
STAGIAIRE
mardi 18 août 2009, 09:30
Photo : D.R.
A défaut de pouvoir profiter du Reader de Sony ou du Kindle d'Amazon qui ne sont pas encore disponibles ici, les Belges peuvent se rabattre sur leur smartphone pour savourer leur e-book préféré. Mais encore faut-il trouver une banque de livres électroniques bien étoffée et compatible avec son portable. Une alternative ? La bibliothèque numérique.
Plusieurs librairies en ligne offrent un choix bien garni de e-books, mais fonctionnent souvent avec un périphérique spécial. Ainsi les livres disponibles sur Amazon, par exemple, ne peuvent être lus que par le Kindle. Le principe de bibliothèque numérique offre alors une alternative aux lecteurs avides de e-books qui ne possèdent pas de lecteur spécifique.
En Europe, la principale sinon l'unique bibliothèque virtuelle demeure Cyberlibris, dont les bureaux sont basés à Paris. Toutes catégories confondues, elle compte 15.000 titres. Le chiffre risque par ailleurs d'exploser avant la fin de l'année car la bibliothèque a un tout nouveau partenaire : Roularta. Les livres et les magazines chapeautés par le groupe belge viendront donc bientôt gonfler sa collection. La bibliothèque travaille aussi à s'élargir au marché espagnol.
Le principe de Cyberlibris est plutôt simple. L'inscription se fait en ligne et le prix est fixé en fonction du nombre de sections auxquelles on souhaite accéder. L'abonnement aux livres d'arts et lettres, par exemple, coûte 1,49 euro par mois. Si le lecteur souhaite alors ajouter les titres classés religions, spiritualité et philosophie à son forfait, il doit compter 1,49 euro supplémentaire. Il a ensuite accès, de manière illimitée, au contenu des sections auxquelles il est abonné et il peut faire imprimer tous les livres qui s'y trouvent. Une autre différence avec les librairies en ligne : on ne paie pas chaque titre à l'unité.
Les livres électroniques de Cyberlibris peuvent être consultés directement sur l'ordinateur, mais il est aussi possible de les télécharger sur son iPhone. « On fait la promesse que les livres s'affichent parfaitement sur iPhone, mais ils peuvent fonctionner avec d'autres marques de téléphone. Seulement, d'un appareil à l'autre, la résolution peut changer », prévient Eric Briys, un des cofondateurs de la bibliothèque.
Attention. Les abonnés en quête de romans seront sans doute déçus par le choix littéraire de Cyberlibris. La bibliothèque travaille à étoffer sa collection, mais le passé pédagogique de l'entreprise déteint encore. Les amateurs de classiques littéraires ont avantage à profiter des sites Internet qui offrent gratuitement, en format numérique, les livres passés au domaine public.
À ses débuts en 2001, Cyberlibris interpelle uniquement un public universitaire. Eric Briys souhaite à l'époque que les étudiants en commerce puissent travailler avec plusieurs manuels et non plus un seul. « Nous avons dû convaincre les éditeurs qu'internet n'est pas synonyme de pillage. » Au contraire, selon M. Briys, la bibliothèque en ligne a permis de résoudre le problème des photocopies illégales. « Les étudiants photocopiaient les manuels au lieu de les acheter. Les éditeurs ne touchaient évidemment rien à ce moment-là ».
Aujourd'hui, la bibliothèque offre toujours des livres destinés aux universités comme l'école de commerce Slovay, mais ce n'est plus sa seule vocation. Cuisine, philosophie et autres ont maintenant leur place sur les rayons virtuels. « On est en train d'étoffer le côté littérature et on travaille aussi avec des éditions spécialisées en bande dessinée », ajoute Eric Briys.
Il avoue cependant que les éditeurs de bandes dessinées sont encore frileux à l'idée de participer à une bibliothèque numérique comme Cyberlibris. « De grosses maisons d'édition nous ont consultés, mais ils hésitent encore. » Selon lui, plusieurs éditeurs de BD pensent détenir un catalogue assez large pour créer leur propre banque numérique. « Avec internet, ils ont développé le fantasme de toucher directement le lecteur, sans intermédiaire. Pourtant, personne n'irait dans une librairie qui ne vendrait qu'une seule maison d'édition », explique Eric Briys.
Cyberlibris, au contraire, dit favoriser l'interaction entre les contenus et les lecteurs. La bibliothèque explique qu'elle profite du numérique pour faire interagir ses abonnés. Les lecteurs peuvent ainsi laisser des commentaires, associer un nouveau mot-clé au livre, suggérer des listes de lecture et même savoir qui lit le même livre en même temps.
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