Avec Charline Lancel, le meuble devient abstrait

PAOLO LEONARDI

mardi 06 septembre 2011, 12:37

Une artiste namuroise crée des motifs abstraits, géométriques et colorés qu'elle veut imprimer sur des murs ou du mobilier. Trois techniques d'impression sont possibles : sur de l'aluminium, de la faïence ou du plexiglas. Touche « vintage » assurée.

Avec Charline Lancel, le meuble devient abstrait

Grâce aux motifs imaginés par Charline, ainsi qu’au travail de deux menuisiers Etienne Szep et Pierre Van Elsen, le mobilier peut afficher une touche vintage Photo : DR

On a du mal à la croire quand elle avoue avoir fait des études à l'école normale pour devenir institutrice primaire tant sa passion pour l'art imprègne chacun de ses propos. Aujourd'hui âgée de 35 ans, Charline Lancel n'a toutefois jamais enseigné. « Après mes études, je me suis directement dirigée vers un parcours artistique », dit-elle à ce sujet.

Artiste visuelle comme elle se définit elle-même, Charline Lancel a trouvé sa voie aujourd'hui dans l'art fonctionnel. Elle crée des compositions abstraites, géométriques, colorées et lumineuses au départ de photos de sujets réels retravaillées ensuite grâce à Photoshop. « J'ai découvert mon procédé de fabrication lors d'une nuit d'orage, il y avait beaucoup d'électricité dans l'air, se souvient-elle. Avec ma technique, je peux créer des compositions abstraites à l'infini et de tous les formats ».

Ne voulant pas s'arrêter en si bon chemin, Charline réfléchit alors au support sur lequel imprimer ses motifs. Elle pense dans un premier temps au papier peint, à des tee-shirts, voire du tapis-plain. Mais elle adore la déco et veut ajouter une fonction utilitaire à son travail. « Je voulais également m'inscrire dans une durabilité, insiste-t-elle. J'ai alors imaginé intégrer mes motifs dans la menuiserie, sur des tirants de porte, dans des placards ou sur des fresques murales. Les possibilités sont nombreuses… »

Trois techniques d'impression sont finalement sélectionnées. La première consiste en une impression chimique en profondeur dans la couche anodique de l'aluminium. La deuxième concerne la nouvelle génération d'impression sur faïence. « L'impression se fait ici par sublimation thermique, explique l'artiste. C'est une société de Waterloo qui s'en charge. » Quant à la troisième technique, elle s'appelle « diasec », soit une impression sur papier collé entre deux plaques de plexiglas. Le résultat est, dans chacun des cas, d'une grande beauté.

Elle a son prix : 2.000 euros du mètre carré pour une plaque en aluminium, en faïence ou en diasec. « Les matériaux utilisés sont chers, rétorque la Namuroise. Mais l'acheteur doit savoir qu'il acquiert une œuvre d'art, signée et numérotée. Et puis, la même œuvre achetée dans une galerie d'art coûterait beaucoup plus. »

Outre ce support qui peut atterrir sur un mur et faire office de cadre (elle a déjà vendu de nombreux tableaux et vient de signer un bon de commande pour un collectionneur d'art réputé sur la place belge et internationale), Charline Lancel rêve d'autres horizons. « Mes créations pourraient décorer des restaurants, des chambres d'hôtel, des pièces “classieuses”, voire à l'arrière de bars puisque le diasec peut être rétro-éclairé. Mais mon souhait le plus cher est de voir mes motifs intégrés à du mobilier. »

On précisera qu'ils peuvent aussi bien s'adapter à des décors sobres et épurés que plus anciens. Leur touche « vintage » les rend par ailleurs très « contemporains ».

Plus d'infos sur www.abstractcompositions.com (site en anglais).

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