TECHNOLOGIES / L'explosion du trafic fait craindre un engorgement du réseau
Embouteillage en vue sur le Net
PHILIPPE DESALLE
jeudi 24 janvier 2008, 06:56
IMAGES, musique mais surtout vidéos La surcharge guette. Mais les opérateurs se veulent rassurants.
D. Rodenbach - Le Soir
Chaque jour, nous sommes des centaines de milliers à nous morfondre dans les embouteillages, à pester contre ces interminables bouchons. Vous espérez que les choses s'arrangent ? Désolé de vous décevoir, c'est plutôt l'inverse qui se passe. Car bientôt, les problèmes de trafic ne s'arrêteront plus lorsque, après avoir, d'un geste rageur, claqué la portière de la voiture, vous vous installerez enfin à votre bureau sous les regards culpabilisants des collègues et supérieurs (« C'est à cette heure-ci que tu arrives ? ») : vous ne quitterez des problèmes de circulation d'un certain type que pour en rencontrer d'un autre genre. Le syndrome du bouchon s'applique à tous les types d'artères. Et donc aussi, désormais, aux fameuses « autoroutes de l'information », autrement dit l'internet.
Nous sommes toujours plus nombreux à surfer sur l'internet, à échanger des messages électroniques, à acheter et télécharger de la musique en ligne, à afficher des photos sur un blog, à envoyer des séquences vidéo sur des sites comme YouTube, à participer à des jeux vidéo en ligne ou à devenir adeptes de la téléphonie sur IP (Skype).
Et ce n'est pas tout : alors que de nouveaux moyens d'accès à l'internet fleurissent (à commencer par les téléphones mobiles) et que de plus en plus de sites proposent déjà des programmes de télévision, c'est la diffusion de contenus en haute définition qui est maintenant à l'agenda. Et la HD, c'est un mastodonte. Un peu comme si on envoyait une ribambelle d'Airbus A380 dans un ciel déjà encombré par de petits, mais nombreux jets.
A elle seule, la haute définition va monopoliser une énorme partie de la bande passante. Car il n'y a pas que la télévision : avec la popularité croissante des caméscopes HD, on trouvera de plus en plus de contenus en haute définition sur le Net. Or, à ce stade, et avec des séquences en basse définition, YouTube représenterait déjà à lui seul près de 10 % de tout le trafic internet, selon une étude publiée en juin par Ellacoya. Et certains de prévoir que, d'ici trois ans à peine, les transmissions vidéo pourraient représenter jusqu'à 80, voire 90 % du trafic mondial.
L'augmentation du nombre d'internautes combinée à la multiplication des applications sur Internet ne peut que se traduire par une augmentation du trafic. Entre 2006 et 2010, il devrait croître de 80 % aux États-Unis et de 90 % à l'échelle mondiale, estime Robert J. Shapiro de la US Internet Industry Association. Mais les experts n'ont pas tous la même vision. Une étude réalisée par Cisco table quant à elle sur une croissance de près de 500 % entre 2006 et 2011.
Au point de saturer le réseau ? La situation pourrait varier de pays à pays. Pol Vanbiervliet, directeur général de Cisco Belux, confiait récemment à nos confrères du Morgen que « des goulots d'étranglement du réseau vont survenir. Quand on voit la croissance de la vidéo interactive, il faut que la Belgique adapte la vitesse et la taille du réseau d'ici trois ans ».
