Et dire que l’accord est possible !
jeudi 17 février 2011, 07:32
Béatrice Delvaux
rédactrice en chef
Et un record du monde, un ! Nous l’avons battu franco, en le prenant de face. Paf ! Car hier soir, après la sortie sans sommation de Didier Reynders, le ton était plus que jamais détestable, l’ambiance au pugilat. 249 jours après les élections, plus on avance dans le temps, plus on recule sur le fond et sur la confiance.
On s’était douté que ces négociations seraient longues. Mais alors que les défis sont cruciaux, alors qu’on touche aux fondamentaux de ce pays, jamais la défiance et le pessimisme n’ont été si forts.
Ni le ras-le-bol citoyen, ni la dépression qui plombe électeurs, politiques, journalistes, prisonniers ahuris, agacés, dégoûtés de cet emprisonnement mental, n’ont ramené à la raison les négociateurs qui aujourd’hui s’affrontent sans retenue. Au 249e jour, on ne fait même plus semblant.
Tout est donc si noir ? Nous ne voulons pas nous y résigner, pas encore. Car nous pensons qu’un accord est possible. Et pour ne pas en rester aux paroles incantatoires de pseudo-belgicains naïfs, Le Soir et De Standaard se sont lancé un défi : quels sont les tabous que francophones et Flamands sont prêts à laisser tomber pour répondre aux demandes de l’autre camp ?
Défi… relevé : les chefs des services politiques des deux quotidiens, portés par leur journal, livrent deux propositions qui, mises en commun, pourraient servir de trame d’un accord entre nos deux communautés. Ce sont deux pièces politiques peu banales, audacieuses, courageuses, signes au minimum d’une presse qui contrairement à ce que certains veulent faire croire, ne souhaite pas monter une communauté contre l’autre mais cherche plus que jamais à comprendre et à relever le défi de vivre ensemble. Comment ces pièces politiques ont-elles pu voir le jour ? Parce que nos deux rédactions sont en confiance, se respectent, s’écoutent au-delà de divergences, de disputes et d’agacements ; parce qu’elles croient à nos richesses partagées et souhaitent donner une chance à un projet commun pour nos deux communautés. Ce que Le Soir et De Standaard osent aujourd’hui en se mouillant politiquement, montre aux hommes politiques du Nord comme du Sud qu’il y a moyen d’y arriver. Il suffirait de le vouloir vraiment.
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Celà fait des années que Le Soir et Standaard "collaborent. Résultat? Les lecteurs des deux Communautés ont compris qu'ils n'ont plus rien en commun. Ce n'est plus de l'incompréhension mais de l'aversion. Les flamands racistes et les wallons fainéants n'ont plus rien à se dire.
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Mais non, l'accord n'est pas possible. Après 249 jours faudrait quand même l'avoir enfin compris. On nous vend du vent. Aussi simple que ça. Du style : "vous verrez, en 2018 on aura un accord". Y en aurait encore qui seraient capables d'y croire. Pas d'accord en 249 jours, et tout d'un coup on y arrive ? Dans quelle vie parallèle évoluez-vous ?
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Quelle affaire ! Le Soir et le Standaard ont érigé ensemble un pont entre deux communautés. Cette initiative, comme tous les mouvements citoyens qui appellent de la même manière au "génie civil", ne doit pas être méprisée. Mais il est un peu tard, cela se produit en période de crise, du coup ce pont n'est pas construit en dur. Mais enfin, il a le mérite d'exister. Cela dit, encore une fois, tous les partis souhaitent un accord. L'un d'eux est hypocrite (la NVA) en acceptant toutes les méthodes mais jamais ne s'engageant. Les politiciens ne sont pas des crétins. Pensez-vous qu'ils ne préfèreraient pas un règlement au moins temporaire ?! Mais voilà, ils ont leur programme, leurs électeurs, voire leurs valeurs à défendre. S'ils estiment que tout cela est en péril, qui peut sérieusement leur reprocher leur fermeté ?
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Cette initiative des deux quotidiens est surprenante alors que les positions de certains journalistes flamands deviennent particulièrement odieuses. C'est le cas, par exemple, avec Luc Van Der Kelen, rédacteur de Het Laatste Nieuws qui a véritablement insulté les francophones dans son éditorial de lundi dernier. Il ne faut pas prendre les francophones pour des naïfs ni pour des paillassons!
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Méthodes nationalistes de la nva mise à jour... Et comment la Presse flamande et francophone se positionne ... Édifiant.... blog.marcelsel.com/archive/2011/02/16/la-liberte-de-la-presse-francophone-sous-les-griffes-d-un-li.html