Arrêtons la guerre aux sans-papiers : régularisons !

mardi 17 mars 2009, 08:43

Le Comité des universités et des hautes écoles belges pour le soutien aux sans-papiers (*)

L’accord de gouvernement conclu le 18 mars 2008 prévoyait une régularisation des sans-papiers en définissant diverses modalités de son application (régularisation pour procédure d’asile anormalement longue, en cas d’ancrages locaux durables et d’offre de travail effective). Cette déclaration annonçait une nouvelle politique en matière de séjour des étrangers qui devait permettre aux personnes coincées dans un statut de non-existence juridique et sociale de sortir de la vie clandestine.

La non-décision politique a conduit des sans-papiers à entreprendre des grèves de la faim et, au cœur de l’été 2008, à initier des actions plus dangereuses encore, comme celles de s’installer au sommet de grues. L’intervention de nombreux acteurs (associatifs, syndicaux, etc.) a permis de limiter le recours à ces actions désespérées.

Le temps passe et le gouvernement n’agit pas. Plusieurs centaines de « sans-papiers » occupent actuellement des locaux dans la plupart des universités. Ils entendent ainsi faire valoir publiquement leur droit à un séjour régulier. Ces actions tentent pacifiquement de maintenir à l’agenda leurs revendications et de rappeler les promesses inscrites dans l’accord de gouvernement. Faute de drames humains spectaculaires aux heures de grande audience, ces actions sont actuellement peu présentes dans les médias. Du coup, elles ne semblent nullement presser le gouvernement. C’est pour ces raisons que certains s’engagent dans des grèves de la faim. Face à l’indifférence, ce type d’action leur paraît la seule susceptible de faire entrer dans l’espace politique des personnes qui ne sont ni des citoyens ni des sujets politiques. Cette arme du pauvre, perçue comme non démocratique par ceux qui ignorent leurs voix, n’est certes pas la plus légitime. Mais elle leur paraît la seule susceptible de les sortir de l’ombre. Ils mettent leur vie en danger, détériorent leur intégrité physique et mentale seulement pour que le gouvernement et la population prêtent attention à leur situation.

Au cours des dernières années, certains sans-papiers, grévistes ou non, ont obtenu des autorisations de séjour provisoires. Une fois le délai de 3 mois écoulé (parfois de 6 ou 9 mois), ils redeviennent à nouveau des sans-papiers. Et le carrousel se poursuit.

Ce blocage politique conduit à entretenir des situations qui se situent nettement en deçà du respect de la dignité humaine. La plupart des demandeurs d’asile arrivent en Belgique au terme d’un parcours périlleux, après avoir vécu des situations épouvantables de violences et de précarités. A leur égard, l’Etat n’est même plus à même d’appliquer sa propre législation. Des demandeurs d’asile errent dans les villes à défaut de places dans les Centres d’accueil prévus normalement pour les accueillir. De nombreux sans-papiers, potentiellement régularisables, vivent dans la clandestinité alors que d’autres se voient enfermés en vue d’une expulsion. Nombreux parmi eux travaillent dans notre pays, souvent dans des emplois dépréciés, notamment dans l’agriculture, les services domestiques et la construction. Peu à peu, les sans-papiers constituent un infra-marché du travail qui réunit les conditions de ce que l’anthropologue Emmanuel Terray appelle la « délocalisation sur place », c’est-à-dire l’instauration de conditions du tiers-monde dans notre propre société, celle du « premier monde ».

Dans leur vie quotidienne, les sans-papiers ne sont pas traités comme des sujets de droit. Leur statut relève de l’arbitraire. Nous ne parlons pas seulement de l’arbitraire des employeurs ou des propriétaires, c’est-à-dire de personnes privées. Nous parlons aussi de l’arbitraire des institutions et des administrations, c’est-à-dire de l’Etat. Les sans-papiers sont en effet une création institutionnelle : ils n’existent en tant que tels que parce que l’Etat est en défaut (lenteur des procédures, règles incohérentes, peur d’une vraie politique d’accueil…). La complexité de l’existence conduit des personnes à perdre leur droit au séjour et à redevenir des sans-papiers. D’autres encore, arrivés clandestinement en Belgique, ne peuvent sortir de la clandestinité malgré de longues années de présence sur le marché de l’emploi de notre pays.

