Pas ou peu de viande : attention aux enfants et aux femmes enceintes

FREDERIC SOUMOIS

vendredi 27 mai 2011, 23:54

Est-ce qu'un régime végétarien (ni viande, ni poisson) ou végétalien (ni œufs ni lait ni fromage) est compatible avec la bonne santé humaine ? Par Frédéric Soumois

Pour le professeur André Van Gossum, gastro-entérologue à l'hôpital universitaire Erasme (ULB), le végétarisme permet d'assurer une alimentation équilibrée. « Le soja contient par exemple tous les acides aminés indispensables au fonctionnement de l'organisme. Les œufs et le lait apportent des éléments essentiels. Il faut être attentif à ne pas avoir de carence en fer. Certains légumes secs (lentilles…) en contiennent ». Mais le problème du fer est sa biodisponibilité : seule une partie du fer absorbé finit effectivement dans l'organisme. Ainsi la vitamine C stimule l'absorption du fer alors que le thé, le café et certaines fibres alimentaires gênent son absorption.

Les outils des anti

LE FILM

LoveMEATender

Comment la viande est-elle devenue banale dans nos assiettes ?, se demande ce documentaire de 62 minutes coproduit par AT Production et la RTBF. Réponse en images, consternantes. En substance : nos sociétés en ont fait un produit soumis à la règle du plus bas prix, entraînant de nombreuses conséquences, tant pour l'environnement que pour l'être humain.

www.lovemeatender.eu

LES LIVRES

Faut-il manger les animaux ?

L'enquête de Jonathan Safran Froer, façon livre noir de la chaîne de production de la viande. Une véritable bombe politique. L'auteur, connu pour ses romans Tout est illuminé et Extrêmement fort et incroyablement près, est, en bout d'investigation, devenu végétarien.

Editions de l'Olivier, 362 pages, 22 euros, janvier 2011.

Confessions d'une mangeuse de viande

L'autobiographie de carnivore repentie. La juriste franco-argentine Marcela Iacub s'y indigne : « Pourquoi cache-t-on ces tueries dans des abattoirs situés loin des grandes villes ? »

Fayard, 149 pages, 14 euros, mars 2011.

Quant au végétarisme, en excluant notamment le lait et les œufs, il rend assez compliqué de garantir une alimentation équilibrée. « Disons que si le régime est très varié, c'est possible, éventuellement avec l'un ou l'autre complément. Mais, avec un encadrement particulier, c'est possible. Par contre, il faut être très attentif avec les adolescents, les personnes âgées, les femmes durant la grossesse. Les besoins sont augmentés, parfois doublés pour un enfant en croissance qui demande 120 g de protéine au lieu de 70 g par jour. Cela demande donc un encadrement strict. Pour ceux qui voudraient seulement rééquilibrer leur apport en viande, le mieux est de descendre à une consommation deux à quatre fois par mois, cela permet un vrai changement sans prendre de risques ».

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