Illégal, stupide : en néerlandais dans le texte

BEATRICE DELVAUX

mardi 06 avril 2010, 07:02

La plupart des éditorialistes flamands condamnent les petits arrangements en périphérie révélés par la VRT. C’est courageux, rassurant et… important. Par Béatrice Delvaux

Illégal », « discriminatoire », « pression du politique sur le secteur privé », « stupide »… Ces mots auraient pu être les nôtres pour disqualifier les pratiques de certains bourgmestres flamands, révélées par la VRT.

Ils sont signés de Luc Van Der Kelen dans le Laatste Nieuws. Ils reflètent le sens de l’éditorial du Standaard, et les propos de Marino Keulen ou Eric Van Rompuy, peu suspects de ne pas défendre bec et ongles les intérêts flamands. Tous condamnent ces pratiques, revendiquées face caméra par des représentants de l’autorité publique. C’est courageux, rassurant et… important.

Transformer des entrepreneurs flamands en vérificateurs de l’identité linguistique de candidats bâtisseurs, demander à des privés de devenir gare de triage, pour déterminer ceux qui ont droit ou pas à l’accès au sol flamand, sur la base de critères subjectifs et pour le compte d’une autorité publique : c’est inadmissible sur le plan des principes et c’est, en fait, contraire à la loi.

Que cela soit à mettre au rang des provocations du moment, choisies par certains en Flandre pour faire échouer les négociations sur BHV ou pour attiser les tensions, au risque de semer bien pire entre les deux communautés, c’est une évidence.

C’est donc pourquoi la réaction à ces fautes graves de bourgmestres flamands doit se faire sur le terrain du droit et non de l’injure. Si des actes illégaux sont posés, il faut, que l’on soit francophone ou flamand, les dénoncer sereinement auprès des instances compétentes et entreprendre les démarches pour que les contrevenants soient poursuivis, et que cessent ces pratiques.

Plus globalement, deux rappels s’imposent. Primo, cette escalade identitaire ne pourra structurellement se résoudre qu’en équilibrant les ressentis et les exigences des deux communautés, chacune acceptant de gagner et de perdre des points. Secundo, les condamnations politiques, tant au nord qu’au sud, des dérapages générés par ce conflit linguistique, de quelque camp qu’ils émanent, sont une urgence démocratique. Car il faut à tout prix éviter que le citoyen lambda succombe, au bout de cette surenchère identitaire, aux arguments et aux comportements des extrêmes.

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