlandais, américains, canadiens, suisses ou autrichiens, à une déferlante de vieux scandales pédophiles, a souhaité que le Vendredi Saint (la crucifixion du Christ), qui précède Pâques (sa résurrection), constitue un « nouveau départ » pour l’Eglise dont certains desservants ont infligé à des jeunes « des plaies (…) qui ne sont pratiquement plus guérissables ». Ce « nouveau départ » semble pourtant bien compromis. L’Eglise catholique, après avoir fait preuve d’une repentance sincère face aux « crimes horribles » commis autrefois par ses prêtres pédophiles (2 % des prélats, selon des estimations), est dorénavant contrainte d’adopter une posture défensive face aux accusations lancées avec légèreté contre le pape Benoît XVI. Ce raidissement de l’Eglise est compréhensible, tant les accusations semblent excessives et visent un homme dont la détermination dans la lutte contre les déviances d’une petite minorité de prêtres paraît avoir été sincère. Un à un, les évêques et cardinaux du monde entier, largement suivis par leurs ouailles, ont dénoncé une campagne orchestrée contre le chef spirituel des

catholiques, lui-même qualifiant de « jacasseries » (des « bavardages futiles ») les affirmations selon lesquelles il aurait personnellement couvert des agissements d’un prêtre pédophile américain. Cette levée de boucliers venant légitimement à la rescousse du pape a pour effet pervers de repousser à (bien) plus tard la prise en compte du souhait de « nouveau départ » exprimé par Mgr Zollitsch.

Le pape, pas plus que son état-major, plus occupés à parer les coups, ne sont en mesure de s’interroger sur les substrats de ces scandales : un rigorisme sexuel intenable, une culture surannée du secret, le sentiment que le port de la soutane élève les prélats au-dessus de la société civile et de ses lois. Pâques, pour les chrétiens, annonce le renouveau et cimente la foi dans l’avenir. Cette année, Pâques, comme l’a dit Mgr Zollitsch, offre à l’Eglise une occasion inestimable, futelle fondée sur des faits douloureux, de renouveau. C’est une chance que l’Eglise aurait tort de galvauder.

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir