Des prothèses PIP implantées dans des hôpitaux belges
RICARDO GUTIERREZ
vendredi 13 janvier 2012, 06:59
Des prothèses mammaires PIP au gel frelaté, sujettes à ruptures et à fuites, ont été implantées dans certains hôpitaux du pays, contrairement à ce qu'affirmait mardi l'Agence fédérale des médicaments.
AFP
L'Agence fédérale des médicaments était formelle, mardi : « Aucun hôpital n'a implanté des prothèses mammaires PIP à ses patientes » Le témoignage que livre au Soir une lectrice concernée dément cette affirmation.
Une plainte contre X de lInami ?
Interrogée au Sénat, jeudi, par les sénatrices Fatiha Saïdi (PS), Vanessa Matz (CDH), Dominique Tilmans (MR) et Elke Sleurs (N-VA), la ministre fédérale de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), a souligné que ses services réfléchissaient avec l'Institut national d'assurance-maladie)à l'opportunité d'une plainte contre X. Objectif : récupérer les frais Inami engagés pour l'enlèvement des prothèses (b).
Victime d'un cancer du sein, elle s'est fait implanter deux prothèses de la firme controversée, en décembre 2008, dans un hôpital de la banlieue liégeoise.
Des prothèses mammaires PIP au gel frelaté, sujettes à ruptures et à fuites, ont bel et bien été implantées dans certains hôpitaux du pays, contrairement à ce qu'affirmait, mardi, l'Agence fédérale des médicaments.
Une patiente qui a souffert d'un cancer du sein témoigne. Son expérience confirme les déclarations au Soir du Dr Jean-Luc Nizet, chef du service de chirurgie plastique au CHU de Liège, convaincu que certains hôpitaux ont posé des prothèses PIP, en Belgique.
« J'ai été opérée en 2007 d'un cancer du sein, nous raconte cette patiente. En décembre 2008, ma chirurgienne, qui est membre de la Société royale belge de chirurgie plastique, reconstrutrice et esthétique, m'a posé des implants PIP, à l'hôpital. Elle a procédé à des retouches, en 2010. Et elle vient de m'informer qu'il faut retirer ces prothèses, interdites depuis avril 2010 D'autres femmes sont concernées. Je ne peux comprendre la belle assurance de l'Agence des médicaments qui, en assurant qu'aucune prothèse PIP n'a été posée à l'hôpital, dissuade peut-être d'autres victimes d'opérer les contrôles qui s'imposent ! »
Notre interlocutrice pointe d'autres lacunes, dans le plan d'action annoncé, mardi soir, par les autorités sanitaires :
« Le retrait des prothèses non conformes est bien pris en charge par la Sécurité sociale, de même que la réimplantation de prothèses conformes, si on a, comme moi, subi une intervention pour raisons médicales. Mais rien n'est prévu pour les patientes qui ne veulent plus entendre parler de prothèses mammaires C'est mon cas. Mais je suis convaincue que je ne suis pas la seule. Ma chirurgienne me propose une lipo-structure, intervention qui consiste à prélever des tissus graisseux de la hanche ou des cuisses et à les réimplanter dans les seins Le problème, c'est que cette solution ne fait l'objet d'aucun remboursement ».
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
S'il s'avère que l'Agence a bien menti, peut-on s'attendre à quelques démissions ou mises à l'écart? Bien sûr que je plaisante!
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
Nous savions que l'Agence des médicaments était composée d'une bande de menteurs à la solde de l'industrie pharmaceutique : les voilà pris en outre en flagrant délit de mensonge !
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 7 2 NON | |
|
|||





le mensonge flagrant semble devenir une habitude -voir les vaccins anti-fausse épidémie H1N1- et les illogismes des décisions semblent aussi favoriser toujours les bourses du même côté, genre, "Qui va payer?" Mais la firme qui a fait la faute tiens, comme dans toute morale de base! Il me semble plus que défendable de faire payer les frais de réopération, de fourniture alternative et des dédommagements solides, plus une pénalité. De sorte à ne pas nous faire payer via la sécurité sociale en laissant les bénéfices à la firme!