Plus largement, l’absence d’une politique d’immigration, claire et cohérente, nuit à l’action de l’État. L’incohérence de cette politique s’est particulièrement manifestée lors de l’expulsion de l’Equatorien Rothman Salazar en 2008 qui est revenu ensuite avec un permis d’étudiant.

Nous sommes écœurés des visées électoralistes qui accompagnent ouvertement la non-décision politique. Sous prétexte d’endiguer l’extrême droite, les partis appliquent désormais les politiques qu’ils prétendent vouloir empêcher. Nous refusons ce cynisme politique qui se banalise au détriment des plus vulnérables. Il menace un peu partout en Europe les fondements même de nos démocraties. La défense du sort des sans-papiers est aussi une défense de nos propres libertés. Il est temps d’arrêter la guerre aux sans-papiers.

Nous demandons aux hommes et aux femmes politiques qui s’engagent dans la campagne électorale de ne pas exploiter la situation de détresse des sans-papiers dans un sens xénophobe et de montrer aux électeurs qu’on peut traiter, de façon juste et sensible, des situations humainement complexes. Parce que trouver des solutions collectives qui respectent la dignité de chaque être humain est le propre de la politique en démocratie.

Nous demandons au gouvernement de prendre, au plus tôt, et avant les élections de juin, les mesures nécessaires pour sortir de l’impasse actuelle absolument indigne. Nous exigeons une politique de régularisation permanente fondée sur des critères clairs et généreux permettant de restaurer la sécurité juridique, la confiance dans le système démocratique et le respect de la dignité humaine. Des travaux et des réflexions universitaires existent en ce sens : ils sont à la disposition des dirigeants politiques.

(*) La liste des 529 signataires est disponible sur lesoir.be, dans la rubrique Débats – Cartes blanches.

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[33] hotwill31 envoyer un message personnel dit le 19/03/2009, 16:02


Turtelboom cela ne sonne pas très belge!Nous sommes tous des étrangers pour quelqu'un quelque part! Mde Turtelboom devrait y penser avant de s'endormir!Sa famille a dû connaître des problèmes de reconnaissance, de tolérance, de partage, de cruauté, d'indifférence,de violence, sa famille a dû connaitre l'absence du droit de vivre comme tout le monde,une identité sans cesse stigmatisée ...Madame Turtelboom ,je vous souhaite des nuits blanches quand vous penserez aux enfants et aux ados ,presque nés ici et que vous renvoyez dans leur pays d'origine où ils deviendront des "juifs" errants ...ou à ces mômes enfermés dans des "camps",comme des criminels...cela rappelle une bien triste époque ,non?Bonne nuit Madame Turtelboom.

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[32] lechat envoyer un message personnel dit le 19/03/2009, 13:10

CITATION(Tchiorny @ 17/03/2009, 12:50)
Toujours un facho de service pour venir polluer la discussion...
Moins il y en a, plus ils sont bruyants. Technique du roquet !
Enfin, si c'est leur seule façon d'exister, soyons indulgents.
Leur tendance naturelle à l'autodestruction fera le reste...

Il semble que la notion "illégaux" vous importe peu et que vous êtes de ces individus qui soutiennent l'illégalité .
Le jour où il n'y aura plus de soi-disant fachos comme vous dites pour travailler et payer des impôts afin de satisfaire vos petits protégés vous verrez ils disparaîtront d'eux-mêmes .
Je présume d'ailleurs que vous faites partie de ceux qui coûtent plus au système que ce qu'ils rapportent et qui veulent se noyer dans la masse de leurs congénères assistés sociaux,mais néanmoins jaloux !

