Huit ans de tergiversations nucléaires
JOAN CONDIJTS
lundi 31 octobre 2011, 06:20
Huit années, presque neuf même, de stagnation, d’interrogations, de tergiversations, de décisions non appliquées ou inapplicables. Huit ans depuis le vote de la loi de sortie du nucléaire. Huit années passées à se demander comment l’éviter, comment l’exécuter. Jusqu’à vendredi, jusqu’à la confusion totale. Qui s’est un peu estompée ce dimanche.
Les négociateurs gouvernementaux se sont accordés, en soirée, sur un texte qui trace de nouvelles pistes atomiques et, pour ce qui était connu à l’heure de boucler cette édition, laisse une nouvelle fois planer la brume sur le futur énergétique du pays. Les membres de l’exécutif en gestation annoncent fièrement que la loi de sortie du nucléaire est maintenue. Bien. Plus de 3.000 jours après son adoption parlementaire, le citoyen apprend que ce texte est « maintenu ». Que prévoit-il ? Petit rappel : une extinction progressive (entre 2015 et 2025) des sept réacteurs belges. Dont les trois premiers dès 2015. Dans quatre ans, Doel 1 et2 ainsi que Tihange 1 fermeront. Ou peut-être pas… Autrement dit, la loi est maintenue mais la maintenir ne sera peut-être pas possible. Car le calendrier pourrait être revu en fonction des conclusions d’une étude qui doit être réalisée. La énième. Toutes les précédentes ont conclu, grosso modo, que fermer dès 2015 serait techniquement difficile et relèverait de l’hérésie économique. Le futur gouvernement se propose aussi d’examiner toutes les voies possibles permettant d’accroître la concurrence.
L’« accord » conclu ce dimanche soir transpire la rhétorique politicienne, empeste le compromis boiteux. Après huit ans, la Belgique ne s’est toujours pas donné d’avenir énergétique précis. Ambitieux. Et le royaume se contente d’explorer « les voies permettant d’accroître » la concurrence. Ces voies sont claires. La France a gelé ses tarifs. Le Royaume-Uni injecte de plus en plus d’« Etat » dans la gestion de sa production électrique.
Car l’électricité, le gaz ne sont pas des marchandises banales : un kilowattheure ne se vend pas comme une banane. La politique énergétique ne se règle pas un dimanche d’automne comme un vulgaire marchandage. Dans une confusion kafkaïenne. Huit ans, cela suffit ! Largement.
Vos réactions
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Excellent cet édito ! Cette annonce n'est en effet que de la poudre aux yeux. Décidément, nous n'avons plus que des politiciens médiocres...
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Avec des politiciens aussi médiocres que les nôtres qui tergiversent sans cesse, remettent en cause un accord à peine l'encre sèche, qui ne lisent ou ne comprennent pas les multiples études qu'ils ont eux-même commandées il est sur que les "concurrents" de GDF-Suez vont se presser au portillon pour investir dans un pays où les choses sont tellement claires. Mais bon dieu qu'avons-nous fait pour mériter des "zigotos" pareils?
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OUI 20 17 NON | |
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Une fois le nucléaire complétement arrêté, comment Magnette va t'il ponctionner ses 250 millions? de quoi vivra Amay, Huy, etc? Personne ne répond à ces questions. Va t'on taxer les panneaux solaires et autres éoliennes? Si c'est pour prendre dans ma poche, ils peuvent bien laisser le nucléaire tourner. Merde à la fin.
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OUI 17 16 NON | |
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Il m'étonnerait que les négociateurs n'aient pas une idée précise.... de combien de réacteurs devront fermer, suite au stress-tests (conséquence de Fukushima) en Belgique et en France. Une décision n'est même pas nécessaire, la réponse sera automatique.......
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OUI 15 14 NON | |
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La Belgique pour au moins 15 ans ne peut pas se passer de ses centrales nucléaires. C'est un leurre de croire que dans ce tout petit pays, on peut mettre une éolienne tous les kilomètres. C'est un mirage de croire que le soleil belge est si puissant qu'il va nous apporter assez d'énergie. Le citoyen devra payer beaucoup plus cher pour son énergie et l'industrie sera de moins en moins compétitive. J'ose supposer que le vague qui entoure les "fermetures" belges annonce tout simplement qu'on ne fermera rien avant au moins 10 ans. Pour garder un peu de prospérité dans ce pays...et pour éviter que ce pays, déjà si pollueur, ne devienne un vrai monstre de pollution, étant forcé d'installer des centrales à gaz et à charbon un peu partout...