« À l’union monétaire, ses pères éplorés »
PIERRE-HENRI THOMAS
samedi 14 janvier 2012, 08:02
Dans l’arène, l’Union monétaire européenne, exsangue, constellée de banderilles, souffle encore des naseaux. Mais elle s’apprête à se coucher pour de bon. Dans les tribunes, ses pères fondateurs, les Etats européens, regardent, apathiques, le spectacle de cette mise à mort. Sans broncher. Les conseillers juridiques de la chancelière allemande Angela Merkel n’ont-ils pas affirmé cette semaine que, finalement, si la Grèce devait quitter la zone euro, cela causerait moins de dégâts qu’en 2008 ? Dans le genre « message battant », on a fait mieux.
Et sous les gradins, les bookmakers qui avaient parié sur une telle issue se frottent déjà les mains.
Certes, l’agence de notation Standard & Poor’s dégrade la note d’un ensemble de pays « clés » en Europe, parmi lesquels la France. Ce qui, par effet de dominos, menace aussi l’efficacité du fonds européen censé voler au secours des pays en difficulté.
Mais ce n’est pas cela le plus important. Après tout, les marchés ont déjà largement anticipé la nouvelle, puisqu’ils exigent de la France, depuis des semaines, des taux bien plus élevés que de l’Allemagne ou des Pays-Bas.
Non, la nouvelle du jour, c’est le fait que pour la première fois, un pays de la zone euro soit à deux doigts d’être en défaut de paiement : la Grèce a rompu les négociations avec les banques pour effacer 100 milliards d’euros de dette. Si la Grèce devait connaître un défaut de paiement désordonné et quitter l’euro, cette triste première rendrait plus difficile encore le contrôle de la dette des autres pays fragiles. D’autant plus que les populations grecque, espagnole ou italienne, qui ne voient aucun sens à se serrer la ceinture, commencent à nourrir de graves sentiments anti-européens.
C’est donc à Athènes que se joue le sort de l’Union monétaire européenne. Elle a la capacité financière de sauver le pays et peut se forger des outils. En a-t-elle la volonté ?
On en doute. Les chancelleries semblent préparer gentiment le sommet des chefs d’Etat du 30 janvier, comme si de rien n’était. Quand il était ministre des Finances, Didier Reynders affirmait l’automne dernier : « En sauvant la Grèce, on se sauve soimême. » Pour l’instant, on ne sauve personne.
Vos réactions
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Tout se passe dans ce genre d'édito comme si la gauche radicale ne pouvait pas se passer de son meilleur ennemi, appelons-le "le directeur de fond de pension américain", avec ses amis "le chef de la compagnie pétrolière" et "le patron de l'agence de notation". Et c'est exactement ça: sans ultra-libéralisme américain conservateur, il n'a pas de bien pensant européen de gauche progressiste. La monnaie n'est pas qu'une réserve de valeur, comme on nous le bourre dans les oreilles 10 fois par jour. C'est avant tout un instrument de paiement et une unité comptable. Et donc, l'euro ne disparaitra pas, car il n'y a aucune raison que ça arrive.
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@ [8] Oli : Pas si sur... et quand bien même vous avez raison, il nous reste toujours la faculté de faire bouger les choses via le net (rappel du printemps arabe).
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Souvenons-nous du discours prémonitoire de Pierre Mendès-France, le 18 janvier 1957, soit un peu plus de deux mois avant la signature des Traités de Rome : " Le projet du marché commun, tel qu'il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L'abdication d'une démocratie peut prendre deux formes : soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme dit " providentiel ", soit elle recourt à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d'une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens le plus large du mot, nationale et internationale. "
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@ SittingBull et autodidacte. Il y a longtemps que la presse "grand public" n'est plus indépendante. Le sixième pouvoir à, depuis longtemps, été mis au pas par les puissants. La presse généraliste (le Soir y compris) est devenue une presse d'état, une sorte de Pravda en plus subtile.
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ne perdons pas noyre souverainité!! chaque fois qu'un petit pays est absordé par un plus grand ou plus grande entité on en fait les frais. qui a décidé d'accepter la Grèce en europe?quels arrangements douteux se sont fait entre les dirigéants européens et le gouvernement grec?quel but malsain a été poursuivi pr en arriver ou ns en sommes?Créer de grandes entités comme l'europe qui finalement ne serviront probablement à rien est des plus néfastes. on le voit dans les multinationales qui se réorganisent.ce sont toujours les plus petits qui en font les frais et les grands qui en tirent profit. reduction du nombre de travailleur.déplacement des directions à l'étranger.Perte de chiffre d'affaires par méconnaisance des marchés locaux. domination sans discussion des dirigeants étrangers qui savent tout mieux. il leur faut en général 3/4 ans pr se rendre compte de leurs érreurs,mais alors c'est trôp tard. il en va de même en europe.Il y a 2 dirigeants qui pensent qu'il n'y a qu'eux pr trouver les solutions.stupide.