Cherche confiance désespérément
PIERRE-HENRI THOMAS
vendredi 06 janvier 2012, 06:41
Voilà donc l’euro tombé en dessous de 1,28 dollar, un plancher qu’il n’avait plus raclé depuis 16 mois.
La nouvelle réjouit peut-être les entreprises qui exportent en dehors de la zone euro. Mais elle atterre le reste du monde. Car c’est le signe, un de plus, que l’Europe s’enfonce toujours davantage dans une crise à laquelle elle est incapable d’apporter un embryon de réponse convaincante.
Les turbulences nécessitent sans doute des solutions à long terme, comme la mise en place d’une politique budgétaire à l’échelle européenne. Mais – et on est fatigué de le dire –, à court terme, il y a un incendie à éteindre.
La maison euro brûle, comme en témoignent les opérations de financement de ces derniers jours : même des pays comme la France et l’Allemagne ne parviennent plus facilement à trouver de l’argent.
Les banques sont paralysées par la peur. Elles préfèrent apporter leur trésorerie excédentaire au seul refuge dans lequel elles ont encore confiance : la Banque centrale européenne, dont les coffres dégorgent donc de ces dépôts bancaires (qui atteignent 450 milliards d’euros).
L’attention, ces heures-ci, se tourne spécialement vers deux pays. La Grèce, qui n’en finit pas de négocier un allégement de sa dette, et qui menace de faire purement et simplement défaut. Les marchés exigent désormais un taux ahurissant de 35 % pour consentir un prêt à 10 ans à l’Etat grec.
Et l’Italie, qui doit rembourser cette année 380 milliards d’euros. Le taux italien à 10 ans dépasse à nouveau les 7 % ce jeudi. Un tarif intenable, et c’est ce qui explique sans doute l’arrivée impromptue à Bruxelles ce jeudi du chef du gouvernement italien, Mario Monti, qui rencontrera ce vendredi le président français, en préparation d’un nouveau sommet européen des chefs d’Etat le 30 janvier.
Des sommets qui, jusqu’à présent, ont attisé le feu plutôt que le circonscrire. En exigeant toujours plus de rigueur budgétaire, ce qui aggrave récession et déficit. Et en refusant tout mécanisme efficace de solidarité, tel le rachat d’obligations par la BCE ou la création d’euro-obligations.
En ces premiers jours de 2012, l’Europe cherche confiance. Désespérément.
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
La position de l'Allemagne et de la France ne sera plus tenable. La crise va vite et le duo infernal n'apporte aucune solution. Il faudra donc faire "tourner la planche à billets" et en catastrophe...
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 1 NON | |
|
|||
La position de l'Allemagne et de la France ne sera plus tenable. La crise va vite et le duo infernal n'apporte aucune solution. Il faudra donc faire "tourner la planche à billets" et en catastrophe...
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 1 0 NON | |
|
|||
La confiance est la base même de toute économie d'échange, la seule capable de progrès.Monnaie "fiduciaire" (de "fidere",confiance en latin), la base même de l'échange.Et c'est bien par la monnaie que la crise nous torture (avant de nous broyer?).Car ce qui se passe, ce n'est pas une incapacité à faire tourner les machines, à produire des biens et services, à faire de l'économie réelle, c'est l'incapacité à débloquer l'état de crispation dans lequel se trouve la "bulle" financière déconnectée de l'économie réelle.Oui,dans l'élan d'ultra libéralisme les Etats (tous ou presque)ont laissé la bride sur le cou aux financiers, les industriels passaient plus de temps à gérer les finances qu'à produire et les Etats à "budgeter" qu'à diriger.Rétablir la confiance,c'est d'abord remettre les choses à leur place, à commencer par les banquiers qui tout à coup se trouvent bien "nus" et bien frileux!Ils sont assez adultes pour savoir ce qu'il faut faire : nous tous attendons cet acte de responsabilit[...]
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 2 2 NON | |
|
|||
2012 l'année de tous les dangers. Les banques ne sont font plus confiance: record de dépôts à la BCE. Les banques ne font plus confiance aux investisseurs (refus de financer un majorité de PME) Les dividendes des banques continuent à "cartonner". Dexia s.a. (pas la banque de dépot) verse des primes indécentes à ses cadres. Les Etats et l'Europe n'osent prendre des décisions drastiques et courageuses vis à vis de ce cloaque financier. Jusqu'à l'implosion et les conséquences imprévisibles même par les plus futés des économistes. On va en "chier" cette année !!!!!!!
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 2 2 NON | |
|
|||















Nos Etats ont trop dépensé. Cela n'a rien à voir avec le libéralisme, mais plutôt avec le socialisme. Et faire tourner la planche à billets n'arrangerait rien: la seule solution est de faire des économies.