Indexation, impôt : stop aux tabous
BEATRICE DELVAUX
vendredi 17 février 2012, 06:20
Editorialiste en chef
Et si on arrêtait l’infantilisation sur l’indexation, créée par les partis au gouvernement qui se tirent tout seuls une balle médiatique et politique dans le pied ? Entre ceux qui disent qu’il faut toucher à l’indexation et ceux qui disent que c’est interdit, on ne fait pas avancer le dossier, on joue juste des rapports de force.
Les deux camps défendent des convictions, légitimes et argumentées. Mais ce duel ne sert pas la clarté dont les citoyens ont pourtant un terrible besoin.
Tout problème mérite d’être objectivé et l’analyse de l’indexation ne peut pas être un tabou. A-t-on si peur de défendre ses convictions dans une discussion gouvernementale ? Ou de ne pas être créatif pour trouver d’éventuelles alternatives pour régler nos problèmes de compétitivité ?
Le rapport de la Banque nationale, même dans sa mouture intermédiaire, vaut lecture. Nous l’avons consulté : c’est une contribution très intéressante à la réflexion gouvernementale. Il balise le problème et propose une piste certes, mais c’est encore au politique d’en faire ce qu’il veut.
Le mécanisme d’indexation belge ne mérite pas la caricature qu’on en fait en Belgique ou en Europe. Il n’est pas destiné par essence à la poubelle. Tout comme le dérapage des salaires actuel n’est pas la catastrophe absolue. Mais la Belgique a deux problèmes : 1) le niveau des prix de l’énergie, liés notamment à un manque de concurrence sur notre marché ; 2) une concomitance de la hausse des salaires avec un dérapage de notre productivité, deux éléments qui, couplés, sont mortels pour l’emploi.
Que ce soit en bougeant ou pas, à la marge ou non, à l’indexation, une solution doit être trouvée. Mais pas les yeux fermés ou les poings levés.
Le même raisonnement vaut pour l’instauration d’un impôt minimal, proposée ce matin dans Le Soir par Laurette Onkelinx. Sa solution n’est peut-être pas la bonne mais le problème qu’elle pose, exige une correction urgente. Car il n’est pas normal que nombre d’entreprises, par le cumul d’échappatoires fiscales, ne payent pas d’impôt.
L’heure est aux solutions, plus aux tabous, qu’ils soient de gauche (l’indexation) ou de droite (les impôts).
Vos réactions
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bon edito Vrai, mais pourquoi ne pas s'attaquer aussi à la gabegie des pouvoirs publics. Je suis d'accord de payer beaucoup d'impôt si l'argent est bien employé. Quand le Soir fera-t-il une enquête sur les dépenses inutiles : à quoi servent les provinces, pourquoi tant d'intercommunales, pourquoi tous ces parastataux en Wallonie, pourquoi le nombre de fonctionnaires a-t-il augmenté de 200.000 unités en 10 ans, pour quoi faire ?Qu'en est-il du cumul des mandats ? Est-il normal que le 1er ministre veuille cumuler son poste avec celui de bourgmestre de Mons (et il reste de fait président du PS)?
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Madame Delvaux quand vous écrivez Mais pas les yeux fermés ou les poings levés ,pas plus avec un clavier ordinateur
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Bonjour à vous et à tous. D'accord avec vous mais vous restez enfermée dans la question binaire J'ai une question: A quoi servent les impôts en Belgique ? Comme partout ailleurs pour payer le fonctionnement de l'état et donc pour le bien-être de la collectivité. Le bien-être passe par de l'équipement, routes, hôpitaux, écoles, aménagements urbains et du service, personnel de justice, de police, de gestion, d'écriture etc. Ce que je remarque c'est que le poste personnel coûte tellement cher qu'il absorbe les fonds nécessaires pour l'équipement. Donc notre gouvernement investi un maximum d'argent pour donner du travail à des gens qui ne pourront jamais réaliser leurs tâches faute de moyen matériels. La presque totalité des écoles sont en ruine et doivent être isolées car énergétivores. Là il y aura une économie de chauffage et cela permettra de diminuer l'impôt.
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pas touche a l'indexation ça ferait plus de mal que de bien... En conclusion, toucher à l'indexation automatique, c'est prendre le risque de porter atteinte à la demande intérieure et de fragiliser non seulement le pouvoir d'achat des ménages mais aussi une partie importante de notre tissu économique. En effet, certains secteurs économiques sont particulièrement dépendants de la demande intérieure (horeca, alimentation, détail, etc.). Faire baisser le pouvoir d'achat des ménages, c'est d'une certaine façon toucher au petit commerce et aux métiers du quotidien.
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économie des ministres Dotation aux partis se divise en deux parties : un montant forfaitaire de 125.000 Euros (5 millions BEF), indexée ; un montant variable de 1,25 Euros (50 BEF) par vote valable en sa faveur lors des élections à la Chambre et au Sénat. Voila une économie!!!!!!!!!!!!!