Oser un débat transparent sur le nucléaire

MICHEL DE MUELENAERE

lundi 14 mars 2011, 06:09

D’abord, une chose : à ce stade, les accidents nucléaires au Japon sont loin d’avoir causé autant de dégâts et fait autant de victimes que le tsunami qui a dévasté l’archipel. Mais on ne pourra balayer par ce constat évident toutes les questions qui se (re)posent aujourd’hui sur l’énergie nucléaire. A l’instar de tout processus industriel complexe, la production d’énergie à partir de l’atome comporte une part importante de risque. C’est pourquoi sa mise en œuvre est entourée d’un maximum de précautions. Assez au regard des dégâts que pourrait provoquer un accident majeur ? On est en droit de se le demander.

Au regard de la dangerosité de la technologie, l’évaluation des risques (sismique, hydrologique, terroriste) est-elle suffisamment stricte ? On peut se poser la question.

Dans ce secteur ultrasensible où les intérêts économiques pèsent lourds, les exploitants sont-ils vraiment décidés à jouer toute la transparence – qu’il y ait accident ou pas ? Les autorités agissent-elles en toute indépendance, sont-elles informées et désireuses de donner toutes les informations ? On s’interroge.

Car le Japon n’est pas Tchernobyl. L’accident de Fukushima confronte l’atome avec cette brutale réalité : même un réacteur en bon état de marche, dans un pays démocratique à la pointe de la technologie et de la gestion de risque peut, suite à un événement naturel, connaître un accident grave.

De quoi condamner l’atome sans autre forme de procès ? Ce serait aller un peu vite. Mais, sous réserve d’en savoir davantage sur la crise au Japon, il y a certainement ici de quoi demander que l’on s’arrête et que l’on repose tous les termes du débat sur l’énergie nucléaire. Mais pas à la va-vite, derrière l’enceinte close d’un gouvernement. Pas en cherchant à effrayer inutilement ou en répétant que « cela n’arrivera pas chez nous ». L’affaire est suffisamment importante, la société belge suffisamment mature pour mériter une transparence maximale. De celle qu’on n’a pas connue jusqu’à présent. Le prochain gouvernement devra décider de l’avenir du nucléaire belge. Une occasion en or d’oser réétudier tous les éléments de ce dossier capital.

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[38] Michel THYS dit le 16/03/2011, 14:39

Comprendre ... Pourquoi les géologues et les ingénieurs nucléaires japonais, malgré leur intelligence et leur expertise, n'ont-ils pas prévu une double enceinte, un double circuit de refroidissement, voire des réservoirs d'eau de mer, et des digues de 20 mètres de haut ? Comment se fait-il qu'ils n'aient pas prévu un séisme et un tsunami d'une telle amplitude ? Le shintoïsme divinisant la nature, et étant donc à la fois redouté et bienveillant, n'aurait-il pas inconsciemment influencé ces spécialistes et les responsables politiques ? Le coût de protections supplémentaires aurait été dérisoire en regard des dizaines de milliers de vies perdues et des dommages matériels, économiques et mondiaux ... Michel THYS à Waterloo.

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[37] Haut Pignon dit le 14/03/2011, 18:00

@chev... mais non tous ces systèmes fonctionnent, simplement l'énergie produite est souvent plus chère que celle provenant du fuel ou du nucléaire ( du fait du manque de recherche en la matière )... il y a 1000 exemples de tels systèmes ( captage de l'énergie solaire, géothermie, éolien, marémotrice, biomasse, etc... ). Je me souviens il y a 25 ans dans mes cours d'élec , on nous disait "les écolos anti-nucléaire sont cons même si on couvre le territoire d'éoliennes, ça suffit pas". Depuis, On a rendu le transport de l'électricité possible sur de longues distances et on a imaginé faire des méga champs d'éoliennes sur la mer du Nord, rendant l'argument de manque de surface obsolète. Les possibilités de remplacement du nucléaire sont infinies, il suffit de vouloir pour pouvoir.

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[36] Mr. Sylvestre dit le 14/03/2011, 17:30

@[34] cheblon, a propos des tours de refroidissement. Si je me rappelle bien, le système permet plusieurs modes de fonctionnement: celui que vous indiquez, + un mode circuit secondaire "ouvert" ou l'eau du fleuve est rejetée immédiatement après l'échangeur, sans passage par la tour (inconvénient: réchauffe davantage le fleuve) + un mode circuit secondaire "fermé", passant par la tour (refroidissement atmosphérique) mais pas illimité parce qu'une partie de l'eau est évaporée (il y a tout de même un réservoir tampon qui donne une certaine autonomie).

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[35] lemaire dit le 14/03/2011, 17:18

Editorial intéressant et opportun; mais comment expliquer qu'aucun journaliste n'ait mis ce sujet sur le devant de la scène pendant les campagnes électorales, alors que l'arrêt - ou non -des centrales nucléaires était sur la table des gouvernement depuis des années. Mon avis: un motus imposé de commun accord par les quatre partis, pour ne pas associer les citoyens à ce débat.

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[34] cheblon dit le 14/03/2011, 15:43

@[32] Mr. Sylvestre Si je ne dis pas de bêtise, les tours de condensation sont en série sur le circuit secondaire de refroidissement. En d'autres termes, on pompe l'eau dans les fleuves, elle chauffe, on la refroidit dans les tours et elle est rejetée dans les fleuves.

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