Bart de Wever a-t-il peur de l’eau ?
BEATRICE DELVAUX
lundi 06 septembre 2010, 06:19
la Flandre veut un accord proche de celui sur la table. Tous sont unanimes pour dire que c’est Bart De Wever qui n’arrive pas à conclure ce fameux accord. Le président de la N-VA reste donc au centre de tout le dispositif. Par Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du Soir
© Belga
Que veut la Flandre ? C’était notre interrogation ce week-end.
Ce lundi, la réponse semble être : la Flandre veut un accord proche de celui sur la table. Tout le week-end, SP.A, Groen, certains membres du CD&V ouvertement, d’autres anonymement, les éditorialistes du Nord l’ont tous proclamé : les francophones ont fait de réelles avancées et n’ont jamais été aussi loin, Di Rupo conserve l’estime de tous, la solution doit venir du PS et de la NV-A, il n’y a pas d’alternative.
Tous sont unanimes pour dire que c’est Bart De Wever qui n’arrive pas à conclure ce fameux accord. Les expressions divergent – du « Il n’ose pas se jeter à l’eau » de Luc van der Kelen, au « Il lui faut une piste d’atterrissage » de Bart Sturtewagen dans nos pages Polémiques – mais le message reçu par l’opinion publique flamande est identique : ce qui est sur la table est trop proche d’un accord, ce qui manque pour le conclure est trop léger – le problème du financement de Bruxelles étant qualifié d’alibi par certains – pour que De Wever ne trouve pas les modalités d’un compromis digeste.
Ceci explique cela : le Roi a opté pour une reprise des négociations. Di Rupo, préformateur toujours pas débranché, peut être réactivé à tout moment, tandis que Flahaut et Pieters servent de paravent aux deux ténors, le temps de calmer le jeu et de trouver le chaînon manquant bruxellois.
Bart De Wever reste donc au centre de tout le dispositif. Ce qui – même en cas d’accord à ce round-ci – demeure potentiellement dangereux et fragilisant pour les francophones, suspendus à la volonté d’un parti qui a pour but la disparition, même « chirurgicale », de la Belgique. C’est pourquoi les menaces francophones, principalement socialistes mais pas seulement, quant à la précipitation de la séparation du pays sont stratégiquement et psychologiquement bien vues.
Stratégiquement : il est important de dire à la N-VA que les francophones ne sont pas réduits à conclure un accord à n’importe quel prix. Psychologiquement : il est aussi important de dire aux francophones qu’il y a des limites aux concessions et que le cas échéant, on empoignera sans complexe ce projet séparatiste, plutôt que de le subir.