Scindons, mais à nos conditions
LAMQUIN,VERONIQUE
lundi 26 avril 2010, 06:44
Sauf surprise, les négociations en cours aboutiront à la scission de BHV sans élargissement de Bruxelles. Honteuse capitulation du Sud ? Pas forcément
Il suffira que la reddition soit assortie de trois conditions pour qu'elle soit parfaitement acceptable. Ce pays n'a de sens que réformé : découvrez les enseignements de notre sondage
Ils ont fait vu de discrétion absolue
Aussi les présidents de parti francophones ne dévoileront-ils pas l'issue des négociations. Pourtant, elle est connue : BHV sera scindé et Bruxelles ne sera pas élargie. Honteuse capitulation du Sud ? Pas forcément
Il suffira que la reddition soit assortie de trois conditions pour qu'elle soit parfaitement acceptable.
Un : les droits des francophones vivant dans les six communes à facilités de la périphérie doivent être pérennisés et renforcés. On veut dire qu'ils doivent être définitivement libérés des tracasseries administratives, comme l'obligation de repréciser, lors de chaque contact avec l'administration communale, leur volonté d'être traités en français. Ils doivent aussi disposer, dans leur commune, d'une école, une bibliothèque, un club de sport francophone. Et bien sûr, continuer à pouvoir voter pour des listes francophones aux élections législatives et européennes, et être jugés dans leur langue.
Deux : les droits des francophones vivant actuellement dans les communes sans facilités de la périphérie doivent être garantis. En clair : ils doivent pouvoir continuer à voter pour des listes francophones et bénéficier de procédures judiciaires intégralement menées en français. Pour les nouveaux arrivants, les règles peuvent être différentes.
Trois : Bruxelles, exsangue, doit être refinancée de manière structurelle. Moyennant ces conditions, l'accord sur BHV sera acceptable pour les francophones. Le sera-t-il pour les Flamands ? Leur réponse en dira long sur leur volonté d'encore cohabiter avec les francophones dans la maison Belgique. S'ils lâchent ces concessions, trop heureux de voir que la « tache d'huile » francophone ne s'étendra plus guère en périphérie sans facilités, c'est que le pays a encore un sens pour eux. S'ils refusent et votent, au nom de leur supériorité numérique, la scission de BHV, le doute ne sera plus permis : la Belgique appartient, pour eux, déjà au passé.