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[31] lau1704 envoyer un message personnel dit le 19/03/2009, 12:59

Belle démocratie
Ces bons samaritains défenseurs de la liberté et de la démocratie ne précisent pas comment se sont déroulés les événements à l'ulb où des étudiants ont bloqué les accès à l'ulb en dehors des heures prévues à cet effet; ceux qui avaient le malheur de passer étaient sévérement bousculés, voire frappés... ambulance à l'appui. Les qq cours qui ont réussi à se faire ont vite été arrêtés par le déclenchement d'alarme incendie.. on voit rapidement les limites de leur vision de la démocratie!! Il faudrait une fois pour tte arrêter de lancer des signaux positifs à ces personnes que la Belgique est le CPAS du monde... Que ceux qui se joignent à leur cause prennent ces gens à 100% à leur charge...On paye assez dans ce pays pour des "parvenus" en tout genre

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[30] M-C B. envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 20:01

C'est curieux. Parce que la plupart des sans papiers sont déjà ici et travaillent depuis de très longues années. Mais pourquoi le VLD met-il un tel frein à la régularisation ? Est-ce parce que la majorité d'eux parlent le français et pourraient être comptés dans un référendum où les francophones deviendraient majoritaires dans ce pays ?

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[29] Davout envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 14:08

CITATION(Rich @ 18/03/2009, 13:38)
Pour votre gouverne, sachez que la MAJORITE des illégaux sont ici afin d'obtenir une source de financement, afin d'envoyer de l'argent au pays, ce qui est la PRIORITE.

Donc il viennent exclusivement afin de ponctionner le système social d'un pays tiers ?

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[28] HenriJMM envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 13:43

CITATION(Rich @ 18/03/2009, 13:38)
Ce qui est évident, HenriJMM, c'est que vous n'avez AUCUNE expérience de terrain. Vos arguments ne sont que ramassis de lieux communs plus dictés par des dogmes que par une connaissance de la réalité. Je vis avec une candidate réfugiée politique, qui quand elle n'a pas de missions en intérim, est entièrement à ma charge. Pour votre gouverne, sachez que la MAJORITE des illégaux sont ici afin d'obtenir une source de financement, afin d'envoyer de l'argent au pays, ce qui est la PRIORITE. Et le travail déclaré est bien la DERNIERE option envisagée. Il est bien plus facile de percevoir des allocations sociales et de travailler au noir EN PLUS. J'en connais une multitude de "régularisés", et y compris ceux qui pratiquent l'escroquerie au CPAS avec de FAUX enfants légitimes. Je vous signale que ma compagne, bilingue avec connaissance du néerlandais, forteme(...)

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[27] Rich envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 13:38

CITATION(HenriJMM @ 18/03/2009, 13:08)
>> Ce qui est évident, c'est que l'arbitraire qui règne actuellement (exclusion ou admission "à la tête du client") est bien plus susceptible de provoquer ce que vous stigmatiser que l'édiction d'une Circulaire clarifiant précisement les conditions.
C'est bien le flou qui provoque des entrées illégales "à tout hasard", pas la présence de règles claires et rapidement applicables.
Ce qui est évident, HenriJMM, c'est que vous n'avez AUCUNE expérience de terrain. Vos arguments ne sont que ramassis de lieux communs plus dictés par des dogmes que par une connaissance de la réalité. Je vis avec une candidate réfugiée politique, qui quand elle n'a pas de missions en intérim, est entièrement à ma charge. Pour votre gouverne, sachez que la MAJORITE des illégaux sont ici afin d'obtenir une source de financement, afin d'envoy(...)

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[26] Ivan envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 13:29

CITATION(HenriJMM @ 18/03/2009, 13:08)
>> Ce qui est évident, c'est que l'arbitraire qui règne actuellement (exclusion ou admission "à la tête du client") est bien plus susceptible de provoquer ce que vous stigmatiser que l'édiction d'une Circulaire clarifiant précisement les conditions.
C'est bien le flou qui provoque des entrées illégales "à tout hasard", pas la présence de règles claires et rapidement applicables.

Votre circulaire est une utopie.
Vous croyez vraiment que les illégaux qui ne répondent pas aux critères vont gentiment quitter le territoire ?
A propos,l'HORECA est le domaine qui connait le plus de faillites,et la construction est en pleine crise.
Et je pourrais en rajouter une couche en évoquant la situation financière catastrophique des organismes sociaux.

