Fatima Lopes en noir et blanc, Aganovich voit la vie en bleu
Rédaction en ligne
mardi 01 mars 2011, 20:45
Le coup d’envoi des présentations pour le prêt-à-porter parisien de l’automne-hiver prochain a donné lieu à Paris à un jeu subtil des couleurs entre une palette en bichromie chez Fatima Lopes, quand le bleu régnait en maître chez Aganovich.
Fatimas Lopes, EPA
Habituellement fiévreuse et pleine de promesses, cette première journée a également été celle d’un état de sidération, après l’annonce mardi de la procédure de licenciement par la maison Dior lancée contre son directeur artistique John Galliano, accusé d’avoir proféré des injures à caractère antisémite et racial dans un bar branché de la capitale.
En fin de journée, ni le défilé Dior, prévu vendredi, ni celui de John Galliano pour sa propre marque, prévu dimanche, n’étaient retirés du calendrier officiel.
Sur les podiums, donnant le coup d’envoi de la semaine, Fatima Lopes a présenté un vestiaire tout en noir et blanc, ne s’autorisant une touche de couleur, le vert émeraude, que pour une robe sirène de mousseline au buste de paillettes.
Jouant les oppositions ou la complémentarité, la créatrice portugaise a travaillé sa collection grâce aux effets graphiques que permettent le noir et blanc. « Deux couleurs qui s’affrontent comme sur un échiquier, comme le bien et le mal », dit-elle.
Cette dualité permet à la lumière de sculpter les blancs de différentes nuances allant pour les plus mats d’entre eux vers le blanc cassé -sur une robe de cuir aux épaules travaillée en tubes- jusqu’à l’écru grâce à l’application de fourrure.
Des pois, des rayures ou des zébrés s’invitent ça et là pour des effets optiques et ajoutent à la ligne futuriste régulièrement défendue par la styliste. Pour le soir, Fatima Lopes joue en revanche la carte unique du noir. Quelques robes sirène de mousseline sont ornées de motifs découpés verticalement de dentelle et guipure décrivant de grands « S », et laissent ainsi apparaître une autre nuance de blanc, celle d’une peau d’albâtre…
Pour leur marque Aganovich, Nana Aganovich et son alter ego Brooke Taylor ont décidé de voir l’automne/hiver prochain en bleu, ou plutôt à travers les bleus, tous les bleus. Partant du principe où cette teinte est l’une de celles qui offrent le plus de nuances du cercle chromatique, les duettistes en font un festival.
Bleu denim pour une robe blouse aux coutures surpiquées, bleu roi pour des ensembles veste-pantalon à la taille étroite, ou encore bleu nuit profond pour des robes du soir nées d’un savant montage de plusieurs morceaux en patchwork : tout et dit. Un camaïeu de bleus qui sied à la silhouette dont la structure est à la fois douce et architecturale.
Ce qui n’empêche nullement l’originalité. Celle-ci se décline à travers des mélanges de matières travaillées en couches superposées. La grosse maille d’un top sans manche fait bon ménage avec l’aspect satiné d’une veste. Une toile denim se marie avec un velours moiré et de doux daims brossés sont appliqués sur des tissus techniques, chers aux créateurs, qui ont également décidé de réhabiliter le chapeau melon au féminin, bleu pervenche, bien évidemment.
(AP)





















