« Nous voulons récupérer notre argent »

JOAN CONDIJTS

mercredi 05 octobre 2011, 06:28

We want our money back. » En 1979, Margaret Thatcher, Première ministre britannique, lançait ce cri demeuré célèbre à la face d’une Europe encore verte. Une phrase empreinte de nationalisme qui s’appuyait sur une équation simple : la construction continentale ne doit pas me coûter plus qu’elle ne me rapporte (ce qui était le cas du Royaume-Uni à cette époque).

« Nous voulons récupérer notre argent. » Telle doit être la conviction que devraient afficher les responsables politiques belges dans le dossier Dexia. Plus par pragmatisme que par repli communautariste.

Le groupe Dexia repose sur un déséquilibre qui n’était pas absurde lors de sa constitution, à savoir une banque disposant d’un réseau commercial, riche en dépôts (l’ex-Crédit communal ou, grosso modo, Dexia Banque Belgique), alimentant une institution de crédit dont le portefeuille regorge de collectivités locales (l’’ex-Crédit local de France, devenu Dexia Crédit local). La crise de la dette hypothèque aujourd’hui ce modèle et les transferts d’une trentaine de milliards d’euros de la Belgique vers la France en vue de financer les crédits hexagonaux posent problème : pourquoi l’épargne belge doit-elle soutenir, à une telle hauteur, l’économie française, qui est loin d’être une Grèce exsangue et sans ressources propres?

La Belgique peut-elle se priver d’une telle manne ? La réponse est non. Dexia Banque Belgique ne doit pas être vendue (comme le préconisent les actionnaires français) mais doit rester sous pavillon national. Pour deux raisons. Primo, la nécessité de faire coïncider l’épargne aux investissements. Autrement dit, endiguer l’hémorragie transfrontalière et orienter les dépôts locaux vers des financements locaux (entreprises, immobilier, etc.). Une manière de doper l’économie nationale. De financer la dette belge aussi : les agences de notation n’ont pas pénalisé la Belgique parce que le pays bénéficie d’une épargne importante mais si cette dernière s’envole vers d’autres cieux, cette bienveillance s’évanouira. Secundo, les collectivités locales (communes, régions) ont besoin de financement à long terme que des établissements étrangers manifestent quelque réticence à accorder.

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Quelques règles de bonne conduite avant de réagir
[8] caius dit le 06/10/2011, 12:01

Il y a quelques années, les soi-disant "top managers" venaient tous nous assurer la bouche en coeur qu'il était INDISPENSABLE d'avoir une taille stratégique pour résister à la mondialisation et que les fusions/acquisitions étaient la seule voie. Résultats, les grenouilles qui voulaient se faire plus grosse que le boeuf sont en train de crever. Faut-il être une outre pleine de vent pour être membre d'un C.A.?

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[7] zarathostra dit le 06/10/2011, 03:07

Il est inadmissible que la Belgique paie les errements de la France, qui a, par une politique de grandeur, précipité Dexia dans l'abîme. Dexia Belgique doit rester belge et la dette du groupe doit être répartie à hauteur des erreurs comises par les deux parties. J'en appelle à un sursaut de fierté de la part de nos dirigeants, qui ont déjà par le passé bradé nos intérêts bancaires. Une fois, mais pas deux. Ne commettez pas la même erreur, et ne vous laissez pas impressionner par le gouvernement français, fort en gueule mais faible (sur le plan intérieur et international) et qui dispose de peu d'arguments pour exiger de la Belgique une contribution qui ne serait pas légitime.

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[6] Labrador dit le 05/10/2011, 22:45

Accessoirement, il serait intéressant de savoir le rapport entre les articles incendiaires de certains médias et les retraits de comptes.

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[5] lenin dit le 05/10/2011, 20:07

Quand que les Français vont nous rembourser, j'espère qu'on aura vite un autre ministre des finances digne de ce non défendre les Belges et non s'aplatir devant la France ,de toutes façons après 14 ans le même ministre des finances ? si il avait été changer à chaque législature ont aurait pas tout ces dégâts,maintenant il faut du changement non de dieu

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[4] a400sam dit le 05/10/2011, 16:10

L'avis de fustigator est partagé. Mais sa dernière phrase : "... que la collectivité devra prendre en charge..." me semble faible. Lorsque le gouvernement flamand se targue de ne pas laisser tomber dexia et que le ministre des finances nous dit "pas de problèmes, nous sauverons ..." Qui paye les élucubrations des pauvres administrateurs scandaleusement rétribués et qui sans aucun scrupule ont mis nos banques en difficulté ? Nos impôts pardi ! La collectivité a déjà pris en charge lors de la crise précédente et ce sera bis repetitas cette fois-ci. NON, ça suffit !

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