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[25] HenriJMM envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 13:08

CITATION(ABC @ 18/03/2009, 11:53)
Henri JMM
Seront régularisés "ceux qui ont un travail" ditez-vous ! Trés bien, d'accord. Et s'il le perde un an plus tard, vu la conjoncture ? Que fait-on ? Le chômage, le CPAS ? Pendant combien de temps ? Surtout si entre-temps il y a eu... regroupement familial évidemment (vous le avez bien) avec enfants scolarisés voire même en se dépéchant d'avoir un enfant sur le sol belge, etc... voyons Henri, soyons honnêtes, nous savosn trés bien que le principe clé de tout SPest de s'installer envers et contre tout, avec ou sans critères, avec ou contre la volonté du pays d'accueil, et je parle pas du citoyen ordinnaire (il plie ou il est un raciste, c'est vident !).


>> Ce qui est évident, c'est que l'arbitraire qui règne actuellement (exclusion ou admission "à la tête du client") est bien plus susceptible de p(...)

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[24] Davout envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 13:08

En fait, régulariser les illégaux est un excellent moyen d'attirer le lot suivant, probablement plus nombreux. En tout cas c'est le résultat obtenu par les espagnols. Donc en fait on ne résoud rien mais on perpétue et on amplifie le problème que l'on lègue ensuite nochalamment à la génération suivante. "Débrouillez vous avec et ... après moi les mouches."

Ce n'est pas une politique. C'est une démission.

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[23] kwisskwoss envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 13:01

Je propose ...
... que chaque manifestant qui se trouve actuellement devant la Bourse en train d'écouter de la zique et de siroter des bières au soleil, tout ça pour la cause des SP d'offrir sa candidature pour accueillir une famille de SP et de la prendre à sa charge. Si c'est ça qu'ils veulent, pourquoi les en priver.

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[22] ABC envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 11:53

Henri JMM
Seront régularisés "ceux qui ont un travail" ditez-vous ! Trés bien, d'accord. Et s'il le perde un an plus tard, vu la conjoncture ? Que fait-on ? Le chômage, le CPAS ? Pendant combien de temps ? Surtout si entre-temps il y a eu... regroupement familial évidemment (vous le avez bien) avec enfants scolarisés voire même en se dépéchant d'avoir un enfant sur le sol belge, etc... voyons Henri, soyons honnêtes, nous savosn trés bien que le principe clé de tout SPest de s'installer envers et contre tout, avec ou sans critères, avec ou contre la volonté du pays d'accueil, et je parle pas du citoyen ordinnaire (il plie ou il est un raciste, c'est vident !).

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[21] Pseudoderechange envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 11:52

Il y a 150.000 clandestins en Belgique. Régularisons-les et appliquons ensuite le regroupement familial. Deux ans plus tard, ce seront 450.000 personnes sans qualifications, ne parlant pas les langues du pays, donc dans la catégorie la moins propice au décrochage d'un job qui seront allocataires sociaux. Medames et Messieurs les bien-pensants, vous représentez un grave danger pour le pays.

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[20] ABC envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 11:49

HenriJMM
Si les critères étaient restrictifs et ne recouvraient pas TOUTES les situations vécues par les SP, si bien que certains ne soient pas régularisables, voire même la plupart ou beaucoup, il est EVIDENT que les collectifs de soutien poursuivront leur mouvement. Je n'imagine pas qu'un SP débouté puisse s'y résoudre. Donc ils s'y opposeront : "c'est la régularisation ou on continuent" et ils seront soutenus par les mêmes avocats, les mêmes collectifs... jusqu' à l'usure. C'ets sans issue. Et vous le savez bien.

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[19] Pseudoderechange envoyer un message personnel dit le 18/03/2009, 11:44

CITATION(Tchiorny @ 17/03/2009, 22:28)
Manifestement, vous ne connaissez pas le sujet ! Ni la Convention relative au statut des réfugiés (dite Convention de Genève), ni le Protocole relatif au statut des réfugiés ne stipulent que les papiers doivent être obtenus dans le pays d'origine. Prenez donc la peine de lire ces documents, ratifiés par la Belgique et 146 autres pays (certains n'adhérant qu'à la Convention ou au Protocole).


Connaissez-vous la différence entre un réfugié et un clandestin?

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