La N-VA, stade bac à sable

BEATRICE DELVAUX

mercredi 01 juin 2011, 07:53

Rédactrice en chef

Avouons-le, c'est fatigant. Alors que les hommes politiques doivent faire aboutir une refonte fondamentale du pays, la N-VA ramène à nouveau le débat au niveau du bac à sable.

Toutes les quatre ou cinq semaines en fait, souvent d'ailleurs quand la tension retombe ou lorsqu'on entre dans une partie plus souterraine des pourparlers, le parti nationaliste lance via l'un ou l'autre de ses membres, plus ou moins connu, plus ou moins crédible, un nouveau « brûlot » façon bonne vieille provoc, histoire de redonner un petit coup de chauffe au ressentiment des Flamands face aux francophones. Un coup on ressort les collabos pendant la guerre, un autre le mépris pour le néerlandais. Toujours efficace…

Cette fois la ficelle est connue, archi-rabâchée et ultrapopuliste : la méconnaissance du néerlandais par des francophones arrogants qui soit ne le parlent pas, soit le massacrent. Peu importe la façon dont on leur sert la critique, ces francophones n'ont qu'à se taire, car comme on dit dans le préau nationaliste : « Il n'y a que la vérité qui blesse. » On vous laisse juge du chic de la réplique… Nous n'avons pas ici l'envie d'évoquer le fond de ce sujet linguistique, qui vit de fait comme une frustration quasi psychanalytique, parmi d'autres thèmes, au nord du pays. Même ceux qui sont bilingues aujourd'hui ou font l'effort de parler la langue sont confrontés au « pas suffisant, trop tard, ne sert quand même à rien ».

En flattant le tréfonds historique des frustrations flamandes, en retouchant ce qui fai(sai)t mal, là ou cela fai(sai)t mal, en rappelant aux Flamands que les francophones au fond, c'est juste bon à être détesté, la N-VA exploite avec une régularité d'horloge son fonds de commerce électoraliste. « Ce pays a toujours vécu par la grâce des Flamands bilingues. Même aujourd'hui, les négociations gouvernementales sont en français, ce n'est quand même pas normal », nous disait hier Bart De Wever. Ils en sont toujours là à la N-VA ? Au fond, ils sont à plaindre…

Peut-on juste demander à M. De Wever de se retirer de la négociation proprement et franchement, plutôt que de la miner de l'intérieur avec cette ponctualité puérile ? On gagnerait du temps. Merci.

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[96] pbj dit le 08/06/2011, 09:50

Comme si ce front n'existait pas dans les faits depuis bien longtemps. Cette déclaration peut avoir deux conséquences. 1) Donner la sensation que la situation actuelle n'est pas de leur responsabilité 2) Donner aux Wallons l'idée qu'ils sont en face d'un ventre moux C'est en somme la même chose. L'effet escompté est opposé à celui annoncé ou du moins interprété. Les partis traditionnels utilisent avec intelligence les positions de la NV/A. Sinon pourquoi en serions-nous arrivés à cette situation si l'intention n'était pas une séparation. Il y a mille façon d'être séparé. La moins bonne pour l'un des partenaires est celle où celui ci a toujours l'impression d'être encore ensemble.

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[95] pbj dit le 08/06/2011, 09:47

Fondamentalement, je doute qu'un ensemble de personnes qui discutent depuis 1 an puisse miraculeusement changer de comportement et trouver des solutions qui donnent quelques décennies de stabilité sans devoir dépenser du temps, de l'énergie et de l'argent inutilement. Je ne jette pas le bébé avec l'eau du bain, mais il faut remarquer concrètement le peu d'efficacité de notre système politique. Il ne s'agit plus d'être attaché à un nationalisme mais bien d'être simplement pragmatique. Le notion de nationalisme n'entretient plus aucun lien d'appartenance à une "nation" Belge déterminé par un territoire, une langue, un règne et même une infrastructure. L'intérêt jusqu'alors entretenu par un déséquilibre savant est brisé. Le fléau de la balance est cassé en bien des points.

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[94] pbj dit le 08/06/2011, 09:47

Dire cela ou autre chose, c'est pareil. L'important c'est d'être dans la presse, d'occuper le terrain, de faire croire qu'il existe encore une action politique (dans le sens noble du terme, càd des projets d'hommes politiques poussés par les mandats qui leurs sont donnés). N'est-il pas temps de se rendre compte que même si le Nord du pays ne veut pas s'envoler seul, le résultat sera similaire maintenant ou un peu plus tard. N'est-il pas temps pour le Sud du pays qui même s'il désire rester dans le cocon Belgique d'avoir le pragmatisme et une vue à long terme et de s'envoler vers la France. N'est-il pas temps pour Bruxelles d'enfin oser penser que son avenir est de réellement incarner une capitale Européenne et d'avoir cette force de négocier autant avec la République de Belgique qu'avec le département de Wallonie. Et nos 70.000 germanophones de choisir leurs rattachements.

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[93] gramme dit le 07/06/2011, 16:16

Je me demande si nos politiciens, flamands et autres, vont comprendre un jour que la PS ne veut pas d'accord, pas de gouvernement, pas de réformes en commun avec les flamands, pas de survie pour les flamands. Ses surenchères, ses nouvelles exigences à répétition, sa manque de vouloir des réformes, ses propositions extrème gauche, sa corruption, ... me semblent suffisamment clairs pour que les Belges, Flamands, Wallons et Bruxellois, cessent de se soumettre aux caprices du "plus grand parti de Wallonie" - 26 députés sur 150, soit 17,3 % !!! - et commencent à envisager sérieusement de le renvoyer à ses chères études.

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[92] Fosse aux lions dit le 06/06/2011, 12:56

Je me demande si nos politiciens, wallons et autres, vont comprendre un jour que la NVA ne veut pas d'accord, pas de gouvernement, pas de réformes en commun avec les francophones, pas de survie pour la Belgique. Ses surenchères, ses ultimatums, ses nouvelles exigences à répétition, ... me semblent suffisamment clairs pour que les Belges, Flamands, Wallons et Bruxellois, cessent de se soumettre aux caprices du "plus grand parti de Flandre" - 27 députés sur 150, soit 18 % !!! - et commencent à envisager sérieusement de le renvoyer à ses chères études.

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