Bekaert et le défi industriel européen

BEATRICE DELVAUX

vendredi 03 février 2012, 05:53

éDITORIALISTE EN CHEF

Un marché qui s'effondre en un rien de temps, une entreprise mondiale ancrée en Belgique qui doit s'adapter pour rester dans la course. Bekaert donnait hier l'illustration de l'extrême concurrence qui règne dans le monde économique et de la puissante volatilité des comportements de consommation dans un monde globalisé. La nouveauté, ici, réside surtout dans la rapidité croissante des effets de croissance ou de décroissance du marché, exigeant dès lors une capacité de réaction et d'adaptation quasi instantanée des entreprises, de leurs dirigeants et de leur personnel .

Il n'est apparemment pas question de pointer du doigt les coûts salariaux belges trop élevés pour Bekaert. Pas de problème de structure industrielle non plus. Cette entreprise a, à la manière d'Umicore, adapté ses productions aux évolutions des besoins et des technologies. Son fil métallique est devenu un fil à scier, indispensable pour les panneaux solaires qui étaient promis à un avenir… radieux.

Reste le choc de la disparition de 600 emplois, soit 22 % du personnel de Bekaert en Belgique, concentrés dans quelques zones de Flandre. Ce qui démontre hélas, contrairement à ce que soutiennent certains discours nationalistes, qu'on n'évite pas que le monde vienne frapper à la porte et qu'il n'y a pas de paradis protégé par la foi identitaire de quelques-uns.

Le choc Bekaert rappelle aussi deux autres éléments. Les Etats européens portent une responsabilité dans l'orientation et le développement de nouveaux créneaux industriels. Si l'on veut – et l'on doit – en Europe encourager les investissements dans les secteurs du développement durable, il ne faut pas, lorsqu'on fait des économies, couper dans les incitants qui soutiennent ces entreprises et ces consommations du futur.

Plus largement, l'Europe, menacée de marginalisation économique face à l'Inde, le Brésil, l'Indonésie... doit travailler à une politique industrielle. L'exemple Bekaert le prouve. Les entreprises doivent s'adapter, vite. Mais il est plus facile de supporter les chocs lorsqu'on compte plusieurs Bekaert sur son sol et qu'on donne aux travailleurs les armes pour assurer leur mobilité d'une entreprise et d'une technologie à l'autre.

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[8] un type dit le 04/02/2012, 07:53

Les incitants, se ne sont pas ces subsides protectionnistes illégaux dans une économie de marché ? Des trucs et ficelles qui doivent être réclamés aux entreprises sur décision européenne quand il est trop tard car les entreprises ont délocalisé ? Si on veut produire des richesses, il me semble qu'il vaut mieux financer la recherche dans les universités et breveter les résultats au nom de la communauté. Car les universités, ça ne déménage pas, ça appartient aux communautés, à l'état.

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[7] Labrador dit le 03/02/2012, 23:27

Oui, une politique industrielle, c'est notamment ce dont nous avons besoin pour maintenir notre activité et sauver notre système socio-économique. A condition que le politique étudie dans le détail les conditions actuelles du commerce international, aujourd'hui axé sur le "tout à l'export" avec les conséquences désastreuses que l'on connaît. Une révision du fonctionnement du marché est nécessaire, avec des règles équitables qui respectent, non seulement le facteur compétition, mais aussi les systèmes socio-économiques des différents pays et le développement durable.

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[6] marki dit le 03/02/2012, 16:19

incitants Madame Delvaux, Veuillez me dire ce qu'on a coupé comme incitants? Cette entreprise ne paie plus aucuns impôts depuis des années étant le gruyère fiscal mis en place par DR. Ses propriétaires sont la cinquième fortune de Belgique ! ! http://www.ptb.be/nieuws/artikel/etude-du-ptb-bekaert-les-chiffres-exacts-sur-une-colonne.html

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[5] vorisbian dit le 03/02/2012, 13:47

Ben voyons ! Bientôt, tout aura été détruit dans cette tornade mondialisante; alors sera-t-il encore temps de remettre l'HUMAIN au centre des préoccupations, car la seule vraie richesse d'une entreprise, comme d'autres structures, c'est là qu'elle est ! Le manager qui ne comprend pas cela aujourd'hui, est un mercenaire qui pratique la politique de la "terre brûlée", du one shot à outrance ! Bien mal lui en prend, lorsque le retour de manivelle viendra !

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[4] burbignol dit le 03/02/2012, 12:33

A jouer avec des disparités de salaires trop importantes on réalise que les dés sont pipés . En un certain temps on citait la Pologne avec des disparités de 1 a 5 ... sans compter d'autres pays avec des disparités plus grandes et bien entendu si en plus le marché s'effondre ... On peut écrire ce que l'on veut les entreprises vont aller où se trouvent les coûts les plus bas et le marché le plus rentable . Après cela n'allez pas reprocher aux travailleurs de chercher du travail qui disparait... sous les pieds ...

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