Belgique, Europe : ground zero ?
MOUTON,OLIVIER
vendredi 07 mai 2010, 07:40
Nous traversons une incroyable ère d'incertitudes. Le citoyen belge vit en cet an de grâce 2010 dans un pays en pleine crise existentielle, qui se prépare à des élections législatives anticipées à la légalité contestée. Une « péripétie » démocratique dont on se serait passé, tant la conjoncture socio-économique est incertaine. Et voilà que l'on va même jusqu'à évoquer la possible disparition de sa monnaie. Cette décision fragiliserait l'Union européenne dont l'euro est une réalisation majeure.
Oubliée la Belgique ? Menacée l'Europe ? La perspective semble peu plausible, voire absolument impensable, mais ne disait-on pas cela d'une éventuelle faillite de Fortis avant que le gouvernement ne doive voler à son secours ? Nous traversons une ère irrationnelle où ce qui semblait inimaginable hier peut soudain se concrétiser demain. Une ère où, plus que jamais, le politique peut imprimer sa marque et stabiliser. Pour autant qu'il le veuille vraiment. Et pour autant qu'il en ait encore vraiment les moyens
Que seraient les perspectives positives pour la Belgique ? Ce seraient celles d'élections légalement valables, avec, immédiatement après, une prise en charge rapide des urgences économiques, une gestion ferme de la présidence de l'Union européenne, couplées à un chantier serein pour réformer l'Etat en profondeur. Réaliste ? Voire. Les partis flamands réclament un big-bang institutionnel avant même la mise en place du gouvernement. Et la pression nationaliste risque d'être insoutenable. Blocages en vue.
Les perspectives positives pour l'Europe ? Une prise de conscience tardive, il est vrai
de la nécessité d'une vraie gouvernance économique. Et un nouveau départ, avec un cercle de pays « sains » sur le plan budgétaire, désireux d'avancer ensemble sur la voie de l'intégration. Réaliste ? Les dérapages des comptes publics se multiplient, les populistes ont le vent en poupe et les spéculateurs profitent de l'aubaine. L'austérité qui s'annonce sera brutale. Et rien ne dit désormais qu'elle sera suffisante.
Face à l'impression d'être aspirés dans une spirale folle, nous avons besoin de visionnaires et d'hommes d'Etat. S'ils peuvent encore agir