Des armes destructrices pour les victimes des malfrats
METDEPENNINGEN,MARC
mercredi 14 avril 2010, 06:41
Les malfrats qui s’en sont pris lundi aux bijouteries d’Ixelles et de Schaerbeek et avant elles à celle d’Uccle, sont les premiers responsables
du sang versé et ne méritent que du
mépris pour leur froide et criminelle détermination.
Le point commun qui rattache ces attaques sanglantes (une mère de famille à Uccle, le bijoutier d’Ixelles et le gangster de Schaerbeek) entre elles est aussi la possession d’armes par les victimes. A Uccle, l’arme ravie au bijoutier a servi au meurtre de Frédérique Levêque ; à Ixelles le tir de défense du bijoutier géorgien a déclenché la riposte mortelle des gangsters estoniens ; à Schaerbeek le bijoutier turc a cru, à tort, être légitimé à récupérer son bien en abattant les deux voyous. Sans ces armes, bien mal utilisées par ces honnêtes commerçants, on pourrait conjecturer que le sang n’aurait pas coulé et que ces braquages ne se seraient soldés que par d’insupportables pertes matérielles.
Il serait dangereux de conclure pareillement, sauf à donner aux crapules l’assurance de pouvoir s’attaquer, tels des loups enragés, à des moutons sans défense.
Si la loi réprime légitimement les excès de l’autodéfense, elle doit aussi, par son bras armé qu’est la police et par la Justice qui entend punir et dissuader les criminels, se ranger résolument aux côtés des victimes.
L’Union des classes moyennes (UCM) et son pendant flamand l’Unizo n’ont pas tort de s’inquiéter de la complaisance dont bénéficient les voleurs à l’étalage dont on sait qu’ils deviennent, par absence de rappel immédiat à l’ordre et de sanction effective, les grands criminels de demain, encouragés par un sentiment d’impunité. Impunité qui consterne le citoyen.
Le lundi noir qu’a connu Bruxelles cette semaine a aussi révélé (lire ci-contre) que l’ouverture des frontières permet à des bandes organisées venues essentiellement d’Estonie de se livrer au tourisme criminel (le « hit and run ») à Bruxelles, et sans doute ailleurs en Belgique. L’Europe a libéré la circulation des personnes et des biens. Même de celles les plus malintentionnées et de ceux bien mal acquis. A défaut d’une Europe judiciaire cohérente et efficace, il est à craindre que l’Union en extension constante soit perçue comme un danger…