
MARTINE VANDEMEULEBROUCKE
lundi 06 août 2007, 21:13
Belga
Les négociations sur le volet institutionnel patinent. Et du coup, les propos de certains négociateurs dérapent. Les déclarations fracassantes de Bart De Wever, dans la Libre Belgique, qui menace de faire aboutir les réformes de l'Etat avec le seul appui des partis flamands ont plombé le climat. Et l'échec des discussions sur la participation des Régions aux organes de gestion de la SNCB n'a rien arrangé. « On va vers la crise », a annoncé le président du VLD Bart Somers. Le formateur Yves Leterme estime que la réaction des francophones est « à courte vue ».
Les Flamands voudraient pouvoir conclure avec la SNCB des contrats de gestion complémentaires pour réaliser des projets de développement de l'infrastructure et de la grille des trains qui ne sont pas dans le plan fédéral de la SNCB. Les francophones craignent un développement du rail à deux vitesses. Une rapide payée par la Flandre et un développement de tortillard pour la Wallonie. La SNCB a occupé quasi tout le temps des négociations matinales. La fameuse liste complémentaire annoncée par les Flamands n'a toujours pas été communiquée aux francophones. « C'est un mystère complet. Personne ne l'a vue », disent MR et CDH. Il est vrai que la note Leterme sur les réformes de l'Etat n'a toujours pas été vidée de son contenu. ll reste deux points à l'ordre du jour (de mercredi ?) dont la cogestion avec les Communautés des établissements scientifiques et culturels fédéraux. Ce sera non aussi. « En fait, il n'y a pratiquement aucun accord sur le volet institutionnel », reconnaît un négociateur francophone.
« Les francophones ne font preuve d'aucune ouverture, accuse un négociateur flamand. Cela finira mal ». Les francophones perçoivent aussi un durcissement dans les négociations et ils l'expliquent par la surenchère communautaire à laquelle se livrent CD&V et VLD dans la presse flamande. « Il y a un tiraillement entre les deux partis, analyse-t-on du côté MR. Le VLD a durci ses positions ». Effet de domino ? Ces pressions commencent à crisper les francophones. « Cela pousse à devenir plus intransigeant », reconnaît-on au CDH.
Bref, c'est le dialogue de sourds. Y compris sur la méthode. Les partis francophones discutent de la faisabilité des réformes proposées par Leterme et notamment de la possibilité de les adopter à la majorité simple « mais les partis flamands ne réagissent pas ». « Parce que cela ne nous intéresse pas du tout, dit un négociateur flamand. Ce que nous attendons, c'est un signal politique en faveur d'un transfert des compétences de l'Etat »
Entre francophones par contre, l'entente est bonne. Les deux partis font bloc sur le terrain institutionnel mais lorsque l'on quitte celui-ci, les divergences idéologiques surgissent. Sur le terrain de la justice, de l'immigration et de la politique économique par exemple, le CDH se sent très seul face à des partis qui se situent nettement plus à droite. L'Orange bleue est décidément un produit très complexe.
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