Négociations : le tournant ?
DAVID COPPI
jeudi 01 septembre 2011, 07:13
Le formateur amende sa note et les chapitres ayant trait à la réforme de l’Etat ; il remettra sa version corrigée aux huit présidents des partis autour de la table le week-end prochain ; et tous auront à se positionner rapidement, en réunion plénière, probablement dimanche. Alors nous saurons s’il y a une chance de voir advenir un gouvernement fédéral de plein exercice pour la rentrée parlementaire du 11 octobre. Ou bien si ce sera l’aventure. Et là, à vous de placer le curseur : entre le retour aux urnes anticipé (en soi, pas un drame, c’est la démocratie, et on repart) et l’éclatement du pays (auquel pourrait donner lieu, après une campagne super-houleuse, un triomphe électoral de la N-VA).
Le scénario de l’échec est dans l’air, mais il n’est pas écrit.
Clairement, la lourde et exceptionnelle mise en garde que l’on nous mitonne à la Commission européenne (lire ci-contre) est de nature à faire réfléchir deux fois plutôt qu’une les négociateurs à la table. C’est peut-être « le » tournant : l’Union européenne exhortant notre personnel politique à lancer les grandes réformes socioéconomiques qui – s’apprête-t-elle à dire – s’imposent dans la crise, et que seul un gouvernement de plein exercice peut entreprendre… Difficile d’imaginer plus fort comme pression extérieure ! Les présidents-négociateurs aviseront. A eux de voir. Tout le monde les regarde.
Et ils méditeront sur ceci en plus, accessoirement : jamais, depuis les élections de juin 2010, les conditions objectives pour aboutir à un compromis n’ont été réunies comme elles le sont aujourd’hui. Quasiment le scénario – soyons fous ! – idéal : 1. la N-VA n’est plus là, le CD&V s’en est « déscotché » ; 2. la famille libérale-réformatrice, longtemps tenue à l’écart, est associée aux travaux ; 3. le MR s’est doté d’un nouveau président qui peut vouloir imprimer sa marque, prendre des risques ; 4. les huit partis à la table réunissent la majorité des deux tiers au Parlement (requise pour la réforme de l’Etat), et chacun est indispensable numériquement ; 5. un président… socialiste se dit prêt à assumer en première ligne, en plus de l’institutionnel, le compromis social (et économique) qui fait mal. C’est vrai, que demande le peuple ?
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Ce n'est pas impossible que l'UE s'inquiète de la situation budgétaire et de la dette belge. Concernant la formation, j'adhère au message 6]JackyB "... Faire dépendre la réussite de la formation d'un gouvernement de la résolution de BHV, c'est impossible, im-pos-sible ! Il faut d'abord digérer les principes universels des droits de l'homme, hors règlements politiques".
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Vite...vite... la NVA n'est pas là: c'est le moment ou jamais de faire sauter la banque et ramasser du fric! Et après nous, les mouches... Cela marche déjà depuis si longtemps, pourquoi s'arrêterait-on maintenant, n'est-ce pas!
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Quelle que soit l'issue sur BHV (qui sera mauvaise et transitoire car lointaine de toute approche marxiste mais, au contraire, très nationaliste), ce qui me turlupine vraiment c'est ce délire obsessionnel de "réforme". Que l'UE veuille démolir l'économie une fois pour toute en saquant les conquêtes sociales qui font de l'UE la région la plus progressiste du monde, c'est dommage. Car, après tout, il est évident pour chacun - sauf pour les amnésiques - que les gros problèmes économiques dérivent de la finance dérégulée, que l'UE a curieusement décidé "d'oublier". Cela dit, qu'on vienne commander au seul pays qui s'en sort bien (la Belgique) qu'il doit faire comme les autres sinon...euh...ce sera terrible! Ca devient franchement déplacé, agressif et obscène.
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La NVA n'est plus là mais le CD&V défend à 99% les mêmes thèses que la NVA et considère que les Flamands ont fait leur part des concessions en acceptant de venir à la table des négociations sans la NVA. Aux francophones maintenant de faire leur part des concessions en acceptant les revendications du CD&V (càd celles de la NVA). Même le "gentil" Eyskens (qui n'est pourtant pas connu pour son flamingantisme outrancier) ne dit pas autre chose dans son intervention aujourd'hui. Et c'est cela, le "scénario idéal" ? Pour être rédacteur au Soir, il faut avoir un doctorat en Méthode Coué ... ?
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Je cherche en vain sur le Soir le démenti formel de la Commission européenne que l'on peut trouver dans d'autres journaux. La preuve est faite de ce que l'on constatait depuis quelque temps: il y a de la part de certains politiques et journaux une véritable manipulation de l'opinion tendant à faire avaler la pilule d'un gouvernement à n'importe quel prix. J'écrivais ce matin qu'une mise en scène orchestrée par le formateur et le palais royal ne serait pas étonnante. Je persiste à le croire...C'est lamentable. Que le peuple ouvre les yeux et exerce son sens critique !