Milan : une femme très masculine

Rédaction en ligne

jeudi 23 février 2012, 22:20

Fashion Week En ce deuxième jour de défilés, les silhouettes se font plus sévères. Sauvages, androgynes, ou sportives, les collections accentuent le côté masculin.

Milan : une femme très masculine

© AP

Sauvage chez Fendi, militaire chez Max Mara, cavalière chez Ermanno Scervino… La femme esquissée par les couturiers milanais en ce deuxième jour des défilés de prêt-à-porter pour l’hiver prochain dévoile toute la force de son caractère.

Chez Fendi, Karl Lagerfeld signe une collection époustouflante, que ce soit dans les coupes magistrales ou le vertigineux travail des matières, mêlant avec brio fourrures luxueuses, laine feutrée ou bouillie, cachemire doublé de peau, jersey vitrifié ou encore galuchat, cette peau de raie ou de requin dont le motif granuleux est repris sur les accessoires et dans les imprimés.

Sorties du fin fond d’une forêt, les mannequins aux multi-nattes éclairent en une fraction de seconde le podium de leur énergie. Huchées sur des bottines Belle Epoque à boutons ou lacets croisés, elles affichent un imposant ceinturon médiéval, une lourde étole de fourrure couvrant leurs épaules.

Leurs collants « reptiles » faussement troués ajoutent à ce look sauvage, renforcé encore par des maxi-manteaux en longs poils de chèvres colorés, décorés par les dessins archaïques d’une mosaïque en vison.

Leurs robes, en crocodile ou agneau nappa, coupées au laser, sont zippées en leur centre comme fendues verticalement par un coup de couteau. Des strates de peaux aux bords francs, superposées, font office de jupes. Une robe en peau d’antilope leur donne une allure de squaw.

Toute autre ambiance chez Prada : les sourcils charbonneux, le visage pâle entouré d’une blonde chevelure virant soudain à l’ébène, oscillant sur de hauts talons dans des manteaux chasuble noirs, les modèles ont un côté spectral.

Mais la marche funèbre se transforme vite en parade, une cascade de pierres précieuses, cristaux, perles baguette et autre cabochons géants venant illuminer ces tenues aux coupes ultra simples.

Des strass ourlent les pantalons courts évasés à la cheville. Paillettes étincelantes et incrustations métalliques anoblissent les cols et les poitrines des manteaux-tuniques sans manches, tandis que de gros losanges cristallins bordent les longs pans des jupes-portefeuille.

La collection se décline sur le même mode dans des imprimés géométriques très « Prada » un brin psychédéliques aux teintes vives et joyeuses : orange vif, jaune, vert, rose et mauve.

Max Mara opte pour un look radicalement androgyne, s’inspirant de l’univers militaire avec des combinaisons d’aviateur ou des combishorts en loden kaki et de longues capotes dans des laines pesantes, le manteau dans des matières précieuses (laine camel ou crêpe, mohair, cachemire) demeurant la pièce forte de la marque.

La maison puise largement aussi dans l’atmosphère brumeuse et virile des ports pour concocter un look de marin troublant avec casquette, pantalons retroussés aux mollets retenus par une paire de bretelles sur un tricot à rayures avec un somptueux caban.

Pour accentuer ce côté masculin, la ceinture en cuir à boucle est utilisée comme un leitmotiv dans les martingales des manteaux, au bord des manches ou pour refermer les guêtres, omniprésentes, qui peaufinent ce genre martial.

« Nous nous sommes inspirés du modernisme des années 1920 en le réactualisant à travers une garde-robe conçue pour une femme métropolitaine au caractère bien trempé », résume la directrice créative Laura Lusuardi.

Plus féminin, le look d’Ermanno Scervino pioche lui aussi dans l’univers militaire avec des robes et vestes en laines bouillies kaki, tout en explorant le monde de l’équitation. Les pantalons jodhpurs blancs, enfilés dans des bottes en cuir noir à talons aiguille, se portent avec des vestes redingote d’écuyère en velours, sans oublier la bombe sur la tête.

L’aristocratie anglaise semble au rendez-vous avec des ensembles en flanelle, tweed et tissu pied-de-coq et des robes sculptées tout en volume ou évasées façon tulipe, portées sous de jolis petits manteaux bien sages, les cheveux retenus en chignons par un noeud aux rubans de velours virevoltants.

Notre lady s’encanaille néanmoins avec des micro-shorts et d’interminables cuissardes.

(AFP)

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[3] Café du Commerce dit le 24/02/2012, 11:40

Je m'en fiche, je ne dois pas le porter, mais la mode montre ici toute l'étendue de son incompétence et de son ridicule. Déjà qu'on avait affaire à des gamines moches, trop grandes et trop maigres qui tirent la tronche et maintenant ils les déguisent en caricature de petits mecs. On ose appeler ça des créateurs. Quant à l'utilisation de la fourrure, elle est tout autant hors de notre temps. Je n'ai d'ailleurs jamais compris qu'une femme qui se croit très sophistiquée éprouve le besoin de s'habiller de peaux de bêtes comme son ancêtre des cavernes.

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[2] hasgaard dit le 24/02/2012, 08:53

En attendant un défilé homme très féminin. C'est de bon ton de nos jours. Délirant. Quant aux dames, à chaque défilé les mentons pendent davantage, les cernes s'assombrissent et les teints blèmissent. L'effet vampirisant Twilight, ou l'effet "pseudo-intellectuel con".

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[1] emconcor dit le 23/02/2012, 20:34

Des femmes, ça? Des tronches, oui. A vous donner envie de renoncer à l'hétérosexualité.

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