Une béatification en pleine contradiction
BEATRICE DELVAUX
samedi 30 avril 2011, 09:10
REDACTRICE EN CHEF
La béatification de Jean-Paul II est surtout et avant tout un événement interne à l'Eglise catholique. Elle relève de ses rites. Et c'est aux catholiques de donner leur avis sur son opportunité, sa nécessité ou à s'interroger sur sa rapidité. Pourquoi si vite ? C'est ainsi le premier pape qui sera béatifié par son successeur. Cette célérité est en fait aujourd'hui souvent la seule véritable interrogation interne à l'Eglise. Le « Santo Subito », clamé spontanément par les fidèles sur la place Saint-Pierre lors de la mort du pape, est souvent invoqué pour justifier cette « béatification express », loin de tortueuses tactiques politiques ou marketing. Pas à tort, d'ailleurs : Karol Wojtyla est un pape qui a suscité une réelle ferveur populaire, une réelle émotion au sein du monde catholique nourries par ses voyages, sa volonté évangélisatrice et le courage personnel qu'il a manifesté dans son combat contre le communisme en Pologne, jusqu'à sa plus extrême vieillesse.
Peut-on pour autant s'interdire de sortir cet événement de son univers religieux ? Non, car l'identification de saints, leur « nomination » (aujourd'hui potentielle pour Jean-Paul II qui sera « seulement » Bienheureux) relève des messages que l'Eglise envoie, « en interne » mais aussi à l'extérieur, sur son identité. Autant de figures en effet qui incarnent les valeurs que l'Eglise désigne ainsi comme des références. Un message qui valide subliminalement comportements et politiques.
Ils appellent donc décodage et analyse.
Nous en ferons deux en cette période où l'Eglise se bat et s'englue dans une crise morale sans précédent, suite aux scandales pédophiles dont elle ressort autiste, dépassée, égocentrique.
La rapidité de la béatification contraste ainsi avec le temps et la patience imposés aujourd'hui aux victimes de pédophilie pour être entendues, comprises ou recevoir réparation. Mais plus fondamentalement, ce qui pose question, c'est la consécration d'un homme, obsédé par la préservation de l'enfant à naître (et le rejet du préservatif) mais qui a laissé ces mêmes enfants sans protection, en ne gérant pas sous son règne, après le scandale, qui avait alors déjà éclaté, la question des prêtres pédophiles.
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Un Jacques Gaillot était limogé sous le prétexte qu'il avait « le c
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Un Jacques Gaillot était limogé sous le prétexte qu'il avait « le c
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Jean Paul II, pape ultra conservateur dont le « procès en béatification » a battu tous les records de célérité, auteur de présumés miracles, a excommunié ou suspendu « ad divinis » des théologiens soupçonnés de mettre en cause le dogme de l'infaillibilité pontificale. (Cf. Le Soir 16 octobre 1998) Un Jacques Gaillot était limogé sous le prétexte qu'il avait « le c
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