Les écoles de la capitale choyées : ça gêne quelqu’un ?

PIERRE BOUILLON

mercredi 25 janvier 2012, 09:49

C’est le même pavé. Jeté dans la même mare. Et qui fait les mêmes vagues…

Les tout-aux-Régions rêvent d’un fédéralisme à trois (Régions), débarrassé de l’étage « Communautés. » L’argument : pour s’épanouir, une Région doit pouvoir jouer sur toutes les touches du piano et maîtriser, outre les dossiers économiques et sociaux, les matières liées à la culture, l’école, la formation.

Le propos, recevable, revient régulièrement sur la table.

En provoquant les mêmes réactions : côté politique, le tout-aux-Régions n’est pas l’option. Il y a des régionalistes dans tous les partis. Mais l’option Communauté domine. Régionaliser l’école n’est donc pas à l’ordre du jour. Ni aujourd’hui. Ni demain. Cela ne doit pas interdire le débat. Mais que ce soit dit.

Marcourt fait valoir que régionaliser l’école permettrait une meilleure prise en compte des « spécificités locales. »

« Quel rapport, en effet, entre une école de Bruxelles et une école d’Arlon ? », a-t-on entendu hier. Le rapport ? Aucun. Mais : quel rapport entre une école secondaire de Gilly et une maternelle de Rixensart ? Et quel rapport entre une primaire à Uccle et une rhéto à Anderlecht ? Régionaliser ne réduira pas les écarts auxquels le gestionnaire wallon de son côté, le gestionnaire bruxellois de l’autre, seraient confrontés.

L’argument est donc nul.

Aussi, pour ce qui est de prendre en compte des spécificités locales, la Communauté joue grosso-modo son rôle. Mal, peut-être. Pas assez. Pas assez fort. Pas assez vite. Mais sa volonté d’adapter ses politiques au terrain est là.

Démonstration ?

Sur l’ensemble des élèves francophones, il y a 22 % de Bruxellois. Sur les écoles qui reçoivent de l’aide parce qu’elles sont en difficulté (école en D +), 25 % sont bruxelloises. Les moyens affectés à la rénovation des bâtiments servent la capitale à 26,8 %. Le budget affecté à la construction de nouvelles écoles sert Bruxelles à 58 %.

D’une façon générale, celle-ci, proportionnellement, reçoit plus que son dû.

Ceci ayant été posé, que Marcourt et ses amis nous soulagent vite d’un vilain doute.

Ce qui les gêne, c’est quoi ? Que la Communauté, soi-disant, ignore les besoins spécifiques ? Ou que, précisément, elle en tienne compte ?

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[12] niark dit le 26/01/2012, 16:24

[10] Viffeu : votre analyse est juste, il faut réformer et avancer. Mais point n'est besoin de larguer les bruxellois pour ça. Au contraire.

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[11] lulilu dit le 26/01/2012, 00:03

Les politiques palabrent encore et encore pour créer un écran de fumée qui masquera les vrais problèmes et retardera encore leur prise en charge.Plutôt que de se demander ou revendiquer qui doit faire quoi, qu'ils agissent, et vite!

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[10] Viffeu dit le 25/01/2012, 22:29

Le vrai débat est escamoté : la Wallonie est face à son destin. Les Wallons n'ont même pas 10 ans pour retrouver la prospérité médiane européenne. Il faut bousculer les Wallons pour qu'ils se rendent compte de l'urgence. Et il faut revoir toute l'organisation institutionnelle en Wallonie et Communauté française pour créer un électrochoc. Il faut réformer toutes les politiques publiques. Et tisser avec les autres régions belges les relations qui nous seront profitables. Des plaidoyers comme cet éditorial, et bien d'autres prises de position "outrées" sur le soi-disant repli wallon, sonnent surtout comme autant d'invitation à l'immobilisme. Pourquoi changer - chambouler - puisque nous sommes "si bien", puisque "c'est quand même une belle idée cette Communauté". Mais qui dit cela, et quels sont ses intérêts ? Il faut en finir avec les vieilles lunes, avancer et travailler. C'est un immense chantier devant la Wallonie. Et elle est maintenant au pied du mur.

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[9] BruxellesdanslaRue dit le 25/01/2012, 18:53

L'Edito n'est pas mal mais la manipulation des chiffres est incorrecte. Si 58% du budget affecté à la construction sert Bxl, cela résulte de plusieurs facteurs tels que, par exemple, la dynamique du peuplement des écoles, i.e. l'augmentation comparative des étudiants et des locaux disponibles. On sait que la population de Bxl s'accroît vite: c'est le propre des villes. Il y a donc un besoin en bâtiments qui est peut-être plus important qu'ailleurs. Le fait qu'à un instant donné il y a 22% de Bxllois parmi les élèves francophones n'a rien à voir avec ça. On ne compare pas une vitesse et un stock. Pour savoir si Bxl reçoit plus que son dû, il faut faire intervenir les évolutions dynamiques sur plusieurs années, ainsi que les projections établies pour le futur. En fait, Bruxelles est sous-financée et chacun le sait. Bruxelles n'a pas les moyens de jouer les capitales multiples et tout à la fois de satisfaire sa population. Elle est donc capitale multiple, et tant pis pour les Bruxellois.

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[8] whogarden dit le 25/01/2012, 16:05

il y a, certes, des disparités en Wallonie, comme partout ailleurs. Mais ces dernières méritent également d'être prises en compte et que l'on y investisse. Trouvez-vous normal que Bruxelles monopolise près de 58% des investissements en infrastructures, alors qu'elle ne représente que 22% des élèves? Que dire aux élèves wallons qui doivent étudier dans des bâtiments vétustes ouverts à tous les vents? En ce qui concerne le multilinguisme, les Bruxellois eux-mêmes revendiquent un meilleur apprentissage du Néerlandais, alors que les Wallons pensent surtout à mieux faire coïncider l'enseignement avec leur tissu local. Les priorités ne sont pas les mêmes. Et je n'aborde même pas le problème de l'intégration des primos-arrivants, relativement marginal en Wallonie.

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