La place Flagey enneigée, une page blanche pour créer

A.-S.L.

lundi 06 février 2012, 14:58

Retour sur les tags grandeur nature sur la place Flagey enneigée réalisés à l'aide de brosses et de balais. L'un des membres du collectif B.A. explique l'origine et le fonctionnement du projet.

C'est en passant un jour près de cette place Flagey toute blanche qu'on a vu le potentiel qu'avait une telle grande étendue recouverte de neige pour y dessiner », raconte Jérôme, l'un des artistes du collectif qui signe BA.

BA, comme bonne action ? « Comme bande d'artistes mais aussi bande d'amis, ça recouvre beaucoup de choses, ce n'est pas bien défini, c'est B.A., nous précise-t-il. On est des amis de longue date, un petit groupe de cinq, six, tous bruxellois. D'autres amis viennent nous aider, on est parfois dix, quinze en tout, ça dépend. ».

Un groupe d'amis venus d'horizons différents, organisé comme une ruche pour la réalisation de ces graffitis géants et éphémères : « On se répartit les tâches. Il y a dans le groupe des graphistes, des architectes, mais on n'est pas tous issus d'une école d'art. L'un de nous est responsable du lettrage, un autre s'occupe d'avoir le plan en tête pour respecter les proportions et le tracé. Et les autres balaient. Il faut être beaucoup pour bien balayer. En tout ça nous met entre deux et trois heures », poursuit Jérôme.

L'idée est donc de travailler en groupe. Le groupe, comme la page Facebook qu'ils ont créée, s'appelle Fla gel. Il n'y a pas chez eux de volonté de se mettre en avant, juste de s'amuser, de créer, de rencontrer des gens. Ce pourquoi ils préfèrent rester anonymes.

Ce week-end, leur page Facebook a enregistré des records de fréquentation et a triplé son nombre de fans grâce à l'effet viral du réseau social. L'aventure artistique pourtant ne date pas d'hier : « On a commencé en 2009, on en a réalisé deux autres en 2010, deux en 2011 et un cette année ».

La condition sine qua non pour que ces oeuvres éphémères se fassent, c'est qu'il neige bien entendu. « Quand il neige, on se réunit, on décide de ce qu'on va faire, on prépare un petit croquis, on empoigne balais, brosses, pelles et on s'y met. Ce qu'il y a de très gai, c'est qu'on rencontre des gens, des promeneurs ou des habitants de la place Flagey. Certains nous ouvrent volontiers leur porte pour qu'on puisse photographier le dessin du haut d'un des immeubles qui bordent la place. » De là haut,, ils réalisent aussi parfois des vidéos en stop-motion qu'ils postent ensuite sur leur page Facebook.

A chaque fois, la place Flagey est rebaptisée (« place flageolet, fléchée, fâchée, flashée... ») avec un jeu de mots. Cet humour et ce talent graphique, mais aussi la simplicité de l'idée séduisent beaucoup de monde.

Ont-il pensé à dessiner avec autre chose ? « Oui, mais il faut trouver quelque chose d'aussi bien, qui ne dégrade rien, on y réfléchit... C'est génial, la neige : c'est gratuit, éphémère et naturel. » La place Flagey enneigée devient pour eux comme une gigantesque feuille blanche. « Si besoin, on peut même gommer d'éventuelles ratures en rajoutant de la neige, sourit Jérôme. Parfois il nous est arrivé de devoir effacer les traces du marché pour pouvoir commencer à dessiner. » L'angoisse de la feuille blanche, ils ne connaissent pas. C'est le point de départ de leur art.

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir

Galerie air du temps

Lingerie: Zahia sous l'objectif de Karl Lagerfeld