La presse belge retrouve Google

JENNOTTE,ALAIN

L e Soir est à nouveau à portée de clic sur Google ! Depuis jeudi, et après plus de sept mois d'absence, les quotidiens francophones ont retrouvé le chemin du référencement sur le plus populaire des moteurs de recherche.

En raison d'un litige qui l'opposait à Copiepresse, la fédération qui gère les droits de ces éditeurs, Google avait décidé de boycotter leurs pages web en septembre dernier.

Les éditeurs francophones avaient cité Google en justice durant l'été dernier parce qu'il conservait en copie sur ses serveurs des articles complets qui avaient déjà disparu de leurs propres sites web ou étaient devenus payants. Ils lui reprochaient aussi d'utiliser leurs textes et leurs photos à des fins éditoriales sur son portail d'actualité Google News, en contravention avec le droit d'auteur.

Jeudi, les articles du Soir et de ses concurrents ont peu à peu retrouvé leur place sur les pages du géant californien. Mais ils n'apparaîtront plus en cache et resteront momentanément absents de Google News.

Car ce geste de bonne volonté de Google marque avant tout la reprise des négociations entre le moteur de recherche et les éditeurs. Le noeud du problème, c'est justement de trouver un modèle économique viable pour l'utilisation des contenus des quotidiens sur Google News et leur éventuel archivage en cache.

Un problème ardu. Car si Google doit casser sa tirelire pour rémunérer chaque quotidien ou chaque blog en ligne dont il utilise le contenu, même son impressionnant trésor de guerre n'y suffira pas. On peut donc s'attendre à ce que Google tente d'entraîner les éditeurs francophones sur le terrain des partenariats commerciaux plutôt que d'accepter de leur payer des droits d'auteur pour chaque article utilisé. Une stratégie récemment utilisée pour les agences de presse comme AP et l'AFP ou avec des « majors » dont les contenus audiovisuels sont disponibles sur son site YouTube.

Leader absolu de la publicité en ligne, Google ne manque pas d'atouts à faire miroiter à des journaux plus soucieux que jamais de développer des stratégies de complémentarité entre leurs éditions imprimées et leurs sites web. En cas d'échec, il lui resterait alors la possibilité d'aller en appel de la décision du tribunal bruxellois.

*

Capture d'cran

?

recevoir la newsletter quotidienne gratuite