L'ancien directeur de Mobistar met ici en exergue une tendance du marché : le travail à domicile. Car comme la distance physique ne peut être un obstacle aux discussions et réunions, ces dernières prennent désormais de plus en plus souvent place devant une caméra. Mais ces systèmes de conférence vidéo, a fortiori si l'on veut bénéficier d'une résolution élevée, sont eux aussi de très voraces consommateurs de bande passante. « Il n'est pas trop tard, avertit Pol Vanbiervliet. Il n'existe pas encore de goulot d'étranglement aujourd'hui. Mais il est moins cinq »
« Il n'existe aucun souci de saturation au niveau du trafic sur notre réseau internet, réagit Haroun Fenaux, porte-parole de Belgacom. Nous adaptons continuellement nos capacités à la croissance naturelle des volumes. »
Tout irait-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Une étude du Nemertes Research Group ne le pense pas : « Nos conclusions indiquent que, même si la fibre optique et les ressources de commutation/routage évoluent normalement pour supporter virtuellement pratiquement toute demande concevable de l'utilisateur, l'infrastructure d'accès Internet, en particulier en Amérique du Nord, va probablement cesser d'être suffisante pour soutenir la demande dans les trois à cinq prochaines années. »
Et chez nous ? « Pas de panique », réagit en substance James Demaeght, country manager de Interoute. À la tête d'un vaste « backbone » européen un réseau souterrain de 54.000 km de fibres de verre qui traverse Europe de l'Ouest et de l'Est et qu'exploitent de nombreux fournisseurs d'accès locaux , l'entreprise ne voit pas de menace de saturation à l'horizon. « Notre réseau n'a été mis sur pied que vers 2002/2003, explique James Demaeght. Plus récentes et plus adaptées aux besoins d'aujourd'hui, nos installations resteront opérationnelles plus tard que celles d'autres (NDLR, la durée de vie d'une fibre optique se situe entre 15 et 20 ans) et notre backbone peut encore absorber pas mal de trafic supplémentaire. »
Même si les Belges devaient, massivement, succomber aux charmes du VDSL2 (réseau actuellement mis sur pied par Belgacom et qui devrait permettre des débits de 20 Mbps) ? « Nos infrastructures sont prêtes, affirme James Demaeght. Dans plusieurs autres pays européens, on est déjà passé à la technique FTTH (NDLR, « Fiber To The Home », technologie consistant à installer un accès en fibre de verre jusque chez l'abonné). Pour nous, ce ne serait pas un problème. Mais en bout de compte, il faudra se poser la vraie question : qui va payer, pour quoi et pour combien de temps. »
Le propos s'inscrit dans la tendance constatée ces derniers temps et qui voit une diminution importante du nombre de fournisseurs d'accès proposant des offres illimitées.
Il suffirait donc de payer pour faire sauter le bouchon. Reste à savoir si ce dernier existe vraiment. On l'a vu, plusieurs spécialistes affichent des idées différentes. Ils ne sont pas les seuls. Fin 2004, Hannu Kari, un éminent professeur finlandais, chercheur de l'Université de Technologie d'Helsinki connu pour ses travaux dans le domaine de l'Internet mobile, affirmait que le réseau cesserait d'exister en 2006.
mal renseigné! "Même si les Belges devaient, massivement, succomber aux charmes du VDSL2 (réseau actuellement mis sur pied par Belgacom et qui devrait permettre des débits de 20 Mbps) ?" L'adsl2+ permet déjà cette vitesse et est déjà proposée par d'autre FAI bien moins cher...
Com d(Hab, BELGACOM pas de Prob's, a vous de croire cette SOCIETE !!!!! « Il n'existe aucun souci de saturation au niveau du trafic sur notre réseau internet, réagit Haroun Fenaux, porte-parole de Belgacom. Nous adaptons continuellement nos capacités à la croissance naturelle des volumes. »
On oublie de dire une chos qui à mon avis est assez importante: la proportion du P2P dans la bande passante occupe 90% du traffic. Ça m'étonnerait que la video, même en HD fasse changer la donne. Pour Skype, à la base la VoIP ne servait pas que pour communiquer de pc à pc. Ce service offre tout de même le meilleur rendu de son et video pour la VoIP. Seul iChat peut rivaliser dans la qualité. C'est vrai qu'il y a d'autres services: Wengo, ekiga,...
Eaglestorm En Belgique il y a de la fibre optique....mais pour les caméras de surveillance installées dans nos villes.BIG BROTHER ne risque pas d'être saturé queston images.
Pourquoi associer Skype à la VOIP [...] téléphonie sur IP (Skype). Skype n'est pas la seule sompagnie à proposer ce service. De plus il est plus cher que d'autres. Pourquoi donc cette publicité gratuite?
tuut tuuuuuuuuuuuut -"Hey la grosse vidéo... t'avances ? j'ai une livraison de photos à faire et j'ai une série de Spam qui me colle au train et qui semble pressé..."-"Si t'es pas content, passe par la fibre optique !!"-"On est en BELGIQUE... y'a pas de fibre optique !! déjà qu'on a les plus mauvaises routes de toute l'Europe quasiment"