Epargnant-citoyen, la patrie a besoin de toi
vendredi 25 novembre 2011, 05:59
Jurek Kuczkiewicz Rédacteur en chef adjoint
L'annonce de la nouvelle émission de bons d'Etat a été accompagnée d'un appel, pas très subliminal, à la fibre patriotique : prémédité ou non, c'est comme cela que beaucoup l'ont compris.
Suranné, voire ridicule pour les uns, charmant pour d'autres qui se sont instantanément (re)trouvé une âme de patriote, ce réflexe doit cependant faire l'objet d'un sérieux examen de conscience, dans le contexte actuel de crise européenne aiguë.
Cela a commencé par des accusations de tricherie dispendieuse lancées d'Allemagne vers la Grèce, laquelle a été la première à traiter les Allemands d'égoïstes.
Sur la question des obligations européennes, l'opposition de la chancelière Angela Merkel reste teintée d'une suspicion : l'Allemagne craindrait de payer, dans les faits, des taux plus élevés sur ses Bund (ses obligations ) si elle devait participer à une mutualisation des dettes européennes
Chez nous, la France commence à être suspectée d'avoir une deuxième fois après 2008 roulé la Belgique dans la farine lors de la récente négociation sur le démantèlement de Dexia : tandis que les risques sont localisés en France, c'est l'Etat belge qui a pris en charge 60 % des garanties sur ceux-ci, une charge peut-être insoutenable pour le Royaume.
Il y a deux jours, c'est l'autorité autrichienne de contrôle du secteur financier qui a enjoint à ses banques nationales, très implantées dans les pays d'Europe centrale, d'y réduire les crédits, afin de maintenir les capitaux « au pays ». La raison ? L'Autriche craint pour sa notation « triple A ».
La multiplication de réflexes nationaux et les accusations qui leur font écho commencent à rappeler de bien mauvais souvenirs. Comparaison n'est pas (entièrement) raison, mais en 1928, puis en 1929, le retrait des capitaux américains fut déterminant dans la plongée de l'Allemagne de Weimar dans l'austérité, et dans la descente aux enfers qui s'ensuivit
Alors que l'Europe est incapable de s'accorder sur un projet d'euro-obligations, l'une des solutions pour enrayer la crise, sommes-nous réduits à en revenir aux souscriptions patriotiques, un concept qui a financé plus d'une guerre ? C'est une bien sinistre allégorie de la situation dans laquelle s'est enferrée notre Europe.
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
Edito grotesque. Si la dette belge était dans les mains des épargnants belges elle nous coûterait moins cher. C'est le cas pour le Japon où la dette est de 200% du PIB, mais reste raisonnable en terme de taux d'intérêt car les obligations sont achetées par les Japonais. Je ne comprends pas pourquoi ce monsieur se croit obligé de faire allusion à la guerre.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 3 1 NON | |
|
|||
D'accord. En retour, l'épargnant-citoyen a besoin que ses dirigeants fassent preuve d'autorité et fixent des intérêts stables pour la zone euro.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 2 1 NON | |
|
|||
Mais oui bien sûr, faisons marcher la planche à billets et maintenons l'indexation des salaires. Ainsi tout le monde sera riche. Et bien entendu, c'est le Père Noël qui va payer.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 5 3 NON | |
|
|||
Bon, allez !... Je vais faire mon devoir de citoyen en écrivant à tous ceux qui me liront de ne surtout pas se lançer dans ce genre de "truc". Pourquoi ?... Très simple : qu'adviendra-t-il de vos bons d'état lorsque ce dernier fera faillite ? Et je suis sérieux quand j'affirme cela. Il ne faudra d'ailleurs plus attendre très longtemps. (Pensée personnelle : tout ça à cause d'une bande de crétins qui ne sont pas foutus de faire leur boulot, et ce depuis près de dix-huit mois).
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 4 2 NON | |
|
|||















@ [11]Bigzyeux : Pour faire tourner la planche à billets, il faudrait d'abord que notre pays sorte de la zone euro et retrouve sa propre monnaie pour pouvoir la faire fluctuer en fonction de la situation financière globale. Pourquoi les anglais en sont restés à la livre sterling croyez-vous ? Pas si bêtes que ça, les british.