Horizon 2022 : mieux vaut tard que jamais
PASCAL LORENT
vendredi 27 janvier 2012, 08:33
Connaissez-vous la dernière ? Rudy Demotte (PS) veut doter la Wallonie d'un plan « Horizon 2022 ».
L'idée : réceptionner les nouvelles compétences et les utiliser au mieux, afin de ne pas être dépourvu quand la disette fédérale sera venue. Dans dix ans. Demain, quoi
Si la réflexion sur la gestion des compétences nouvelles est datée (elle a commencé fin août, lors d'un gouvernement wallon tenu à Bastogne), celle qui consiste à se doter d'objectifs chiffrés à atteindre d'ici à 2022, l'est moins. Et on n'empêchera pas les esprits chagrins de penser que, sans la sortie de Jean-Claude Marcourt sur la « déconstruction » de la Communauté française, les membres du gouvernement wallon ronronneraient encore en cette fin janvier.
Dans l'immédiat, le vainqueur politique de ces joutes entre régionalistes et communautaristes du PS, c'est indéniablement le ministre wallon de l'Economie. Ses prises de position, tranchées, ont suscité et ont alimenté la réflexion et la prise de conscience de l'urgence. Cela le renforce dans sa position de chef de file des régionalistes wallons.
Derrière, Demotte apparaît, malgré lui, comme un suiveur. Une position qui le condamne à réussir. S'il échoue, tout le monde retiendra que, récupérant le débat lancé par Marcourt, il n'est pas parvenu à le mener à bien. Par contre, si son initiative est couronnée de succès, le public aura vite oublié comment est né ce plan « Horizon 2022 ». Seul restera le nom de l'architecte.
Mais, en définitive, que l'initiative de Demotte vise à reprendre la main à Marcourt, cela n'a guère d'intérêt.
Cette réflexion, quel que soit son nom, est une nécessité pour la Wallonie. Et il importe également que Bruxelles s'interroge tout autant sur ce qu'elle fera, demain, de son autonomie accrue. Sur les priorités qu'elle se donne afin d'améliorer l'existence de sa population. Et sur les liens, puissants ou pas, qu'elle entend maintenir entre tous les francophones.
Car, au soir de 2021, quand le débit de la solidarité fédérale commencera à se réduire, aucun homme politique ne pourra invoquer le manque de temps ou de moyens
Cette réflexion, même un peu tardive, est donc la bienvenue. Car il n'est jamais trop tard pour bien faire. A condition de réussir, bien sûr.
Vos réactions
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dememe, En tout cas, ce modèle est inédit. Reviendrons-nous au polythéisme ou chacun aura sa propre religion, langue et point de vue sur les choses. De la science fiction???
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Lesaphir: Une autre approche sera un retour à une société plus solidaire et moins matérielle, avec remise à l'honneur du covoiturage, de la copropriéte, de la proximité, de l'entraide et du troc: pourquoi vendre mes tomates pour avoir de l'argent taxé dont le reste me servira à acheter un steak, au lieu d'échanger directement mes tomates contre un steak ? On va se rediriger vers des cellules familiales où dans de plus grande maisons on retrouvera plusieurs générations solidaires dans la gestion quotidienne des ressources.
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La seule manière actuelle de lutter contre la fusion totalitaire de la mondialisation est la réaction inverse: la régionalisation. Le risque est de poursuivre dans le voie du morcellement. Après les trois régions viendront les petites entités régionales, les principautés, les baronnies, les fiefs, les copropriété, les lieux d'habitation, les individus, les parties du corps (don d'organe) et bientôt les cellules. De l'humour. A voir. A un moment faut que cela s'arrête.
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Quand le loup n'y est pas... ... on danse dans le bois! Elio étant accaparé par ses responsabilités fédérales, les barons du PS se poussent et osent. En attendant une reprise en mains par le président faisant fonction? L'important est évidemment d'instaurer un débat et après la course au galop qu'a nécessité la formation du gouvernement Di Rupo I, se donner un horizon de réflexion à 10 ans n'est pas du luxe, tant les enjeux sont immenses. Verra-t-on enfin les politiques regarder plus loin que le prochain scrutin, que leur réélection, que leur petite carrière dans les hémicycles? Une génération nouvelle contemple actuellement un vide inquiétant. Espérons que ce vide ne sera pas comblé que de bonnes intentions.