Le swishing, le shopping anti-crise
ANNE-SOPHIE LEURQUIN
lundi 28 novembre 2011, 13:38
Samedi, une vingtaine de Belges ont mis le cap sur Londres pour un « swishing » avec des Britanniques. Un troc de fringues à la fois économique et écologique. Récit.
A l'heure du sommet de Durban et tandis que le blizzard de la crise souffle à nos portes, il n'est pas inopportun de repenser nos façons de consommer. Et décider de faire rimer la note AA dégradée de la Belgique avec astuce anti-crise. Car oui il y a moyen d'être vert et dans le vent, le tout sans dépenser le moindre centime.
Les alternatives à la surconsommation sont nombreuses Le « swishing », soit la contraction des mots « switch » (échange, en anglais) et « shopping », en est une.
Ce système de troc de fringues, bon pour la planète et le budget, vient de Londres où il a été mis au point par Lucy Shea qui ne s'habille plus qu'en troquant ses fringues contre d'autres. Mode peut donc rimer avec écoresponsable et durable. Mais il faut des adeptes. Le défi de Lucy Shea ne fonctionne que si un grand nombre de personnes rejoignent le mouvement, reconnaît-elle : « Je ne peux atteindre mon objectif de ne rien acheter et de swisher pendant un an uniquement si plus de femmes assistent aux soirées swishing. Cela peut sembler fou d'aller à l'encontre de la pression de l'industrie de mode d'acheter toujours plus, mais nous verrons où cela aboutira. »
Le premier swishing entre Londres et Bruxelles
Samedi, Eurostar organisait le premier « swishing » entre Londres et Bruxelles. Une double initiative écologique : empreinte carbone zéro aussi bien pour le transport que pour le renouvellement à l'oeil de sa penderie.
Un groupe de 24 femmes belges qui avaient décroché leur ticket via un concours s'est donc rendu à Londres où elles ont swishé avec leurs consurs britanniques. La journée était organisée conjointement avec l'ASBL belge Swishing.be, qui existe depuis deux ans sous l'impulsion de Karolien De Craecker. Dans le train, après le « breakfast », des maquilleuses ont refait une beauté aux participantes. Et sur le lieu du swishing Tiany Kiriloff, l'icône BV de la mode et du lifestyle, dispensait ses conseils aux participantes.
Eurostar avait ensuite organisé une visite guidée d'East London, autour de Brick Lane, repaire des boutiques indépendantes et de seconde main. Ici aussi, tout est « cheap » et « sustainable » en plus d'être « fashion ». C'est qu'Eurostar entend bien se positionner sur le terrain de l'écologie : un voyage entre Bruxelles et Londres émet un dixième du CO2 produit par un trajet comparable en avion sur le même itinéraire, rappelle fièrement la compagnie.
Un système basé sur la confiance
Consigne avait été donnée aux « swisheuses » d'apporter trois à cinq pièces, des vêtements en bon état, dessinés par des stylistes de renom ou vintage. Sur place, la réalité était un peu autre : sur les tringles annotées « designers », il y avait aussi des marques de grandes enseignes aux multiples succursales. Et personne ne contrôlait réellement ni ce qui était apporté ni si les troqueuses prenaient le nombre de pièces correspondant à ce qu'elles avaient amené. Mais pour autant, Belges et Anglaises ont trouvé leur bonheur : veste, robe, chaussures, accessoires, il y avait de quoi ravir chacune.
Swishing.be cherche à s'étendre au sud du pays
En Belgique, où le swishing existe à Gand, Anvers et Bruxelles, le système est un peu différent, nous explique Camille Deconinck, une des bénévoles qui assure le bon fonctionnement des séances. Les vêtements que les troqueuses cherchent à échanger sont évalués en fonction de leur qualité. Chaque femme apporte entre une et dix pièces qui sont annotées grâce à un système de badges, qui varie de un à trois. Selon le nombre de pièces et de macarons reçus, les adeptes du swishing reçoivent un certain nombre de jetons grâce auxquels elles peuvent trouver de quoi renouveler leur garde-robe sans dépenser le moindre sou.
On est donc loin du fouillis des étals d'une brocante ou d'une bourse de vêtements un peu bordélique où il y a à boire et à manger Les lieux aussi sont choisis avec soin. Et sur place, des visagistes et des stylistes dispensent des conseils.
L'ASBL Swishing.be, surtout présente du côté néerlandophone, cherche des relais en Wallonie. Intéressé(e) ? Il suffit de contacter l'association via sa page Facebook.
Pourquoi se le refuser : plus il y a de troqueuses, plus c'est intéressant. Et en plus d'être écolo, c'est bon pour le portefeuille !
Vos réactions
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Le swishing, le shopping anti-crise... ? Hum! Non seulement pikpik a raison concernant l'empreinte grise d'un tel déplacement (il y a des boutiques "Terre" un peu partout en Belgique) mais en plus, il faut pouvoir se payer le voyage jusqu'à Londres... Le "swishing" est sans doute le mot couramment usité chez les "Bobos" pour traduire "troc"...
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"empreinte carbone zéro pour le transport" Ha bon? Ca n'emet pas de CO2 de voyager en train? et elle vient d'ou l'electricité? et puis, quand arretera t on de calculer une pollution qu'en CO2... il y a mille autres éléments intervenant dans le terme "pollution": des gaz, des particules, des dechets nucléaires, plus les déchets physiques annexes...Bref, cette Mme Leurkin me semble une belle bobo lobotomisée
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Je n'avais pas lu le message de pikpik avant de poster, mais manifestement, on est sur la même longueur d'ondes ^^
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"un voyage entre Bruxelles et Londres émet un dixième du CO2 produit par un trajet comparable en avion sur le même itinéraire, rappelle fièrement la compagnie. " On reste bien de l'empreinte carbone zéro. Je comprends bien l'intérêt de troquer avec sa voisine de palier, mais ici, il faudrait essayer de ne pas trop prendre les lecteurs pour des andouilles, Anne-So.
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"ecolo durable"....combien de co...ries en ton nom..... pas de papier reciclé, mais" forets gerées durablement"....maintenant le troc...pardon, swishing... londonien avec stylistes etc.... "ecolo vert bio durable" le nouveau marketing de success....