Le FMI réclame un autre Strauss-Kahn

PIERRE-HENRI THOMAS

vendredi 20 mai 2011, 06:52

En 2007, lorsque l’Espagnol Rodrigo Rato démissionne de la direction du Fonds monétaire international, et qu’il faut lui choisir un successeur, le Financial Times s’écrie : « Not Strauss-Kahn ! »

Ce cri du cœur, il le pousse, dit-il, pour deux raisons. D’abord parce que les convictions économiques du Français – réduire l’écart entre riches et pauvres – pourraient peut-être encore à la rigueur être acceptables pour diriger la Banque mondiale. Mais elles entrent, selon le FT, en contradiction avec l’objectif du Fonds, qui est d’assurer la stabilité économique mondiale. Ensuite, ajoute le FT, parce que les pays en développement accepteraient de mauvaise grâce de voir un Européen leur imposer des plans de rigueur.

Quatre ans plus tard, on observe à quel point était biaisée cette vision des choses. Quels sont les pays en crise dont le Fonds a dû s’occuper en priorité ? Non les pays en développement, mais ceux de la zone euro : la Grèce, le Portugal et l’Irlande représentent aujourd’hui, pour le seul FMI, une intervention cumulée de près de 80 milliards d’euros.

Quant aux disparités de revenus, on voit bien aujourd’hui qu’elles constituent une menace pour la stabilité financière : la crise de 2008 qui a ébranlé l’économie mondiale provenait justement de cet écart grandissant entre riches et pauvres. Écart qui a poussé les Américains les plus démunis à vivre au-delà de leurs moyens, à emprunter quand même, avec pour conséquence de constituer une énorme bulle de crédits subprimes vouée à exploser.

Tant sur la zone d’intervention que sur l’approche pour résoudre la crise, on peut estimer heureux qu’un Européen tel que Dominique Strauss-Kahn ait été aux commandes. Et l’on souhaite qu’un profil similaire prenne la relève : une forte personnalité qui connaisse bien l’Europe et ses institutions, et qui ait la fibre sociale afin de faire passer des réformes difficiles dans la population.

Le drame de la chambre 2806 d’un Sofitel new-yorkais un certain samedi 14 mai ne peut occulter ce constat : quoi que l’on puisse penser de sa vie privée, DSK était le bon économiste, au bon endroit, au bon moment.

Et cela n’empêche pas que justice soit faite…

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[16] zea0471 dit le 25/05/2011, 15:21

La fibre sociale ? J'ai mal lu sans doute...

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[15] Ozy dit le 25/05/2011, 13:12

Occulter quel constat ? Le FMI n'a pas changé depuis 30 ans, c'est toujours les même mesures désastreuses : suppression des services publics, de la solidarité, privatisations, pression sur les travailleurs, etc... Vous n'écoutez donc pas ce qu'on demande aux pays ruinés par leur classe politique et financère (grace à la propagande néolibérale de leur grands médias) ?

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[14] club dit le 25/05/2011, 12:43

Il faut arrêter de pleurer DSK au FMI..de toute manière sa présence à la tête de l'institution était comptée en semaines puisque elle était incompatible avec sa candidature aux primaires socialistes.

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[13] Alain Bruxelles dit le 22/05/2011, 17:46

Quel gouvernement européen acceptera encore de soutenir un tel profil plus social (DSK n'étant pas vraiment de gauche mais de centre droit)? Les carottes sont cuites et les ayatollahs des équilibres publics à marche forcée vont encore causer des dégâts irréparables. Un pays ou une région n'a que 3 moyens de sortir de tels marasmes: 1) dévaluation avec inflation qui euthanasie le rentier comme cela s'est fait régulièrement depuis qu'existe la monnaie mais l'euro les en empêche, 2) immigration importante (ce qui se passe entre les états américains ou se qu'ont fait les pays de l'est) mais il faut bien avouer que les travailleurs de ces pays n'ont guère le profil pour cela, 3) subventions de la part des régions plus riches mais la vision à courte vue (on oublie que ces pays sont nos clients et que leur misère aura pour conséquence moins de commandes chez nous) interdit d'y penser. Il ne reste plus la pression insoutenable sur la population mais on oublie qu'il existe un seuil de tolérance où l'on passe à la violence et au chaos

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[12] Labrador dit le 21/05/2011, 16:06

Lipski vient de prendre fermement les rênes du fonds: restructuration de la dette des pays européens endettés et "instables" où il y a "urgence". Donc, appel immédiat au "soutien des investisseurs" pour s'emparer des biens publics de ces pays en difficulté. L'Acropole, paraît-il sera épargnée. Un pas de plus vers une dissolution des liens européens. http://www.reuters.com/article/2011/05/19/us-imf-lipsky-idUSTRE74I5XI20110519

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