Un nouvel habit, mais un même Nicolas Sarkozy

JOELLE MESKENS

jeudi 16 février 2012, 05:44

Nicolas Sarkozy est donc candidat. Tant mieux.

Depuis des semaines, le vrai-faux suspense entretenu autour de son entrée en lice pour la présidentielle ne confinait pas seulement au ridicule. Il frisait aussi l'indécence. Que cette affaire de pure communication (la façon de se déclarer) squatte la « une » des médias alors que la France, comme toute l'Europe, est en crise n'était pas fait pour redorer l'image de la politique. Comme si rien n'était plus important aux yeux des chômeurs, des mal-logés et de ceux qui ont du mal à nouer leurs fins de mois que le choix de l'heure « h » pour dire le fameux petit « oui » auquel tout le monde s'attendait depuis cinq ans ! Le « top départ » enfin donné, la campagne va pouvoir entrer dans le vif du sujet…

Le slogan est trouvé : ce sera la force. Et l'axe principal de son combat, la protection. Mais des idées, Nicolas Sarkozy n'en a pas dévoilé plus sur TF1 que lors de son interview au Figaro Magazine le week-end dernier où il s'en prenait à l'assistanat et à l'immigration. Il envisage de recourir au référendum pour lever les blocages de la société. Un éloge du peuple parfaitement assumé. L'orientation n'est pas sans rappeler une mesure fétiche du programme du Front national. Cinq ans plus tard, Nicolas Sarkozy n'a donc pas changé même s'il promet qu'un second quinquennat

serait différent du premier. Il continue de croire que la seule chance de l'emporter face à François Hollande consiste à faire campagne à la droite de la droite. La tactique reste risquée. L'actuel président fait le pari que Marine Le Pen ne passera pas la barre du premier tour et qu'il lui faut donc dès à présent rabattre ses voix dans l'optique du deuxième. Mais si la candidate du FN ne semble pas aujourd'hui en mesure de renouveler l'exploit de son père en 2002, qui peut dire ce qu'il adviendra dans deux mois lorsque les électeurs auront été abreuvés de sa rhétorique ? Ne préféreront-ils pas l'original à la copie ? Nicolas Sarkozy joue une nouvelle fois les apprentis sorciers alors que le discours de l'extrême droite ne cesse de se banaliser. S'il est vraiment le bouclier protecteur de la France, il lui faut se poser en défenseur de ses valeurs et ne pas les sacrifier sur l'autel d'un pur calcul électoral.

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[7] SittingBull dit le 18/02/2012, 16:56

En se mettant aux ordres de Merkel et de l'oligarchie financière, SARKO participe pleinement à la destruction de l'économie de la zone euro et à la mise sous tutelle progressive des Etats-nations au bénéfice de la finance privée. nous sommes à un moment-charnière historique. Sarko n'est pas fou. Seul compte son horizon politique personnel. Il se prépare déjà au résultat mécanique et prévisible d'une grande récession économique : la montée massive du vote d'extrême-droite. LeSoir ferait mieux de donner les clés de lecture de cette infâmie, plutôt que de parler du baiser de Carla ou des pistes de ski belges. Que la presse se réveille et vite!

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[6] BruxellesdanslaRue dit le 16/02/2012, 10:09

Comme disait Castoriadis en des mots semblables: "La conquête du pouvoir et l'exercice du pouvoir sont deux activités différentes, qui requièrent des compétences très différentes. Il n'est pas courant qu'un homme domine les deux disciplines". A l'heure actuelle, les appareils politiques nationaux et internationaux ont perdu tout contrôle sur l'économie et la finance. C'est le résultat d'un programme qui (re)commence après la guerre lorsque l'ONU se voit adjoindre le FMI et la BM comme bras financiers (sous contrôle US). Aujourd'hui, on assiste à une apogée du système bancaire, véritable structure décisionnelle parasitant les structures politiques (Clearstream, paradis fiscaux etc.) Il s'ensuit nécessairement que les présidents de nos démocraties sont des fantoches qui subissent ce système et en profitent un peu (tels les CEO des multinationales). Les personnalités qui "conquièrent le pouvoir" seront préférées à celles qui "exercent le pouvoir". Sarkozy est idéal... mais impopulaire.

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[5] mazeltov dit le 16/02/2012, 09:18

Madame Meskens, j'attends avec impatience votre édito de demain vendredi concernant la prestation de F.Hollande dans le JT de ce soir sur TF1. Y parlera-t-il enfin de sa vision concernant les enjeux économiques , sociaux et financiers de la France ? Ou aura-t-on encore droit à une gestuelle stérile ponctuée d'hésitations verbales ? Cela devient préoccupant dans le chef de quelqu'un qui veut diriger une puissance mondiale

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[4] Apostate dit le 16/02/2012, 09:18

Il n'y a pas que sur l'immigration/sécurité que Sarko tient le même discours que Marine. Economiquement, il a fait la même chose: plus de taxes, plus de protectionnisme, plus de plans de relance keynésiens. Moins de liberté personnelle. Pour quelqu'un que ses opposants traitent de ultralibéral... Sarko ou le socialisme de droite

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[3] bobajo33 dit le 16/02/2012, 09:07

Enfin, un bon éditorial (chiche que cette fois je ne serai pas censuré!). Merci de respecter les sans-logis, les sdf, tous les pauvres, victimes de la Finance. Ce ne sont pas des assistés à mépriser. Ce sont les autres qui sont les assistés puisqu'ils vivent de l'argent de l'Etat!

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