Les évangélistes de Dour ont imposé leur l(F)oi

MARC METDEPENNINGEN

jeudi 29 juillet 2010, 06:25

Un mauvais procès est fait, tant en Belgique qu'en France, aux « gens du voyage », roms, Tziganes ou gitans et aux autorités publiques, taxées avec légèreté de « racisme » par des associations et des groupes de pression.

L'exigence des évangélistes de « Vie et Lumière » d'imposer leurs centaines de caravanes (à Nieuport, Wingene ou Dour) est intolérable tant elle atteint les droits à la propriété privée ; tant elle dénote de la part des organisateurs de ces voyages « d'évangélisation » d'un amateurisme condamnable qu'ils auraient pu juguler par des demandes préalables d'installation sur des terrains privés ou publics disposés à les accueillir.

Au coup de force des évangélistes du voyage n'a pu répondre qu'une timide réaction des communes concernées, contraintes à la transaction et à la négociation de la paix publique contre quelques jours de plus d'occupation illégale (même négociés financièrement avec le propriétaire du terrain de Dour) et à l'octroi de privilèges.

La saga de Dour est amalgamée à mauvais droit à un autre problème, bien réel en Belgique, qui est celui de l'accueil en temps ordinaire des gens du voyage.

Trente sites d'accueil de caravanes en Flandre (mais pas pour des centaines de véhicules), quatre en Wallonie : les 20.000 itinérants de Belgique, la plupart paisibles, ne peuvent se prévaloir de leur droit au logement qui pour eux se limite à l'accès à des terrains suffisamment équipés de commodités dont ils se déclarent d'accord d'assumer les frais d'occupation.

En France, le gouvernement, confronté à la mise à sac du village de Saint-Aignan par des gens du voyage, a annoncé des mesures spécifiques à la communauté rom.

Est-ce du racisme ? Non. La délinquance rom existe, tout comme celle rapportée à d'autres groupes ethniques, y compris occidentaux. La police fédérale belge cible les « escroqueries africaines », la « prostitution albanaise et nigériane », le « trafic de drogue du Maghreb », « les hackers russes », etc. Le Premier ministre Yves Leterme avait lui-même pris son bâton de pèlerin pour contrer la criminalité venue des pays de l'ex-Yougoslavie. Ce n'est pas stigmatiser un peuple dans son ensemble que d'identifier des phénomènes criminels, régionalement identifiés.

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