Street styles en marge des défilés haute couture
JULIE HUON
vendredi 27 janvier 2012, 15:06
La Haute Couture printemps/été a défilé à Paris. Résumé des tendances à venir qui, surprise, sont déjà dans la rue.
©Julie Huon
De temps à autre, il faut s’éloigner du Grand Palais, de la place Vendôme ou des Tuileries où ont lieu les défilés de mode les plus prestigieux. De temps à autre, il faut aller chercher la haute couture ailleurs. Dans les rues de Paris.
Quand on demande où trouver les gens les mieux habillés, les Parisiens vous envoient dans le quartier Montorgueil, dans le Sentier. Le Sentier de La vérité si je mens a ceci en commun avec la haute couture que les habits qu’on y vend ne sont pas pour tout le monde. Aux Tissus Français ou chez ABC Couture, à la lueur de néons tuberculeux (pâles et qui crachotent), des messieurs en tablier et moustache sont penchés bien après le coucher du soleil sur des machines à coudre grosses comme des tondeuses à gazon. A travers la vitrine (« Pas de vente au détail »), on voit les étagères bouffies de rouleaux de tissu, de boutons, de fil, de rubans, de galons…
Ici donc, on vend en gros. N’essayez pas d’acheter une robe. C’est cent pièces ou rien. Chez Karl Lagerfeld non plus, n’essayez pas d’acheter une robe. C’est 10.000 euros ou rien. Pour s’amuser, rien d’autre, on a comparé la rue aux podiums. Et elle n’a pas tant que ça à leur envier.
Voyez la jolie Lola, 18 ans, chopée rue Saint-Martin. Si elle avait 10.000 euros, oh oui, elle s’achèterait « du Givenchy, du Chanel, du Balmain ». Laurie, 19 ans, qui rentre chez elle, rue Beauregard, dit : « Non, non. Avec 10.000 euros, j’emménage à Londres sur-le-champ ! Mais si j’étais obligée d’acheter de la mode, alors j’achèterais un sac Chloé que j’agrémenterais d’un super manteau Maje. Et d’un petit perfecto The Kooples… »
Plus rien à leur apprendre. Allez si, quand même un peu. On a cherché mais on n’a pas trouvé dans les rues de Paris les plumes vues sur tous les défilés, l’argenté, les robes longues, le transparent, les crêtes de punk… Peut-être qu’à Bruxelles ?






















