L’intégration, le vrai tabou

BEATRICE DELVAUX

vendredi 10 février 2012, 05:53

Éditorialiste en chef

L’intégration est notre vrai tabou. Le sixième numéro de notre série touche « le » domaine où l’omerta règne en maître. Notre dossier le souligne : la Belgique ne produit aucun bilan de l’intégration, contrairement à l’Allemagne. Nos chiffres disent pourtant une réalité : un immigré sur trois est en échec solaire, un détenu sur trois est en séjour illégal et le taux de chômage des ressortissants de pays tiers dépasse le cap des 29 %.

Ces statistiques, aujourd’hui, pour les connaître, il faut les chercher : elles sont quasi interdites. Et il faut s’attendre, lorsqu’on les publie, à être soupçonné de vouloir nourrir la peur de l’étranger.

Les silences qui entourent cette problématique sont certes suscités par une angoisse – énorme face à un défi si complexe –, mais partent aussi d’une excellente intention : ne pas stigmatiser. Mais, cela s’avère être une très mauvaise idée. L’absence d’un véritable bilan, transparent et régulier empêche d’objectiver le problème, d’en prendre la mesure et donc de le résoudre et de prendre les bonnes décisions politiques.

C’est l’autre constat de notre dossier du jour : il n’y a pas en Belgique francophone de véritable politique d’intégration. Il y a des mesures prises, isolément, des décisions de compression à l’entrée, un arsenal de mesures qui ne sont pas appliquées ou le sont mal, mais il n’y a pas vraiment de gestion globale et stratégique de la problématique. Or l’intégration n’est pas « un mauvais moment » sur lequel il suffit de fermer les yeux. Nous avons été, nous sommes et nous serons une société métissée. Le cours de l’histoire humaine tisse cette réalité, délicate mais très riche, depuis la nuit des temps. Notre responsabilité est de la gérer, de l’accompagner.

Les solutions ne sont ni simples ni évidentes, mais elles existent et, si pas, sont à inventer. Ignorer la réalité, ne pas s’en emparer pleinement met notre cohésion sociale en danger. Dans nos grandes villes, en particulier à Bruxelles, les hommes politiques évoquent des « bombes sociales potentielles ». Ne les enfouissons plus sous des regards embarrassés, dégoupillons-les. Cela passe par des actions sur l’éducation, l’emploi, voire ces « contrats d’intégration » qu’évoque l’un de nos interlocuteurs.

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[30] Mon canard dit le 22/02/2012, 12:19

[29] J.S > La "non intégration" est un phénomène qui a commencé avec l'indépendance de la Belgique en 1830-1831 quand "certains" n'ont pas voulu s'intégrer au volet "culturel belge". Société des Nations ne fut fondée qu'en 1919 et à une époque où il leur était déjà loisible de se faire reconnaître en tant que peuple (ce qui ne les autorisent pas à nier l'existence des gens qui veulent se faire reconnaître en tant que "belge", majoritaires à l'époque) Les solutions sont simples et évidentes pour autant que l'on adopte une signification pré-définie du mot "intégration" ;En sociologie, l'intégration est un processus ethnologique durant lequel une personne initialement étrangère ou jugée comme telle devient membre (s'intègre) dans une communauté. ce qui comporte "asymétriquement" un volet "culturel" et un volet "économique".Le volet "culturel" impliquant que chaque individu choisisse librement son identité et qu'il soit interdit aux représentants légaux de choisir "arbitrairement"."punt"..

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[29] J.S dit le 11/02/2012, 12:04

Pour ne pas être influencé, je n'ai lu aucun commentaire. ceci étant écrit, où est courage de mettre un non sur ces fameux ressortissants; sous scolarisés, détenus et chômeurs, issus de ces pays "tiers" évoqués dans l'édito ci dessus. Toutes proportions gardées, l'intégration des italiens en sont temps fut une réussite totales, ce n'est pas notre premier ministre qui pourrait ma contredire. Les espagnols, les turcs, les polonais, les hongrois, les chinois, les vietnamiens, et la liste serait longues, de ces ressortissants étrangers dont l'intégration est aussi totale. Osons le dire, la non intégration c'est un phénomène nouveaux qui frappent surtout les "jeunes", même nés ici. Et si la "soit disant" crise économique mondiale y est pour quelque chose, je suis de ceux qui pense que qu'il faudrait dénoncer sans désemparer au plus vite certain versets coraniques et certain prêcheurs barbus bien connus même au sein de nos prisons...D'accord avec cet édito? oui mais à 80%...

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[28] Mon canard dit le 10/02/2012, 23:31

[25] Fun-en-Bulle> pas d'un goupille mais d'un détonateur. Et une bombe "tout court" ca a un détonateur et pas "une goupille". Les solutions sont simple, elles sont connues, mais une "certaine catégorie de personne" ne veut pas "pour des motifs peu louables" les appliquer. "point barre" Trouvez à qui profite le crime et vous saurez qui a vissé ce pu**** de détonateur à cette pu**** de bombe...

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[27] lesaphir dit le 10/02/2012, 21:42

Fun-en-Bulle, je ne vous avais pas lu...

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[26] lesaphir dit le 10/02/2012, 21:39

"Ne les enfouissons plus (les bombes sociales) sous des regards embarrassés, dégoupillons-les. Cela passe par des actions sur l'éducation, l'emploi, voire ces " contrats d'intégration " qu'évoque l'un de nos interlocuteurs." Madame Delvaux est-elle encore consciente de ce qu'elle écrit: peut-être voulait-elle écrire "désamorcer". Lapsus calami!!! Quant aux contrat d'intégration dans le contexte actuel, c'est demander à une cuisinière de réussir son clafoutis alors que sa maison est en feu.

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