C'est une rumeur, qui gronde, dans la rue, sur le web : les citoyen belges seraient courroucés. De voir qu'un dossier aussi ésotérique que BHV ait causé, en cascade, une crise grave au pays, la chute du gouvernement, la convocation d'élections à la veille des vacances... Pour manifester leur colère, certains citoyens envisageraient de rester devant leur barbecue, le 13 juin. L'abstention, grande gagnante du scrutin fédéral anticipé ? Non ! Six millions et demi (le nombre d'électeurs) de fois non. D'abord parce que, chers électeurs, le vote est obligatoire au Royaume de Belgique (article 62 de la Constitution pour celles et ceux qui l'auraient oublié). Faut-il rappeler que des hommes et des femmes se sont battus, au plat pays, pour obtenir le suffrage universel ; que, de par le monde, d'aucuns luttent toujours pour acquérir ce droit ? Mais aussi et surtout, chers électeurs, parce que ce n'est pas BHV qui est en jeu mais l'avenir du pays. Veut-on une Belgique fédérale, avec plus ou moins d'autonomie aux Régions et Communautés ? Ou une confédération ? Voire l'éclatement du pays ? Voilà la principale question qui sera posée, le 13 juin, aux Belges en âge de voter. Ils ont là l'occasion unique de se prononcer sur une question qui ne peut laisser personne indifférent. Le véritable enjeu de ce scrutin est là... Bouder les urnes serait une réaction immature, indigne des habitants d'une démocratie.
Si la responsabilité des citoyens sera énorme, le 13 juin, celle des futurs élus l'est tout autant, dès aujourd'hui. Pour mobiliser l'électorat, il est impératif que les candidats mènent une campagne responsable, digne. On ne veut pas dire par là qu'il faut, côté francophone, à tout prix rester uni, dans le front de ces dernières semaines. Il est évident que les partenaires sont devenus, l'espace de ce week-end, rivaux. Il est d'ailleurs sain que MR, PS, CDH et Ecolo affichent leurs différences. Mais ils doivent le faire sur le fond, en débattant de leurs idées, leur programme socio-économique, leur projet pour la Belgique. Pas à coups d'attaques, de petites phrases, de « c'est pas moi qui ai commencé, c'est l'autre »... Sous peine de faire campagne pour l'abstention.