Le destin d'une monnaie sans Etat
DOMINIQUE BERNS
vendredi 30 décembre 2011, 06:27
Le 1er janvier, nous célébrerons un anniversaire : les dix ans de l'introduction des pièces et billets en euros. Mais pas dans la joie.
La monnaie unique devait nous apporter la prospérité. L'économie de la zone euro a été, depuis la naissance de l'euro, la moins dynamique parmi les pays industrialisés.
L'euro devait être un « bouclier » contre les turbulences de l'économie mondialisée. Mais la spéculation, qui auparavant visait la peseta, la lire, la drachme ou le franc, s'est déchaînée sur les taux d'intérêt et les dettes des Etats.
La faute aux Grecs ? Et aux Irlandais et Portugais ? Et aux Italiens et aux Espagnols ? Et à tous ces Etats qui se seraient rendus coupables d'« irresponsabilité fiscale » ?
C'est oublier que l'Espagne et l'Irlande, jusqu'à la crise financière de 2008, ont respecté le pacte de stabilité et de croissance ; que l'Italie, durant la même période, réduisait lentement le poids de sa dette ; et que la crise financière et la Grande récession ont fortement dégradé les finances publiques de tous les Etats.
C'est aussi cacher le principal échec de la monnaie unique. Elle devait favoriser la « convergence » des économies qui l'adoptaient. C'était, simultanément, l'un de ses bénéfices potentiels et l'une des conditions de son succès. Or, les économies ont divergé. Selon une ligne Nord-Sud : un Nord industriel, compétitif, exportateur ; un Sud, peu industrialisé ou en voie de désindustrialisation, importateur net, dont la compétitivité s'est détériorée.
C'est pourquoi la question de la survie de la monnaie unique est posée.
Mais face à quinze Etats qui n'ont rien à dire, Berlin avec Paris, aux ordres a imposé sa solution : l'austérité budgétaire et salariale généralisée, qui plongera la zone euro dans une longue récession, sans résoudre les problèmes de dettes publiques ou de compétitivité.
L'euro pourrait-il en mourir ? Posons la question autrement : que faut-il à l'Europe ? Plus d'Europe ! Mais qui le veut ? Qui veut une avancée vers le fédéralisme ? Un vrai budget européen ? Il n'y a même plus de débat sur la finalité de l'Union. Or, c'est pourtant la réponse à la question « Quelle Europe voulons-nous ? » qui décidera de l'avenir de la monnaie unique.
Vos réactions
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Tout est une question de confiance. Quand les journalistes voudront bien transformer le pessimisme ambiant et clamer l'espoir dans les jeunes et le futur, en démontrant les transformations positives de l'euro sur notre vie de tous les jours : très faible inflation, augmentation de notre marché , développement énorme des économies méditerranéennes (comparez le niveau de vie des Portugais et des Espagnols sur les 10 dernières années), stabilité monétaire (la B aurait du se payer une belle dévaluation avec ses atermoiements politiques..), la contrainte mise sur les gouvernements pour accélérer la fédéralisation...Bref voyez les choses positivement et n'oubliez pas que les Etats-Unis d'Amérique ont mis un siècle pour s'unir et cela au prix d'une guerre civile, alors qui a des leçons à donner aux autres ?
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Certains sont partisans d'un retour aux anciennes devises nationales. La spéculation sera encore pire. A celle de la dette publique, s'ajoutera celle entre devises, comme avant, mais plus fort, car entretemps la masse monétaire dollar a sacrément gonflé. Quand nos responsables comprendront-ils que le problème de fond, c'est la course au placement des dollars ?
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Le problème n'est pas l'euro qui est une monnaie très pratique et saine. Le problème ce sont les attaques extérieures contre l'euro. Attaques psychologiques, financières, politiques, qui introduisent des taux différents pour la dette publique privatisée et les coûts d'investissement Si les financiers européens voulaient contrattaquer, ils feraient la même chose entre les différents Etats des Etats-Unis par exemple). Il existe plusieurs solutions pour se protéger, mais on ne le fait pas, nos institutions sont infiltrés par l'intérieur et par le dessus. Fini la discipline de la BCE. aujourd'hui Draghi dévalue l'euro à coeur joie. Va-t-on réagir avant que les caisses soient vides ?
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LES CATASTROPHISTES On est maître de son destin quand on est intelligent et volontaire . Cela est vrai, autant pour le bien que pour le mal.C'est TOYNBEE( l'historien Anglais) qui prouvait que dans toute l'histoire de l'humanité une poignée d'hommes on toujours réussi à changer un destin soi-disant programmé . C'est particulièrement vrai pour les grands Conquérants : d'Alexandre le grand à Napoléon et Hitler. Il ne faut pas pleurnicher sur la disparition de l'EURO qu'on est soi-même occupé à organiser à coup de LAMENTATIONS. Du courage que Diable, nous avons BESOIN DE L' Euro comme du pain que nous mangeons tous les jours . Ne nous obstinons pas à nous dire "Courage, FUYONS". Exigeons que les choses marchent . Ecrivain, Economiste et Grand Historien PEYREFITTE dans un des derniers livres qu'il a écrit avant sa mort expliquait qu'avec LA CONFIANCE on pouvait tout faire en ECONOMIE. Il est temps de la rebâtir...CETTE CONFiANCE.
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Tous les commentaires et surtout celui d 'Archange (Hitler comme grand visionnaire!!) me donnent à penser que la disparition de l'euro ne serait certes pas une bonne chose, mais la moins mauvaise des solutions.