« On vaccinera contre le cancer du col à l’école »
Rédaction en ligne
samedi 18 juin 2011, 11:45
Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus sera gratuit dans les écoles francophone dès la prochaine rentrée scolaire. Les élèves auront le choix de recourir à ce vaccin ou non. Entretien avec Fadila Laanan
fadila Laanan a fait de cette vaccination une priorité de l’ajustement budgétaire ©Breny
Fadila Laanan est ministre de la Santé de la Communauté française.
Repères
En 2e année et peu importe l’âge de l’élève…
Une campagne d’information et de sensibilisation préalable aura lieu après la rentrée de septembre, à laquelle la médecine scolaire mais aussi les médecins de famille seront associés.
Toutes les élèves en 2e année pourront bénéficier du programme, qu’elles soient « à l’heure » dans leur cursus scolaire ou pas.
Pas de critère d’âge, donc : « Je ne veux mettre personne à l’écart », souligne la ministre. 26.000 élèves sont concernées.
Un formulaire d’accord devra être signé par les parents.
Les vaccins disponibles ne protègent que contre 70 % des souches de virus qui peuvent provoquer les lésions qui entraînent parfois le cancer. Le dépistage reste donc nécessaire.
Fr. So.
Vous annoncez aujourd’hui que toutes les élèves de 2e secondaire se verront offrir gratuitement de réaliser le vaccin contre le virus HPV dans le cadre de la médecine scolaire.
Aujourd’hui, ce vaccin était déjà largement accessible, puisqu’il n’en coûtait que 30 euros environ aux familles pour les trois injections sur les 300 euros pris en charge par la Sécu. Plus les trois consultations. Mais ce n’est pas suffisant pour lutter contre une maladie terrible, qui frappe 700 femmes par an et constitue la cause principale de décès par cancer chez les moins de 35 ans. Nous voulons donc aller plus loin vis-à-vis de la cohorte des jeunes filles de deuxième secondaire en mettant sur pied cette possibilité de se vacciner à l’école. A dire vrai, cette possibilité semblait inaccessible financièrement, mais la Communauté flamande, en créant une telle campagne de vaccination l’an dernier, a prouvé qu’il était possible de faire baisser le prix des vaccins dans le cadre d’un appel d’offres. Celui-ci, en cours, devrait être clôturé mi-juillet, afin de pouvoir effectuer la vaccination dès le dernier trimestre 2011.
Quel en sera le prix ?
Il n’est pas encore fixé, mais la charge financière pour la Communauté oscille entre 650.000 et un million pour 2011 et un peu moins du double pour 2012.
Ce sera « offert », mais pas obligatoire ?
Eu égard à la spécificité du vaccin, qui concerne un virus sexuellement transmissible et qui doit préférentiellement, pour être plus efficace, être administré avant les premiers rapports sexuels, il est normal que s’instaure un échange, dans la famille, sur la question. C’est pour cela que nous avons choisi la 2e année du secondaire, au moment où l’éducation affective et sexuelle est abordée et où la maturité de la jeune fille nous paraît adaptée à évoquer de telles questions. Les parents, ainsi que les acteurs de santé (centres PMS, médecine scolaire, généralistes, pédiatres), seront aussi informés du contenu et de l’enjeu de cette campagne. Ensuite, les parents décideront en conscience. Il n’est pas question d’imposer quoi que ce soit. Mais, face à l’enjeu, nous espérons atteindre une couverture de 60 % des jeunes filles.
Pourquoi cette prudence ?
Parce qu’il y a un débat sur ce vaccin, que certains veulent identifier comme un « permis pour l’amour ». Ce n’est pas cela, ne fût-ce que parce que le vaccin ne dispense pas de se protéger des maladies sexuellement transmissibles et ensuite de recourir au dépistage, puisque le vaccin ne couvre que 70 % des souches de virus.
Propos recueillis par Frédéric Soumois




