Vingt-huit plantes invasives bannies

MICHEL DE MUELENAERE

mardi 20 septembre 2011, 12:38

Vingt-huit plantes invasives bannies

En Belgique, sur des milliers de plantes, 57 sont officiellement « invasives ». Certaines sont bien connues du grand public. Derrière leur nom charmeur, ce sont les plus nocives : berce du Caucase, balsamine de l'Himalaya, renouée du Japon, cerisier tardif… Ce que l'on sait moins, c'est que certaines de ces plantes sont toujours en vente dans des jardineries. Et que celles-ci proposent aussi dans leur catalogue une cinquantaine d'espèces invasives. Des exemples ? Le robinier faux acacia, le buddleja (arbre à papillon), le cotonéaster, le rosier rugueux, le mahonia aquifolium…

Après dix mois de discussions, les autorités et le secteur des jardineries viennent d'éditer un code de conduite destiné à limiter l'expansion des plantes invasives. « L'information que nous voulons faire passer est celle-ci : il faut éviter de planter certaines espèces, indique Mathieu Halford, coordinateur du projet AlterIAS (alternative aux plantes invasives). C'est là que se trouve le vecteur principal de leur expansion. » Or, les plantes invasives, introduites par l'homme en dehors de son aire de distribution naturelle actuelle ou passée, causent des préjudices écologiques parfois graves : « En formant des peuplements denses et continus, elles empêchent les espèces indigènes de se développer. » Ces plantes perturbent les écosystèmes, modifient certaines propriétés du sol et de l'eau et perturbent la croissance d'autres plantes. En un mot : les invasives sont une menace pour la biodiversité, parfois pour la santé humaine. Les coûts pour en contrôler le développement sont « astronomiques ».

Le code, sponsorisé par les administrations fédérale et régionales de l'environnement, ainsi que la Commission européenne veut donner « un message positif et ne pas blâmer le secteur ». Les jardineries et pépiniéristes qui y adhéreront s'engagent à bannir 28 plantes considérées comme invasives. Il y a là des espèces « les plus dommageables pour la biodiversité », et d'autres qui ne pèsent pas lourd dans le chiffre d'affaires des jardineries.

Alternatives et bonnes pratiques

Pour les autres, les professionnels s'engagent à informer le public. Cela consistera à signaler le caractère invasif des plantes, à donner des conseils de bonnes pratiques et à proposer des alternatives. Pas plus ? L'argument économique ne fut pas négligeable. Mais pas seulement : « Il était inutile de bannir le rosier rugueux de toutes les jardineries. Il pose des problèmes aux dunes littorales, pas en Wallonie, poursuit Halford. L'arbre à papillons est surtout invasif sur les bords de chemins de fer et les terrains vagues talus qui ne sont pas des milieux de grande intensité biologique. » Ses ventes, comme celles du rhododendron ponticum « invasif surtout en Campine », représentent une part non négligeable du chiffre d'affaires de l'horticulture.

Les bonnes pratiques ? « Ne pas abandonner ses déchets verts dans la nature ou dans un cours d'eau. Mais aussi éviter certaines plantes à proximité de certains milieux fragiles. » N'est-il pas trop tard dans certains cas ? « Il est clair que certaines plantes, comme la berce ou la renouée, sont massivement répandues. Espérer les éliminer entièrement, c'est illusoire. Mais il faut préserver les zones encore intactes. »

www.alterias.be.

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir

Galerie air du temps

Défilé Alberta Ferretti