Le climat : un test de sens politique
MICHEL DE MUELENAERE
jeudi 28 juillet 2011, 09:22
N’en déplaise à quelques irréductibles, la réalité du changement climatique ne fait plus de doute. Sous nos latitudes aussi, la question n’est plus de savoir si le climat se réchauffe, mais bien jusqu’à quel point ; et d’en mesurer plus finement les impacts. Le rapport d’experts rédigé pour le ministre wallon de l’Environnement est la première pierre de cette démarche que tous les pays et toutes les régions ont entamée.
Ce sera loin de suffire. Même si la connaissance scientifique est encore insuffisante et doit être approfondie, il s’agit sans tarder d’identifier les priorités de l’adaptation de nos sociétés à la hausse des températures. Et d’infléchir, déjà, les politiques et mesures.
Une certitude : plus on attend, plus rudes seront les impacts du réchauffement.
Un défi pour la connaissance, car l’ensemble de notre pays, à la ville comme aux champs, est concerné. L’urbanisme, la gestion de l’eau, l’aménagement du territoire, la protection de la biodiversité, la politique sociale et de santé, la production d’énergie, l’agriculture… toutes ces politiques méritent d’être reconsidérées par le prisme du réchauffement climatique.
Le défi est encore plus fondamental pour la politique, pour les politiques. Car l’horizon s’ouvre sur les décennies à venir. Et l’on sait la difficulté du personnel politique, soumis aux agendas électoraux et aux pressions immédiates – qu’elles viennent de l’opinion publique ou des intérêts privés – à intégrer dans ses décisions des considérations de long terme.
Il ne pourra en être autrement. On sait déjà que des décisions prises aujourd’hui – par facilité, ignorance, faiblesse – en matière d’urbanisme, d’économie, d’énergie, de mobilité, sont à l’opposé de ce qu’il est « durable » de faire. Il faut inverser la vapeur. Et, renouant la politique avec deux de ses racines les plus nobles – la pédagogie et la responsabilité –, voir la réalité de demain en face. Des « coûts » immédiats permettront des bénéfices différés. Des changements de mode de vie garantiront le bien-être et l’harmonie de la vie en société. Une plus grande solidarité protégera les plus vulnérables au réchauffement du climat. On connaît ; désormais il faut anticiper et agir de manière juste.
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
Anticper ?? Notre bien être actuel n'est dû qu'à une énergie abondante et à bas prix. Ces énergies fossiles s'épuisent rapidement. Sans substitut aux avantages équivalents, on ne peut concevoir le maintien de l'harmonie actuelle ,toute relative d'ailleurs, des sociétés. Anticiper n'est pas le point fort des systèmes actuels rivés sur la prochaine élection alors que les mesures à prendre seraient comparables à celles que prendrait un pays menacé par la guerre
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
Que le réchauffement climatique soit causé ou non par l'homme n'est pas la donnée essentielle. Bien entendu, le comportement humain depuis des décennies a certainement une influence sur ce climat, mais l'important est que ce changement climatique a lieu. C'est une tendance lourde, autrement dit même en changeant aujourd'hui nos comportements, nous n'en verrons les effets (de quelle ampleur) que bien plus tard. Les mesures fortes à prendre sont de tous ordres, partout. Comme toujours, celles-ci viendront probablement suite à l'accumulation de catastrophes qu'on espère actuellement ne pas voir venir. Si on ne fait rien, l'humanité s'adaptera bien sûr, mais à quel prix et pour qui ?
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
Equilibre naturel. L'équilibre naturel de la planète est rompu depuis l'explosion démographique de l'espèce humaine. La cause principale de celle-ci est la croissance des religions monothéistes qui ont placé l'Homme au sommet de la création divine au contraire des religions polythéistes et shamanistes qui le plaçait au sein de l'écosystème. Par leurs discours "Croissez et multipliez-vous", les religions monothéistes sont à la religion ce que le capitalisme est à l'économie : on ne peut croître à l'infini donc le postulat de départ est irréalisable...
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
choisir la question la question n'est s'il y a ou non rechauffement climatique mais si celui-ci est cause' par l'homme. il y mille ans on colutvait la vigne en norvege et le Groenland avait ete' ainsi nomme' pour ses prairies (certes limitees).
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||







Sans discuter sur la réalité du changement climatique ou ses causes profondes, j'aimerais soulever un point: la fragilité des sociétés humaines. Nos sociétés sont des systèmes rendus complexes par les interconnexions entre individus et structures, qui bénéficient à tous. Quand on classe les écosystèmes peu perturbés (lacs, forêt, océan, marais,...) selon des indices de complexité, on voit qu'ils se rangent tous au même point. C'est un optimum de complexité entre bénéfices structurels et vulnérabilité. Quand on fait la même chose avec nos sociétés, on voit qu'on dépasse de loin l'optimum. Ainsi, pour générer des gains colossaux, on se met en péril face aux moindres catastrophes naturelles ou économiques. Cela seul compte car cela seul est de notre ressort.