LEAD Bras de fer entre l'opéra milanais la Scala et une danseuse étoile
jeudi 09 février 2012, 10:49
jeudi 09 février 2012, 10:49
Dans un communiqué, le corps de ballet a affirmé regretter ce licenciement, tout en indiquant "qu'il ne peut soutenir une campagne contre le théâtre et le monde de la danse en général que nous ne partageons pas et dont nous nous sentons les victimes".
Mariafrancesca Garritano, danseuse soliste de La Scala, a été licenciée il y a 10 jours "en raison de déclarations nombreuses et répétées" portant préjudice "à l'image du théâtre et de son école de ballet", a souligné La Scala.
Dans une interview au quotidien milanais Il Corriere della Sera, samedi dernier, la danseuse qui a publié il y a un an un livre sur son histoire et le drame de l'anorexie, explique qu'elle "ne voulait pas se faire de la publicité".
"Au contraire, j'ai révélé des épisodes qui ont fait partie de ma vie et j'aurais voulu que cela serve aux autres jeunes filles pour ne pas les faire tomber dans le cauchemar de l'anorexie ou de la boulimie", précise-t-elle.
"Quand j'étais à l'école de danse, beaucoup de filles, moi comprise, n'avions plus nos règles à cause des régimes punitifs que nous nous imposions. Nous nous contentions d'un fruit et d'un yaourt par jour, en puisant dans l'adrénaline pour arriver jusqu'à la fin des entraînements", raconte-t-elle encore.
Dans un entretien accordé en décembre au magazine britannique The Observer, la danseuse avait été plus loin accusant La Scala de pousser ses danseuses à se nourrir le moins possible.
La danseuse y déclarait qu'au sein du corps de ballet du célèbre théâtre milanais, "une fille sur cinq est anorexique" et que "la grande majorité, soit 7 sur 10, n'ont plus leur cycle menstruel", tout en précisant qu'entre elles, "les danseuses rivalisent non seulement pour être la meilleure sur scène, mais aussi à qui mangera le moins".
"Tout ceci est faux mais aussi pénalisant pour l'image de la compagnie et de ses danseuses", s'est insurgé le corps de ballet dans son communiqué, en dénonçant "une grave désinformation autour de toute cette affaire".
"Mariafrancesca Garritano décrit une histoire personnelle qu'elle a vécu il y a quinze ans, en laissant entendre que la situation du théâtre est restée la même aujourd'hui. Ce qu'elle dit ne correspond pas à la réalité ", a renchéri un porte-parole du théâtre, en indiquant que "la gestion du corps de ballet a totalement changé depuis six ans".
"Si elle avait été à l'Opéra de Paris, elle aurait été licenciée sur le champ. Depuis plus d'un mois, nous l'avons rappelée à l'ordre mais elle n'a cessé de répéter des accusations complètement fausses", a déploré le porte-parole pour justifier le limogeage de la danseuse. Selon lui, La Scala réfléchit à des poursuites pour diffamation contre Mme Garritano.
Les élèves de l'école sont suivis médicalement et psychologiquement par des spécialistes et envoyés chez un diététicien dès que les enseignants remarquent un problème lié à la nutrition, a encore indiqué le corps de ballet.
S'il n'y a pas de présence fixe d'un diététicien au sein de l'Académie de La Scala, c'est parce que "sur ces six dernières années il n'y a jamais eu de cas critiques" d'anorexie, a encore indiqué le corps de ballet.