Europe : en débattre sans l’abattre

MAROUN LABAKI

vendredi 09 décembre 2011, 06:57

Elio Di Rupo a fait sa première apparition, jeudi soir, à un sommet des chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne.

Un socialiste de plus autour d’une table qui ressemble à un congrès du PPE, le parti de centre-droit : c’est une bonne nouvelle ! La grande famille conservatrice domine en effet avec insolence la scène politique européenne, au Conseil européen et à la Commission encore plus qu’au Parlement. Personne ne se plaindra d’un débat européen plus riche, plus équilibré.

Encore faut-il arriver avec des arguments de qualité. Mercredi, dans sa Déclaration de gouvernement devant la Chambre, Elio Di Rupo a dit vouloir que le « laboratoire Belgique » aide l’Europe à « redevenir un projet enchanteur ». C’est un excellent début.

Deux de ses proches, et non des moindres, Paul Magnette et Laurette Onkelinx, s’étaient récemment montrés nettement moins inspirés, en s’en prenant avec virulence, notamment au micro de nos confrères de la RTBF, aux « technocrates européens ». Du jamais vu – de la part de membres éminents d’un parti politique belge démocratique !

On peut ne pas aimer Van Rompuy, Barroso, « Merkozy » et tous leurs amis de droite. On peut refuser l’austérité exigée par la chancelière fédérale, la contester. On peut vouloir des politiques de relance, et une taxe sur les transactions financières, et des mesures contre la spéculation, etc. On peut militer pour l’Europe sociale.

Mais il ne faut pas, comme on dit, jeter le bébé avec l’eau du bain – désigner à la vindicte populaire une Europe caricaturée.

Le populisme de gauche n’est ni moins vulgaire ni moins dangereux que le populisme dominant, de droite, qui fait des ravages dans d’autres pays de l’Union européenne, et qui s’alimente pour partie de simplismes anti-européens.

L’Europe est un grand projet politique, qui se trouve être également notre seule planche de salut. A l’évidence, notre avenir passe par davantage d’intégration européenne. Alors, plutôt que de la dénigrer, mettons toute l’énergie possible à améliorer l’Europe, à la démocratiser, à lui offrir les atours d’une communauté de destin.

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[10] Bigzyeux dit le 09/12/2011, 23:13

Tout un article pour nous dire que la gauche trouve qu'il y a trop de droite...

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[9] Labrador dit le 09/12/2011, 16:41

L'Europe est là, belle dans sa richesse et sa diversité. Elle séduit, et souffre souvent tant elle attire les convoitises. Le mythe du rapt d'Europe est éternel.

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[8] metagolgot dit le 09/12/2011, 11:07

Comment arriver "à améliorer l'Europe, à la démocratiser" alors que le début de l'article parle de "la grande famille conservatrice"? Il n'y a pas d'alternative, structuralement parlant, aux politiques de centre-droit... même ce gouvernement a pris des mesures de centre-droit et ne parlons pas des solutions proposés à la crise: toutes d'inspiration libérale! Je voudrais bien que l'auteur ou le soir fasse un dossier sur le "comment faire pour changer de paradigme?"

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[7] BruxellesdanslaRue dit le 09/12/2011, 11:04

Dire que les dirigeants de l'UE (et du FMI pour le coup) sont des technocrates qui vivent loin des réalités et des besoins du monde citoyen est un euphémisme. C'est de la dentelle. "Technocrate" n'est pas une insulte. Ce terme est approprié pour ces hauts fonctionnaires dont certains travaillent énormément et avec beaucoup de compétence. D'ailleurs, on voit mal comment faire sans technocrate. On ne dirige pas l'UE avec un peu de bon sens (Stevaert) ou des bons mots (De Wever). On a besoin de gens "compétents", c'est-à-dire pas des Dehaene. Mais il est possible que nos "nouveaux socialistes" aient voulu exprimer qu'il était dommageable pour le destin de l'Europe citoyenne que l'UE soit phagocitée et totalement dominée par le lobbying affairiste et industriel conservateur. Ils ont raison. Quand le politique s'exprime dans le temps qui lui est imparti, c'est au journaliste d'étayer et d'informer ensuite. Critiquer un mot à outrance est devenu le nouvel art journalistique.

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[6] lesaphir dit le 09/12/2011, 10:59

L'Europe, c'est comme la courbe de Gauss, c'est une machine à exclure ceux qui sortent du rang, à égaliser, à lisser, à détruire la créativité, la pensée. Orwell avait raison.

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