Le défi du PS : briser ses tabous !
BEATRICE DELVAUX
samedi 04 février 2012, 08:21
Editorialiste en chef
Voilà qui tombe bien. Le premier de nos tabous est le pouvoir omniprésent, multiforme, voire paralysant du Parti socialiste sur la Wallonie. On a souvent accusé le PS de refuser les évolutions nécessaires des structures, des politiques pour protéger les postes occupés leur nombre autant que leur importance , les prébendes, les scores électoraux mais aussi sur le fond, parce que les convictions du parti étaient en conflit ouvert avec les impératifs économiques. La dégressivité des allocations de chômage ou le suivi des chômeurs, régulièrement reconnus hors micro comme impératifs par les socialistes, n'ont évolué souvent que sous la pression du Nord. Même si aujourd'hui et depuis quelques années déjà, les choses sont en train de changer au sud du pays.
Le blog de la série Tabous
Choisissez le 13e tabou, on enquête pour vousLa ville de Charleroi reste hélas l'exemple de la manière dont le pouvoir tout-puissant, de longue durée et clientéliste fait du PS en Wallonie un parti qui paralyse, préférant quasi voir une ville sombrer que de prendre les décisions dures et urgentes qui s'imposent.
Guy Spitaels le disait récemment : 1) un parti qui reste trop longtemps au pouvoir, ce n'est pas sain ; 2) les hommes politiques wallons doivent oser une révolution mentale pour relever le défi de la fin des transferts.
Faire passer l'efficacité avant le clientélisme, supprimer les postes « fromages » pour concentrer les moyens sur les pôles qui dynamisent la région : c'est exactement ce que promettent les socialistes wallons qui s'expriment depuis notre révélation d'un plan « W » pour garantir le futur wallon. Marcourt, Giet, Demotte et Magnette hier : ils sont tous d'accord. Il faut simplifier, rationaliser, dynamiser.
Les réseaux d'enseignement, les invests, les intercommunales, les provinces, les administrations publiques, l'administration communale de Charleroi : ils vont y aller vraiment ? Serments d'ivrognes ? A vous de jouer, hommes politiques socialistes wallons qui promettez d'être les moteurs de cette révolution. Car sans les socialistes, aucun plan « W » ne pourra voir le jour . Mais aucun plan « W » ne réussira sans socialistes capables de briser leurs tabous.
Vos réactions
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Un article qui tente de toucher au fond du problème.... Mais toute la faute n'est pas " au politicien ", je pense que la compréhension Wallonne du devoir de citoyen est aussi à revoir. Dans la Rome antique, le citoyen était un statut que l'on prenait très au sérieux. C'était un statut respecté, durement acquis, un sujet de fierté, et il consacrait la fin de sa vie à participer au projet politique, pour juger et voter en connaissance de cause. Je pense qu'il est nécessaire de comprendre que voter n'a de sens que si l'on s'est impliqué, si l'on a fait l'expérience directe du produit que l'on demande pour la société. Sinon, on n'achète que des emballages vides et interchangeables, dont le contenu n'a pas de motivation profonde pour exister. Tel est aujourd'hui le cas. Le second problème est en effet le clientélisme : comprendre que " d'avoir ton rata " ou " te faire nommer capitaine d'un bateau ", n'est pas enviable si le bateau est en train de couler. Qu'alors il vaut mieux pour to[...]
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Il y a encore des progrès à faire sur le chemin de l'ouverture! Communales 2012: L'Avenir du 30 janvier rapporte les propos de Lacroix (PS Wanze): "J'ai envie de revenir pour travailler à ce qu'on puisse conforter notre majorité absolue", et le journal de capter les signes de la volonté de dès lors gérer la commune en tant que seuls maîtres à bord. Le règne sans partage reste bien l'adage du PS.
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Remarquable Edito qui se veut incisive, constructif et semble nous conforter dans le sentiment d'un retour à l'indépendance journalistique qui était si remarquable dans les années 50 ( cfr Pierre Davister, Yvon Toussaint, etc...Votre magnifique diagnostique est à rapprocher de ce que nous enseignait Le prof. Henri Janne grand sociologue, ancien Sénateur socialiste. Tout groupe idéologique qui s'institutionnalise finit par s'écarter de ses objectifs premiers et ne poursuivre que sa propre puissance. Tout comme vous, je rejoins les propos d'un autre grand Professeur socialiste de l'ULB " trop longtemps au pouvoir ce n'est pas sain".
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antony1961, Vous avez bien mis le doigt sur le problème. Pour qui voter? Je suis certaine que même Madame Delvaux n'a pas la réponse. Bah, votons pour une personnalité qui nous semble moins pervertie et tiendra ses promesses. La N-VA est déjà à exclure.
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Briser les tabous du PS ? Quand on voit Van Cau se féliciter, hier soir, de la mise en selle d'un de ses affidés au Conseil communal carolo, il y a de quoi se poser des questions...