L’euro sauvé ? L’Europe fait ce qu’elle peut
BEATRICE DELVAUX
vendredi 28 octobre 2011, 07:00
Les marchés sont ra-vis ! Mieux, ce jeudi, ils exultaient. Gare ! Il vaut mieux attendre un rien pour vérifier si ce plan européen sera celui qui va sauver la zone euro, et l’Europe avec lui. Car Merkel l’a dit mercredi, comme un dernier argument avant le saut dans le vide : « Si l’euro échoue, l’Europe échoue. »
On devrait idéalement saluer l’existence seule de ce plan. C’est une bonne nouvelle mais pas de quoi parader : c’était le service minimum attendu depuis des mois. On l’avait espéré : au bord du précipice, hommes politiques européens, banquiers finiront par se mettre d’accord.
C’est fait. Tard, mais c’est fait. Le plan est ce « package multifonctions » attendu : il vise à éteindre l’incendie (effacement partiel de la dette grecque), à éviter la contagion et à sécuriser le secteur financier. Des mesures à plus long terme ont également été décidées.
Mais il y a une impression de bricolage face à ces montants presque virtuels, dégagés avec tant de difficulté et au plus juste, qu’on ne peut s’empêcher de penser que le costume sera mal taillé face à l’ampleur des problèmes et des moyens des mitrailleurs de la finance. Un pistolet à eau là où il faut un bazooka, accusait hier un économiste. Les jours qui viennent diront si les marchés sont rassasiés, anesthésiés ou s’ils ont encore faim… Dans tous les cas, il n’y a aucune seconde à perdre pour le rendre opérationnel.
C’est le plan « Angela » qui est sur table. Son contenu a été élaboré par les Allemands et ce qui n’y figure pas est le résultat de refus allemands. Mais ce qui prédomine, ce n’est pas le triomphe d’une Allemagne toute-puissante, mais l’image d’une Europe à la ramasse, qui ne doit sa survie qu’à la générosité des Chinois et à la magnanimité des banquiers. L’image du couple Merkel et Sarkozy allant au milieu de la nuit demander à un groupe de banquiers VIP, de bien vouloir leur accorder cette faveur, est d’une cruauté et d’une vérité absolues.
L’intellectuel Edwy Plenel le dit avec lucidité : « L’Europe qui a produit tous les imaginaires politiques, intellectuels démocratiques et sociaux, aujourd’hui décroche du monde. » L’Europe ne donne plus le la, elle fait ce qu’elle peut. On doute que ce soit assez.
Editorialiste en chef
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Cet accord marque évidemment le grand recul de l'europe. Il était déjà réel avant, maintenant il est concrétisé. La Chine elle est redevenue cette grande puissance qu'elle était, il y a des siècles!
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Madame Delvaux, pourriez-vous demander à la Rédaction de créer une rubrique Europe (je vois qu'on passe directement de France à Monde). Et si c'est possible, renforcer le service Monde (géopolitique). Certains pays méritent d'être un peu plus représentés, l'Allemagne, l'Amérique latine, la Chine (que sait-on de la Chine ?), l'Inde, etc. Merci d'avance.
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Les Européens sont victimes de leur innocence et de leur cécité. Combien n'a-t-on pas tiré dans nos propres médias contre les dirigeants de Fortis ou Dexia ou le grand capital européen - bientôt on se retrouvera sans banques et sans industries européennes. Alors que la menace vient d'ailleurs, principalement de la galaxie dollar qui elle, par contre, est très consciente des enjeux et de son intérêt à désintégrer l'Europe. Nous sommes en pleine guerre économique et financière depuis une dizaine d'années.
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Plenel est devenu un intellectuel maintenant. Hilarant!
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A. Merkel : " Si l'euro échoue, l'Europe échoue. "... Ces paroles sont le révélateur de ce que le citoyen de base dénonce de plus en plus : Cette Europe qu'on essaye de nous vendre est un échec dans la mesure où elle se résume à un immense montage financier au service des entreprises et des spéculateurs. A quand une Europe des citoyens? Les technocrates enserrent le peuple dans des règlements tatillons et de la paperasserie, mais le pouvoir s'éloigne de plus en plus de la base et le bonheur du peuple devient, chaque jour un peu plus, un rêve qui s'estompe dans la brume. Les conditions d'un immense chaos et d'un bain de sang mondial seront bientôt remplies.